vendredi 31 mai 2019

La vie en l'an 2000

Lors de l’exposition universelle de 1900 à Paris, le peintre français Jean-Marc Côté avait réalisé une série de toiles qui devaient y être exposées. Celles-ci représentaient sa vision d’artiste des années 2000 ! Ces toiles ont ensuite fait l’objet de reproduction sur cartes postales. Mais en raison de difficultés financières de l’artiste, ces cartes n’ont jamais été vendues.

Elles ont disparu sous la poussière des ans jusqu’à ce que le célèbre auteur d’anticipation Isaac Asimov en retrouve une partie et les rassemble dans un livre qu’il publie en 1986 sous le titre « Futuredays: A Nineteenth Century Vision of the Year 2000 » (Jours du futur : une vision dix-neuvième siècle de l'an 2000).
Je vous laisse savourer quelques-unes de ces représentations tantôt farfelues, tantôt visionnaires de la vie quotidienne au XXI° siècle.
Le dictaphone
Les pompiers volants

La couveuse

L'agriculture moderne

L'enseignement

La chasse aux microbes
La cuisine moléculaire

Le postier volant

La toilette de Madame

Une bataille aérienne

Le prêt-à-porter

Le ménage

La maison roulante ancêtre du camping-car

Le baleinobus !

jeudi 23 mai 2019

L’esprit Cabinet de Curiosités

Nous avons tous, étant enfants, eu cette collection d’objets qui avaient attiré notre attention : petits cailloux de couleur insolite, feuille d’arbre séchée dont la découpe nous intriguait, morceau de branche noueuse qui ressemblait à une baguette magique… Nous gardions ces objets au fond d’un tiroir ou d’une boîte que nous nommions « boîte aux trésors ». Et si je vous disais que déjà à cette époque, vous étiez en possession d’un cabinet de curiosités !

Cette curiosité insatiable qui vous incitait à collecter ces éléments est la même qui poussa, dès la Renaissance, des hommes et des femmes à rassembler dans un meuble, une pièce voire un hôtel particulier, des objets étranges et inédits. Leur objectif était de montrer leurs connaissances du monde, leurs voyages, de faire découvrir des contrées reculées à ceux qui n’avaient pas la chance de voyager. C’était l’ancêtre des musées.
Cependant, en grandissant, nombre d’entre nous ont perdu cette envie de collecter des objets qui avaient une certaine valeur à nos yeux, considérant cela comme une perte de temps et surtout d’espace.

Renouez avec cette pratique et osez créer chez vous un espace dédié à vos trouvailles, afin de faire partager à vos amis vos centres d’intérêt.
Cabinet de curiosité de Léonard de Vinci au Clos Lucé
Premièrement, déterminez le contenant. Ce peut être une boîte certes, mais vous pouvez laisser libre cours à votre créativité : prenez une petite valise de voyage, une mallette à dessin, une vitrine… Vous pouvez aussi détourner un objet du quotidien comme une huche à pain, un petit tonneau de bois ou une ancienne travailleuse de couturière par exemple. Si vous ne disposez pas de contenant adéquat, vous pourrez éventuellement dédier une étagère de votre armoire à cet usage ou bien encore utiliser les murs. Il faut que votre cabinet de curiosité donne envie d’être regardé. Plus il sera insolite, mieux ce sera.
Cabinet de curiosités des Batignolles - Wassila-Djellouli
Ensuite, il vous faudra le remplir. Et là, vous constaterez que cela ira souvent très vite. Si vous êtes curieux de nature, vous aurez vite fait de trouver une multitude d’artefacts qui attisent votre curiosité. L’important est la singularité de chacun d’entre eux.
Votre cabinet va devenir un reflet de votre personnalité. Il n’y a pas de limite : collection de papillons exotiques, d’insectes, d’animaux empaillés, de presses papiers en verre, etc. Les crânes, ossements ou fossiles sont aussi représentatifs de l’esprit du cabinet de curiosités. Si vous ne possédez rien de tout cela, exposez vos souvenirs de voyages (sculptures, coquillages, bijoux, etc.), votre cabinet y gagnera en authenticité. Il faut que chaque objet représente quelque chose pour vous.
Vous pouvez également écrire de belles étiquettes calligraphiées pour répertorier vos curiosités ou laisser vos amis tenter de deviner leur provenance. Quelques instruments scientifiques ou techniques d’un quotidien suranné comme un vieux globe terrestre sont autant de classiques des cabinets de curiosités.
Pour protéger vos éléments usez et abusez des vieux flacons, cadres et autres globes en verre. L’esprit du cabinet de curiosités se retrouve aussi dans l’excès !
Vous verrez, vous ne pourrez plus vous passer de votre mini cabinet de curiosités et il trônera bientôt fièrement dans votre salon.

