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vendredi 26 juin 2026

Le kaléidoscope

Tout le monde a, un jour, joué avec un kaléidoscope. Mais peu savent qu’il a été inventé au XIX° siècle par le mathématicien et physicien écossais Sir David Brewster à qui l’on doit de nombreuses contributions dans le domaine de l’optique.
Bien qu'inventé en 1816, il ne sera breveté que deux ans plus tard par Fréderick-Albert Winsor puis importé en France la même année par Alphonse Giroux. Il aura alors un certain succès à Paris.

Mais ce n’est que dans les années 1870, en pleine ère victorienne, que Charles Bush, un prussien résidant aux Etats-Unis relance la mode du kaléidoscope en améliorant le procédé et en commercialisant des kaléidoscopes de salon. Il remplace les morceaux de verre par une ampoule remplie de liquides colorés afin d’améliorer le rendu visuel.

Tout au long du XIX° siècle, le kaléidoscope sera considéré comme un jouet scientifique d’optique voire un accessoire de prestidigitation.

Le kaléidoscope crée des reflets d'une vue directe des objets à l'extrémité d'un tube, grâce à l'utilisation de miroirs inclinés. Au fur et à mesure que l'utilisateur fait tourner le tube, les miroirs créent de nouveaux motifs. Un miroir réglé à 60 degrés générera un motif de six secteurs réguliers.

Nous vous proposons d’en créer un à l’esthétique Steampunk. Pour cela il vous faut :
- Un tube de carton ;
- Deux embout transparents ;
- Des morceaux de verres colorés (nous avons préféré de mini rouages pour accentuer le côté Steampunk) ; 
- 3 miroirs ou cartons sur lequel sera collé un miroir adhésif que l’on trouve en magasin de bricolage ;
- Une feuille de papier au décor victorien.
En premier lieu nous peignons en doré les deux embouts. Celui auquel vous collerez votre œil sera percé en son centre d’un petit trou. Le second, qui recevra les rouages ne doit être peint que sur son pourtour. Afin de maintenir les rouages, un disque de plastique transparent du diamètre intérieur de l’embout sera inséré.
Les 3 miroirs ou carton supportant un miroir adhésif seront ensuite inséré dans le tube en carton. Puis le tube sera habillé par la feuille de papier au décor victorien. Il suffira enfin de placer les deux embouts à chacune des extrémités du tube pour obtenir celui ci-dessous.

jeudi 11 juin 2026

Le secret des arches disparues de la Tour Eiffel

Si l’on compare un daguerréotype de 1889, date de l’inauguration de la tour Eiffel lors de l’exposition universelle et un cliché d’aujourd’hui, on s’aperçoit que quelques différences apparaissent dont une particulièrement visible. Vous ne voyez pas ? Regardez mieux le premier étage.
Lorsque Gustave Eiffel crée sa tour, il orne le premier étage d’arches décoratives dans un style très XIX° siècle. Ces arches ne sont pas sans rappeler les bouches du métro dessinées par le grand maître de l'art nouveau, Hector Guimard.
 
La tour va conserver ses arches pendant près de cinquante ans jusqu’à l’Exposition internationale des arts et techniques appliquées à la vie moderne qui se déroule à Paris en 1937. Celle-ci se déroule sur le champ de mars et c’est à ce moment que le palais de Chaillot remplace l’ancien palais du Trocadéro et que la tour Eiffel prend un coup de jeune !
Cette modernisation passe par l’installation d’un nouvel éclairage et par la suppression des arcades du premier étage. Celle-ci ne participant pas à la stabilité de la tour mais étant purement décoratives, elles sont supprimées pour moderniser son aspect plus en phase avec les courants esthétiques minimalistes de l’entre deux guerres. La structure brute de la tour s’en trouve mise en valeur.

vendredi 17 avril 2026

Le naufrage le plus médiatique du monde 114 ans après !

Le 15 mars est la date anniversaire d’une des plus grandes catastrophes maritimes et surtout de celle ayant le plus marqué l’inconscient collectif : le naufrage du Titanic en 1912. 
 
