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jeudi 10 avril 2025

Aux origines du roman de Jules Verne « 20 000 lieues sous les mers »

On sait aujourd’hui de manière certaine quelles ont été les sources d’inspiration de Jules Verne pour l’écriture de son roman « 20 000 lieues sous les mers » qui sera publié en 1869.

Dans son ouvrage « L'Exposition universelle de 1867 L'apogée du Second Empire » paru en 2023, l’archiviste et historien Edouard Vasseur nous apprend que Jules Verne est venu visiter l’Exposition universelle de1867 qui se déroula sur le champs de mars.
Or, cette exposition est l’occasion pour de nombreuses sociétés ou inventeurs de présenter leurs dernières inventions.

Benoît Rouquayrol, ingénieur et directeur de la Compagnie des houillères et fonderies de l'Aveyron y présente, avec l'aide du lieutenant de vaisseau Auguste Denayrouze, le premier scaphandre autonome de l'histoire. Ce scaphandre obtiendra d’ailleurs la grande médaille d'or de l'Exposition universelle en 1867. Jules Verne en équipera les membres de l’équipage du Nautilus lors de leurs sorties sous-marines.
Le Nautilus sera lui aussi inspiré d’une attraction présente lors de cette exposition universelle. Le ministre de la Marine et des Colonies y expose en effet un modèle réduit du Plongeur, premier sous-marin de la Marine française, dont l’original a été construit par le capitaine de vaisseau Siméon Bourgois et l’ingénieur Charles Brun dans l’arsenal de Rochefort entre 1860 et 1863.
Jules Verne se serait aussi inspiré de l'aquarium géant présenté à l'exposition universelle et contenant plus de 800 poissons pour décrire le hublot du Nautilus.
Une visite enrichissante pour l’imagination de Jules Verne dont le talent lui permit ensuite d’écrire l’histoire intégrant ces différents éléments.

 

vendredi 18 octobre 2024

Le savant fou dans la littérature du XIX° siècle

Le savant fou est l’archétype du scientifique, cliché de nombreuses œuvres littéraires. Portant le titre de docteur ou de professeur, il travaille généralement à la mise au point de technologies fictives et novatrices.
Il est obsédé par sa science au point d’en perdre la raison et d’utiliser des méthodes dangereuses et anticonformistes. Poussé par une ambition dévorante, il cherche à créer des inventions qui lui permettent de dépasser son statut de simple être humain : il cherche l'immortalité, il donne vie à l'inanimé, il crée des machines à remonter le temps...

Le savant fou possède un comportement antisocial, s'isole et travaille à l'écart du reste de la société. Il est incompatible avec les principes de la raison, inventant un domaine d'étude qui va à l'encontre des théories scientifiques connues et qui est impossible rationnellement.
Il travaille toujours dans un laboratoire. Ce dernier est généralement encombré de bobines de Tesla, de machines électrostatiques de Van der Graaf, d'« échelles de Jacob » (deux hautes électrodes où des étincelles montent), de machines à mouvement perpétuel et autres instruments scientifiques spectaculaires, ou encore d'éprouvettes et d'équipements de distillation où bouillonnent des liquides aux couleurs vives, desquels émanent des vapeurs inquiétantes. Il leur arrive souvent d'être accompagnés d'un assistant, parfois difforme et/ou demeuré.

Sans que cela soit systématique, la médecine est un domaine de prédilection de ces savants et on la retrouve dans les créations des docteurs Frankenstein, Moreau, ou Jekyll.

Au XIXe siècle, les sciences et les techniques progressent rapidement pour le meilleur et pour le pire. On est alors persuadé qu’elles régleront tous les problèmes de la société. Mais quelques esprits pensent qu’elles peuvent aussi causer la perte de l’humanité. Les scientifiques sont alors représentés comme vertueux ou maléfiques, sérieux ou fous.

La figure du savant fou progresse au même rythme que les sciences et technologies. Les romanciers signalent dans leurs œuvres les dangers de celles-ci et font du savant fou l’expression des angoisses liées à l'accélération du progrès scientifique.