Gildas Blueford

jeudi 16 mai 2019

Nikola Tesla

Bonjour,

Je me nomme Nikola Tesla. Je suis un inventeur et un ingénieur à qui l’on doit, entre autres, l’adoption du courant alternatif pour le transport de l’électricité, la transmission sans fil, les tubes fluorescents... Pourtant, peu d’entre vous me connaissent.

Je suis né en 1856 dans l’empire d’Autriche, d’une famille serbe orthodoxe. Mon père était un pasteur très strict tandis que ma mère était brillante et inventive. Dès mon plus jeune âge, je fais preuve de grandes capacités intellectuelles. Je bénéficie d’une mémoire photographique que je tiens de ma mère ainsi que d’un don de visualisation me permettant de me passer de schémas et maquette. A l’âge de 18 ans, je sais déjà parler six langues. Après de brillantes études primaires et secondaires, j’obtiens en 1875 une bourse pour entrer à l’école polytechnique de Graz en Autriche.

Je passe ensuite une année à Paris, puis j’émigre aux États-Unis en 1884 où je suis immédiatement embauché par Thomas Edison. Malheureusement, lorsque je lui décris mon projet sur le courant alternatif ainsi que mon moteur à courant polyphasé, il voit immédiatement en moi un concurrent et ne cessera de dénigrer mes recherches ! Pourtant, je suis certain d’être sur la bonne voie pour changer de manière radicale la vie des américains. C’est d’ailleurs mon projet de courant alternatif qui est retenu pour transformer en électricité l’énergie des chutes du Niagara et la transporter jusqu’à Buffalo !
En 1888, Georges Westinghouse, un homme visionnaire, rachète mes brevets relatifs au courant alternatif. Je serai ensuite le premier à démontrer comment l’énergie se transmet à travers l’air pour alimenter par exemple un tube néon à distance et à en faire la démonstration en public.

En 1898, alors que je suis sur le point de publier mon brevet sur la transmission de la radio sans fil, mon laboratoire brûle mystérieusement… On attribuera plus tard  l’invention de la radio à M. Marconi !
Laboratoire Tesla à Colorado Spring
En 1899, j’emménage à Colorado Spring pour poursuivre mes recherches. Mon but est d’arriver à produire suffisamment d’énergie pour que plus aucun humain de la Terre ne se retrouve dans le noir le soir venu. Mes travaux auront comme conséquence de faire griller quelques génératrices de la centrale électrique de Colorado Spring. Mais n’est-ce pas là le prix à payer pour faire avancer la science ?
Laboratoire Tesla à Colorado Spring
De retour à New-York, je rencontre le célèbre homme d’affaires JP Morgan qui voit en mon projet de diffusion mondiale de l’énergie l’occasion de s’enrichir encore plus. Je débute alors la construction d’une tour géante à Wardenclyffe qui me permettra de diffuser l’électricité sans fil partout dans le monde. De l’énergie gratuite pour tous !
Mais à ce moment, je me rends compte que ce projet, aussi philanthrope soit-il, peut aussi être  utilisé à des fins militaires… En captant l’énergie de l’ionosphère, je suis en mesure de la rediriger sur une ville et de la détruire. Je décide de profiter du retrait de mes financeurs - qui ne voient aucun débouché commercial à mon projet - pour y mettre fin. Je ne veux pas que mes travaux soient associés à la création d’une arme de destruction massive. Ma tour sera détruite par l’armée qui voyait en elle un outil d’espionnage…
La tour Tesla à Wardenclyffe
Dans les années 30, je me remets alors à travailler sur un rayon d’énergie dont une douzaine d’exemplaires implantés sur le territoire américain permettraient d’assurer la défense du territoire. Le New-York Times déclare que ce "rayon de la mort", en projetant des rayons de particules à travers l’espace, permettrait de tuer des millions de soldats. Une nouvelle fois, je me rends compte de l’immaturité des hommes et des gouvernements qui ne souhaitent utiliser mes inventions qu’à des fins de destruction. Je décide alors de morceler les plans de cette invention et d’en transmettre un morceau à chaque gouvernement (Russes, Américains, etc.), obligeant alors les nations à coopérer entre elles. Tant pis si certaines de mes découvertes doivent rester secrètes, les hommes ne sont pas encore prêts pour elles…
J’ai fait breveter près de 700 inventions mais on m’a toujours considéré comme un savant un peu fou, excentrique et solitaire. Peu de mes collègues comprennent mes travaux et ils me rejettent. Ils  ignorent tout de la physique quantique et de la relativité. Peut-être est-ce dû à mon avance sur mon temps ? De nombreuses questions que je me pose restent cependant sans réponse : quelle est la nature de l’énergie dans le cosmos, quelle est son origine ?