Alors que l’histoire a connu des catastrophes similaires (comme le naufrage de l’Empress of Ireland deux ans plus tard dans l’estuaire du Saint Laurent qui fera plus de 1000 victimes), pourquoi le naufrage du Titanic est-il à ce point devenu célèbre et continue de faire l’objet de films, livres, documentaires et expositions ?
Est-ce déjà du fait de son nom de dieu grec évoquant sa taille imposante et symbolisant la puissance de l’Angleterre et la domination de l’homme sur la nature – ce qui n’empêchera pas ce navire d’être finalement vaincu par les éléments ?
 
Est-ce grâce à la communication faite par la compagnie avant son départ sur le gigantisme, le luxe, la rapidité et l’insubmersibilité du navire qui l’ont rendu célèbre avant même qu’il ne prenne la mer ?
 
Est-ce parce la catastrophe a eu lieu pendant le voyage inaugural et que le Titanic n’a donc effectué qu’un seul voyage ?
 
Est-ce par l’attention apportée quant à sa sécurité avec coque à double fond, compartiments étanches avec fermeture des portes électriques, espaces réservés aux machines avec pompes d’évacuation, installation radio Marconi, canots de sauvetage pour 1 178 personnes qui n’empêchera pas le drame ?
 
Est-ce par le luxe affiché de ce navire transportant à prix d’or de nombreuses célébrités et riches industriels de l’époque qui décèderont lors de ce naufrage ?
 
Est-ce par le fait que le Titanic restera à flot plusieurs heures avant de sombrer, permettant la narration par les survivants de moments de dramaturgie comme l’orchestre qui continua à jouer pendant le naufrage ou un riche passager qui se mit sur son trente et un pour mourir comme un gentleman, ce qui n’aurait pas été possible si le bateau avait coulé en quelques minutes comme le Lusitania ?
 
Est-ce par l’émergence des moyens de communication modernes comme la télégraphie et la téléphonie qui ont permis, avec une rapidité encore inconnue, la diffusion au monde des détails de cette catastrophe ?
 
Est-ce par le fait que cette tragédie aboutira à la mise en place de nouvelles mesures de sécurité et à améliorer la navigation ?
 
Ou bien est-ce pour toutes ces raisons cumulées dans un même drame que ce naufrage est resté à jamais gravé dans l’histoire de l’humanité ?

jeudi 9 avril 2026

Cet homme aurait dû inventer le cinéma !

À l’instar d’Alice Guy, première femme réalisatrice de cinéma, l’histoire a oublié le nom de Louis le Prince. Pourtant cet homme aurait pu figurer au panthéon des inventeurs du cinéma, mais l’histoire en a décidé autrement.
Louis le Prince nait à Metz en 1841. De formation scientifique, il se passionne pour les arts et ouvre en Angleterre avec son épouse une école d’art. Puis en 1881, il migre aux Etats-Unis où il se rend célèbre en peignant des panoramas.

Les panoramas, très en vogue en cette fin de XIX° siècle où l’on voyage encore peu, sont des fresques circulaires où le public situé au centre est enveloppé par le paysage. Mais Louis Le Prince déplore l’absence de vie et de mouvement de ces fresques pourtant spectaculaires. C’est donc tout naturellement qu’il en vient à se passionner pour la photographie et plus particulièrement la photographie animée.

Il invente une machine de prise de vues mobiles à 16 objectifs. Puis de retour en Angleterre en 1886, il invente et fait breveter en 1888 une nouvelle machine de prise de vues animées et réussit à créer un photogramme. Mais il rencontre des difficultés à le projeter.
Scène du jardin de Roundhay, film muet de 2 secondes !
Il travaille sur un appareil de projection à l’aide de plaques photos en verre puis découvre la pellicule celluloïd. Il procède à quelques démonstrations, mais rien qui ne satisfasse son caractère perfectionniste.

En 1890 alors qu’il est en France, il s’apprête à partir en Angleterre pour faire breveter son appareil de projection avant de le promouvoir aux Etats Unis. Pour mémoire, le Kinétoscope de Thomas Edison ne sera présenté au public qu’en 1891, et les frères Lumière ne feront breveter le cinématographe qu’en 1895, soit cinq ans plus tard.
Après avoir rendu visite à sa famille et amis à Bourges, il part pour Dijon voir son frère le 13 septembre 1890. Le 16 septembre il prend le train pour Paris. C’est au cours de ce voyage qu’il disparait. Ni son corps ni ses bagages ne seront retrouvés. Malgré les enquêtes menées à l’époque jusqu’à aujourd’hui, sa disparition reste un mystère.