Je ne comprends plus ce monde. Incompris de mes pairs et du grand public, seul, ruiné et criblé de dettes, je vis désormais reclus dans une chambre de l'hôtel Le New Yorker, d'où je ne sors que pour nourrir les pigeons de la ville qui sont désormais ma seule compagnie. Je m'éteins le 7 janvier 1943.

jeudi 9 mai 2019

Les goggles

Les « Goggles » sont l’emblème du steampunk et vraisemblablement l’accessoire qui caractérise le mieux ce mouvement. Rares sont les vaporistes qui n’arborent pas une paire de goggles sur leur chapeau, autour du cou ou, et c’est quand même leur destination première, devant les yeux !

Portait-on réellement ce type de lunettes de protection à l’époque Victorienne ? Et pourquoi cet accessoire est devenu l’emblème du steampunk ?

La première hypothèse est qu’en ces temps de développement de l’industrie et des moyens de transport, il était souvent nécessaire de se protéger les yeux. Les ouvriers devaient se prémunir des jets de vapeur ou d’huile des machines, les conducteurs de train ou d’aéronefs du vent et des insectes et enfin les inventeurs, des divers produits chimiques dangereux qu’ils utilisaient. Le steampunk est une représentation fantasmée d’une époque où la science et la technologie jouent un rôle de plus en plus important. Les goggles sur un costume steampunk représentent donc cette référence à la technologie qui s’insinue dans la vie quotidienne.
Lunettes d'aviateur en 1918
Mais dans la vie de tous les jours, le dandy n’est que rarement confronté à des tels dangers. Portait-il des goggles ?

Lorsqu'on regarde les clichés photographiques de l’époque,  force est de constater que l’on ne trouve pas de goggles. Comme nous l’avons dit plus haut, les goggles sont des lunettes de protection donc réservées à des usages techniques particuliers (ouvriers, pilotes, etc.). L’homme du monde n’en a donc aucun besoin. Porte-t-il cependant des lunettes et, si oui, de quel type ?
Après avoir été ronds depuis leur création au Moyen Age, les verres de lunettes changent de forme au cours du XIX° siècle. Ils deviennent ovales de 1810 et 1830 puis rectangulaires dans les années 1840 avant de redevenir ovales à partir de 1860. Si l’on se réfère au catalogue 1897 de la Manufacture d’optique Latour, les lunettes ont des verres de forme ovale cerclés d’une fine monture métallique. Quelques rares montures sont aussi parfois taillées dans de l’écaille de tortue mais elles sont très fragiles et donc peu utilisées. Le dandy peut aussi porter des pince-nez ou un monocle.
Le développement du transport ferroviaire a aussi généré la production de lunettes de protection pour les passagers. Rappelons qu’à cette époque, les premiers wagons ne comportent pas de fenêtre et les voyageurs souhaitent se protéger de la cendre rejetée par la locomotive qui pénètre dans les wagons. Hommes et femmes portent alors des « cinder goggles ». Leurs verres sont entourés d’une coque de protection et sont le plus souvent retenus par une lanière en cuir ou un élastique afin de coller au visage et donc de mieux protéger les yeux.
Cinder Goggles
Les lunettes de soleil apparaissent elles aussi en ce milieu de XIX° siècle. Des verres colorés existent bien avant cette date, mais ils sont réservés à un usage thérapeutique.