Plusieurs hypothèses seront échafaudées (suicide, assassinat familial ou dans le cadre de la guerre des brevets) mais sans qu’aucune ne soit confirmée.

jeudi 26 mars 2026

Steampunk : entre Art Nouveau et Arts and Crafts

Le steampunk n’est pas que machine, rouage et vapeur. Il s’inscrit dans une époque où l’art foisonne. En cette fin de XIX° siècle aussi nommée « La Belle Epoque », deux courants dominent : l’Art Nouveau et l’Arts and Crafts.

Ces deux styles s’opposent philosophiquement, l’Art Nouveau se concentrant sur l’élimination des barrières entre les beaux-arts et le design, alors que l’Arts and Crafts est une réaction à l’industrialisation et à la production de masse. Il renvoie directement au mot « punk » et exprime le refus d’une industrialisation de masse lisse et invisible.

Mais ils sont assez proches en terme d'esthétique et se caractérisent par des lignes courbes directement inspirées de la nature. Ce sont des styles essentiellement décoratifs qui vont toucher tous les arts plastiques : peinture, sculpture, architecture, arts graphiques et arts décoratifs. Certaines bouches d’accès au métro parisien réalisées par l’architecte Hector Guimard en sont un exemple encore présent dans notre quotidien.
Entrée du métro parisien réalisée par Hector Guimard
Quels sont les emprunts du steampunk à ces deux courants ?

Le steampunk emprunte sa philosophie au mouvement Arts and Crafts pour lequel il est important de mettre en avant l’artisanat et les techniques anciennes. On pourrait le traduire par le DIY (Do It Yourself – Fais-le toi-même) du steampunk où le vaporiste va privilégier la création de ses costumes et de ses accessoires (quitte à (re)découvrir certaines techniques anciennes comme la couture, la broderie, le travail du cuir, du métal, etc.) par rapport à l’achat d’objets manufacturés et industriels.

Pour les artistes se réclamant du courant Arts and Crafts, le bonheur réside dans l'artisanat, un ouvrier ne pouvant s'épanouir et être fier de son ouvrage que s'il participe à chaque étape de sa réalisation et de sa fabrication.
Le steampunk va emprunter le foisonnement (much is beautiful – plus il y en a, mieux c’est) au style Art Nouveau : foisonnement de cadrans, de tuyaux, de manettes et autres artefacts pseudo technologiques. Il lui emprunte aussi le travail du métal et la féminité au travers des affiches directement inspirées des tableaux du peintre Alphonse Mucha.
Le mouvement « Art Déco » né en 1900, avec ses formes droites, géométriques, symétriques et épurées influencera aussi à la marge le style steampunk.

vendredi 27 février 2026

Edgar Quinet : visionnaire steampunk !

Connaissez-vous Edgar Quinet ?
 
Les Parisiens répondront qu’il s’agit d’une station de métro. Les provinciaux connaîtront une école ou une rue portant son nom. Mais savez-vous réellement qui a été cet homme ?
 
Edgar Quinet est un historien, poète, philosophe et homme politique français du XIXe siècle. Il est, entre autre, l’auteur d’une célèbre dictée qu’ont connue des générations d’écoliers et qui s’inscrit de manière admirable dans l’esprit steampunk.
Edgar Quinet
Visionnaire, il y explique que le progrès induit par la révolution industrielle n’aura pas que des effets bénéfiques et qu’il ne doit pas remplacer l’homme. Il met en garde contre l’utilisation de la machine et des nouvelles technologies à des fins malveillantes.
 
Extrait :
« Vous croyez, vous espérez que ces machines vous dispenseront d’avoir vous-même une valeur propre, qu’elles vous communiqueront celle qu’elles possèdent. Détrompez-vous ! Rien au monde ne peut vous dispenser d’avoir vous-même une âme, une dignité personnelle, le respect de vous-même, un caractère, une conscience, une parole. Tous les rails de fer, toutes les chaudières à haute pression ne peuvent vous acquitter de l’obligation d’avoir vous-même une trempe invisible, ce ressort interne, ce point moral qui résiste, s’il le faut, au poids de l’univers et constitue l’être humain, ni le fer, ni le bois, ni la tôle ne vous prêteront leurs vertus. Il faut absolument que vous ayez les vôtres, celles qui caractérisent la nature humaine. Aucune machine ne vous exemptera d’être homme. […] Plus ce progrès se développe, et avec eux les pouvoirs, plus les hommes devront être vigilants à ce que ces pouvoirs ne soient pas tournés contre eux par des personnes inciviques ou malveillantes ».
 
A l’heure où la machine est omniprésente dans la vie des humains, les assistant dans toutes leurs tâches du quotidiens (et même plus), à l’heure où les robots envahissent les usines et s’immiscent dans nos maisons, à l’heure ou l’intelligence artificielle envahit tout l’espace numérique relisez ce texte en remplaçant le mot « rail » par « Internet », « progrès » par « digital » et « machine » par « IA » et vous découvrirez l’exceptionnelle modernité de ce texte.

jeudi 22 janvier 2026

Les câbles transatlantiques

Connaissez-vous M. Cyrus Field ? Non ?

Pourtant, nous utilisons chaque jour l’œuvre de sa vie qui a révolutionné cette fin de XIX° siècle. Ce riche entrepreneur anglais a fait fortune dans l’industrie du papier grâce à la machine à vapeur. Mais c’est grâce un projet fou pour l’époque que nous lui devons nos moyens de communication modernes.
Portrait de M. Cyrus W. Field
Hormis le télégraphe Chappe, jusqu’à l’époque Victorienne, le courrier remis en main propre est la norme et l’échange d’information se fait toujours de manière physique.

En 1837 Samuel Morse invente le code de points et traits qui porte son nom. À l’origine, il ne permet de transmettre que des chiffres. Alfred Weil, son associé, y ajoute les lettres et la ponctuation. Les lettres les plus utilisées ont les dessins les plus simples. Ce procédé permet, dès 1844, de transmettre le premier message de Washington à Baltimore. Des réseaux de câbles vont alors se développer aux Etats-Unis puis en Europe. Ils vont être principalement utilisés pour le commerce et la politique, annonçant notre société hyper connectée. Mais ces câbles ne sont tirés que sur la terre ferme.
Appareil de transmission Morse
Paul Julius Reuter s’intéresse à ce moyen de transmission et crée une société de câbles sous-marin pour transmettre les cours de la bourse de Londres au continent, car c’est la rapidité de transmission qui donne de la valeur à une information.

Cyrus Fields a la même intuition. Il imagine lui aussi un câble sous-marin mais reliant l’Amérique à l’Europe. Les scientifiques pensent que l’on ne pourra pas propulser de l’électricité sur une telle distance, que l’on ne pourra pas dérouler une telle distance de câble et surtout qu’un câble en cuivre va diffuser l’électricité dans l’eau. Enfin, les fonds marins sont encore inconnus à cette époque.
Le tracé du câble entre Valentia et Terre Neuve
Hormis les gouvernements intéressés de pouvoir communiquer rapidement avec leurs colonies, peu de gens croient en ce projet fou. Pour le réaliser, en 1856, Cyrus Field s’entoure d’une équipe d’ingénieurs dont William Thomson (le futur Lord Kelvin, celui du zéro absolu qui donnera son nom à une échelle de température), Samuel Morse et John Brend, collectionneur d’art. Deux personnes viennent à la rescousse : Faraday, qui découvre que l’on peut isoler le câble en le recouvrant de gomme végétale (gutta perca), et Henry Bewley qui met à disposition sa machine à isolation thermo plastique en étirant le latex. Le câble est isolé. L’aventure peut commencer !

Le 4 aout 1857 la compagnie du télégraphe atlantique démarre son ambitieux projet. Deux navires, l’un anglais, le HMS Agamemnon et l’autre américain, l’USS Niagara, embarquent chacun la moitié du câble car il n’existe à l’époque pas de navire possédant la capacité de transporter la totalité du câble. L’Agamemnon déroulera la première moitié du câble, puis ce sera à l’USS Niagara de poser la seconde moitié. Mais le câble se rompt au bout de quelques mètres, obligeant à reporter le départ de 24h. Une deuxième tentative se solde à nouveau par un échec au bout de 480 km. Le câble n’est pas adapté.
Le câble transatlantique
Une nouvelle levée de fond est nécessaire pour retenter l’opération. Le 10 juin 1858, les deux navires partent de Plymouth. Mais la stratégie est cette fois-ci différente. Les deux navires se rendent au milieu de l’atlantique à équidistance des deux continents, relient les deux câbles ensemble puis s’éloignent l’un de l’autre pour regagner l’un l’Angleterre et l’autre les Etats-Unis. Mais l’Agamemnon qui porte plus de 1250 tonnes de câble manque de chavirer.