A la fin du XIX° siècle, les verres colorés en bleu sont très répandus. Ils seraient, selon certains scientifiques de l’époque, bénéfiques pour la santé de l’homme et permettraient de lutter contre la mélancolie.

Gary Oldman dans Dracula de F. F. Coppola
Qu’en conclure pour votre costume steampunk ?

Si votre personnage est un ouvrier, un pilote d’engin ou bien encore un inventeur ou un savant fou, n’hésitez pas un seul instant : les traditionnelles goggles seront les plus appropriées.  Si vous choisissez de porter une redingote, un haut de forme ou tout autre attribut vestimentaire de la haute société, préférez alors une paire de lunette à verres ronds ou ovales et cerclés de métal.

jeudi 2 mai 2019

L'exposition universelle de 1900

Bonjour Mesdames et Messieur,

Bienvenue à l’Exposition Universelle de Paris 1900 !

A l’aube de ce vingtième siècle, je vous emmène dans la plus extraordinaire exposition universelle qu’il vous ait été donné de voir avec, en invité d’honneur de celle-ci, l’omniprésente fée électrique. Prenez votre ticket et suivez-moi !
Vous passerez d’abord l’imposante porte d’entrée principale métallique, de près de 45 m de haut ; surnommée Porte de La Parisienne, elle doit son nom à la statue située à son sommet. Vous trouverez alors en face de vous le Grand et le Petit Palais tous les deux consacrés aux Beaux-Arts.
La porte de la Parisienne
Je vous invite ensuite à traverser le nouveau pont Alexandre III pour rejoindre l’esplanade des Invalides. Les plus intrépides ou les plus curieux d’entre vous emprunteront le trottoir roulant. Situé à 7 m au-dessus du sol, il vous emmènera sans fatigue à la vitesse incroyable  de 8km/h à la découverte de la majeure partie des palais. Attention à vos jupons !
Le trottoir roulant
Vous rejoindrez ensuite le Palais de l’agriculture situé au pied de la grande roue de 70 m de haut. Non loin de là se trouve la reconstitution pittoresque d’un village Suisse avec sa montagne, ses cascades, ses chalets, etc.

Ne manquez surtout pas le Palais de l’électricité tout proche et surtout la Salle des Fêtes. Les frères Lumière y donnent gratuitement tous les jours des séances de leur fameux cinématographe sur un écran de près de 400 m² !
Le Palais de l'électricité
Mais ce spectacle n’est rien à côté du Maréorama ! Dans une salle évoquant le ponton d’un paquebot, animée par des vérins reproduisant le tangage et le roulis d’un bateau, d’immenses toiles peintes défilent devant vos yeux dans un mouvement combiné à celui du ponton. Une ventilation imprégnée de senteurs marine par son passage à travers une couche de varech accentue l’illusion. Des acteurs et des artifices d’éclairage parachèvent celle-ci. Je déconseille cette attraction aux personnes ayant le mal de mer ou aux personnes de santé fragile.

Si vous n’êtes pas encore fatigué, vous poursuivrez votre visite du Champ de Mars où vous pourrez trouver le palais de l’optique et la plus grande lunette astronomique jamais construite. Sa longueur de 125 m vous permet d’observer la lune comme si celle-ci se trouvait à 58 km de vous !
La grande lunette
Juste à côté, vous pourrez admirer le fameux globe terrestre et surtout le joyau de la précédente exposition universelle de 1889, j’ai nommé la Tour de M. Eiffel. Prenez le temps d’en faire l’ascension afin d’obtenir une magnifique vue de Paris.
Le globe terrestre à côté de la tour Eiffel
En traversant la Seine, vous rejoindrez le palais du Trocadéro, joyau de l’exposition universelle de 1878.  Je vous déconseille vivement les concerts donnés dans sa grande salle, l’acoustique y est déplorable. Au pied du Trocadéro, faites une balade dans le village colonial.
Le palais du Trocadéro
Vous aurez alors le choix de rentrer par les quais de Seine où sur la rive gauche ont pris place les pavillons étrangers, ou bien de revenir à l’entrée par le chemin de fer électrique dont la ligne suit fidèlement le trottoir roulant. Cela sera alors le terminus de votre visite.
N’oubliez pas le guide !