Après réparation, les deux navires recommencent leur mission. Mais à plusieurs reprises, le câble se rompt. Fields est au bord de la faillite. Il réussit cependant à financer trois nouvelles missions qui verront, elles aussi, le câble se rompre.
Déroulé du câble depuis le navire
Le 4 août 1858, l’USS Niagara arrive à Terre Neuve. Quelques heures plus tard, l’Agamemnon arrive à Valentia. L’ancien et le nouveau monde sont enfin réunis. Le 16 août 1858, la reine d’Angleterre envoie un message au président américain : 90 mots qui mettront 16 h pour être transmis. Mais le télégraphe est peu fiable et les opérateurs ont beaucoup de mal à comprendre les messages. Les informations sont ralenties par la distance et à l’autre bout, les lettres se chevauchent et les messages sont inaudibles.

On augmente alors la tension du câble électrique à 2000 volts mais le câble grille, irrémédiablement abîmé. Les investisseurs pensent qu’ils ont été arnaqués. Une commission anglaise auditionne les protagonistes afin de savoir pourquoi le projet n’a pas fonctionné. Elle conclut à l’amateurisme de l’expérience.
Des machines servaient à dérouler le câble télégraphique à bord du Niagara et de l’Agamemnon.
Fields se retourne alors vers Thomson qui préconise des câbles de meilleure qualité, plus souples et plus résistants, avec un cuivre beaucoup plus pur. Thomson invente alors le galvanomètre à miroir qui permet d’envoyer un signal sur une grande distance avec une faible intensité électrique. La guerre de Sécession qui fait rage aux États-Unis confirme la nécessité du télégraphe pour coordonner les armées.

Fields envisage une nouvelle expédition et effectue une troisième levée de fond, mais les investisseurs sont frileux. Il y parvient néanmoins. L’expédition utilisera le Great Eastern qui embarquera 10 000 tonnes de câble. Le navire est beaucoup plus fiable que ses prédécesseurs.
The Great Eastenr
Le 23 juillet 1865 débute la troisième expédition qui part de Valentia. Le câble se rompt une nouvelle fois mais cette fois-ci, Fields marque l’emplacement où le câble s’est rompu. Il est confiant car les messages transmis depuis le navire au travers du câble en cours de pose sont de bonne qualité. Fields arrive à nouveau à lever des fonds permettant, le 13 juillet 1866 une quatrième tentative qui se solde par une réussite en deux semaines de pose. Terre neuve est en fête.

Les messages sont alors de bien meilleure qualité. Mais Fields n’abandonne pas le câble de la troisième mission et il arrive à le repêcher à plus de 2600 m de fond à grand renfort de communication.
Terre Neuve et l’île de Valentia deviennent d’importants centres de transmission. Peu à peu, on déroule des câbles sous-marins sous les mers et océans du globe. 20 mots transmis coûtent 20 livres en 1866 soit le salaire annuel d’un ouvrier. Les informations transmises concernent donc les courtiers en bourses.

Le monde rétrécit et la vie s’accélère. Bientôt, on pourra transmettre les nouvelles du monde entier et envoyer des images. Jusqu’en 1900, les seuls messages transmis par télégraphe par le grand public sont les naissances et les décès. En 2026, 99% des communications passent encore par des câbles sous-marins !

vendredi 5 décembre 2025

Des cabinets de curiosités au Freak show

Aussi loin que nous puissions remonter dans le temps, l’Homme à toujours été fasciné par ce qu’il ne peut pas expliquer.

Cet attrait pour l’étrange et l’inconnu est très prégnant en cette fin de XIX° siècle. Cela se caractérise par une attirance pour les célèbres cabinets de curiosités rassemblant de nombreux artefact inconnus, réels ou parfois créés pour l’occasion.  L’attrait pour les maisons hantées et les créatures fantastiques réelles ou imaginaires est très marqué. Rappelons que le roman « Frankenstein ou le Prométhée moderne » est publié pour la première fois en 1818  et « Dracula » en 1897.

Le spiritisme prend lui aussi son essor à cette époque avec l’intérêt du monde scientifique pour les tables tournantes, les ouija ou l’écriture automatique. Le terme de spiritisme est d’ailleurs inventé en 1857 par Hyppolite Léon Denizard Rivail dans son ouvrage « Le livre des esprits ».
C’est dans cette atmosphère qu’à la fin du XIX° vont se développer les attractions foraines. Pour quelques sous, le public est invité à pénétrer sous une tente où lui est présenté un personnage avec une particularité physique hors norme : la femme à barbe, les sœurs siamoises, l’homme le plus fort du monde, le plus petit, etc. Ce peut aussi être des personnes qui font des choses inhabituelles comme avaler des sabres ou se contorsionner à l’extrême.

Mais il peut aussi lui être présenté des phénomènes anormaux dus à des erreurs de la nature et souvent des tours de magie comme la femme sans corps ou des canulars comme par exemple la célèbre sirène de P.T. Barnum.

Car s’il existe un homme qui a bien perçu cet attrait du public pour l’étrange, c’est bien P.T. Barnum aux Etats-Unis. Mais c’est surtout grâce à son talent de communicant qu’il va transformer les baraques de foire en un spectacle à part entière, en ouvrant en 1841 le « Barnum’s American Museum » qui deviendra le musée le plus fréquenté des Etats-Unis.

C’est l’arrivée du cinéma au début du XX° siècle qui, en tant que nouveau divertissement, annoncera le déclin de ces attractions foraines. En expliquant certains phénomènes, la science accélérera ce déclin tout comme la prise de conscience par le public de l’exploitation de ces personnes par les promoteurs de spectacle.

mardi 17 juin 2025

Anniversaire de l’arrivée de la statue de la liberté à New York

Pour célébrer le centenaire de la déclaration d’indépendance américaine signée le 4 juillet 1776, la France décide alors d’offrir un cadeau monumental aux Etats-Unis. Une souscription est lancée en France pour financer ce projet. La réalisation en sera confiée à Auguste Bartholdi qui se chargera du dessin d’une statue en métal de près de 46m de haut. Il prendra Eugène Viollet le Duc pour en assurer la conception. Mais ce dernier tombe malade avant la fin du chantier et confie finalement la réalisation de la structure porteuse interne à Gustave Eiffel.
La statue sera d’abord assemblée à Paris, quartier de la Plaine-Monceau, avant d’être démontée en près de 300 morceaux soigneusement numérotés et placés dans 210 caisses, puis convoyée par bateau jusqu’à New-York où elle sera remontée sur l’île « Bedloe's Island » qui deviendra beaucoup plus tard « Liberty Island ». Elle arrive dans le port de New-York le 17 juin 1885 devant une foule enthousiaste qui acclame Bartholdi. C’était il y a tout juste 140 ans !

Après quatre mois d'assemblage par une équipe de 12 ouvriers français sur un socle réalisé par les Américains, elle sera finalement inaugurée le 28 octobre 1886 par le président des Etats-Unis.

jeudi 5 juin 2025

The Greenwich time Lady

Ruth Belville, surnommée "The Greenwich time Lady", fut sans doute la dernière « vendeuse d’heure » connue.
Au milieu du XIX° siècle, connaître l’heure exacte est en effet important pour certains commerces comme les horlogers ou le transport ferroviaire. Mais les moyens de communication et de synchronisation du temps sont encore rudimentaires. Posséder une montre est aussi un luxe et les horloges publiques de Londres ne sont pas réputées pour leur fiabilité. C’est dans ce contexte qu’en 1836, John Henry Belville a l’idée de faire commerce de l’heure exacte !

Après son père John Henry Belville, puis sa mère Maria Elizabeth Belville, Ruth Belleville – The Greenwich Lady – reprend les prestations de ses parents en se rendant chaque semaine à l’observatoire de Greenwich car c’est le seul endroit de Londres où l’on peut avoir accès précisément au temps universel. Elle y fait régler la montre familiale, affectueusement dénommée « Arnold » du nom de l’horloger qui l’a fabriquée, par le régulateur de l’observatoire. Munie de sa précieuse montre, elle rend ensuite visite à pied à ses clients pour régler leur horloge ou leur montre. Les abonnés à ce service – horlogers, banques et autres riches propriétaires d’une montre ou d’une horloge - se comptent alors par centaines. Il faut dire qu’à l’époque, il est chic d’être abonné à une vendeuse d’heure.
Chronomètre de poche avec boîtier en or réalisé par John Arnold de Londres. 
La mise en service de l’horloge parlante en Grande Bretagne en 1936 donnera un premier coup d'arrêt aux activités de Ruth Belville. Le second coup de grâce interviendra en 1940 avec les premiers bombardement de Londres qui l’obligeront à arrêter son commerce, les déplacements à pied devenant trop dangereux. L’entreprise familiale aura exercé ses activités pendant plus d’un siècle ! Ruth Belville décèdera en 1943 à l’âge de 87 ans et fera don de sa montre à la distinguée confrérie des horlogers.

L’histoire de Ruth Belville, peut sembler anecdotique mais elle révèle les enjeux symboliques, économiques et sociaux propres à l’usage du temps à l’époque capitaliste. Le temps est un des symboles de l’industrialisation en marche.

jeudi 3 avril 2025

Anniversaire de la première présentation du cinématographe

Il y a quelques jours de cela, nous venons de fêter les 130 ans de la première projection collective d’un film photographique par Auguste et Louis Lumière devant les membres de la société d’encouragement pour l’industrie nationale. Celle-ci a en effet eu lieu le 22 mars 1895 à Paris. Il y sera projeté le film « la sortie des usines Lumière » tourné 3 jours avant à Lyon.
Si le grand public a retenu une autre date, celle du 28 décembre 1895, c’est qu’il s’agit là de la première séance publique et payante de cinématographe qui s’est déroulée dans le salon indien du Grand Café à Paris.
 
La précision de "film photographique" a son importance, car les premières projections payantes de films non photographiques sur grand écran datent d'octobre 1892 et on les doit à Émile Reynaud qui peint directement sur sa pellicule le premier dessin animé du cinéma.

jeudi 23 janvier 2025

Le projet fou de la tour soleil

Avez-vous déjà entendu parler de « La tour soleil » ? Il s’agit du projet fou des ingénieurs Sebillot et Bourdais qui était en lice contre le projet de Gustave Eiffel pour l’Exposition Universelle de 1889.
Ce projet de « tour soleil » a disparu des mémoires, pourtant il était encore plus fou que celui de Gustave Eiffel. L’idée était simple : construire au centre de Paris une tour de plus de trois cents mètres de haut surmontée d’un éclairage électrique à arc qui, la nuit, éclairerait la Seine, le Bois de Boulogne, Neuilly et Levallois Perret.

Des réflecteurs paraboliques montés sur le toit des maisons ou sur de grand pylônes devaient renvoyer la lumière dans les rues perpendiculaires à la source lumineuse et jusqu’à l’intérieur des foyers les plus modestes ne pouvant pas s’offrir un éclairage électrique. Il n’y aurait alors plus eu besoin de candélabres le long des rues pour les éclairer.
L’intérieur de la tour aurait accueilli un musée de l’électricité et un centre de traitement aérothérapeutique. La base de la tour aurait eu une hauteur supérieure à celle de Notre Dame de Paris !

Cette idée de tour soleil, Sebillot l’a eue aux États Unis où ce concept existe à l’époque. Un tel dispositif a été réalisé dans la ville de San José au Texas où le phare électrique mesure 237 pieds de haut et a été allumé le 13 décembre 1881.
Mais ce projet de tour en pierre de 300m de haut est d’un poids énorme et d’un coût financier démesuré. Des fondations gigantesques auraient aussi été nécessaires pour assurer la stabilité de l’édifice, grévant encore un peu plus son coût de construction. Sa stabilité n’était pas non plus totalement garantie.

Mais en plus des contraintes techniques, les deux ingénieurs vont se heurter à la crainte des parisiens qui voient dans la lumière de cette colonne qui va pénétrer jusque dans leur domicile une intrusion insupportable et un système de surveillance.

Car une tour soleil conjugue deux rêves, celui de transformer la nuit en jour - égalant les pouvoirs de l’astre solaire - et celui de surveillance totale où chaque être apparaît en pleine lumière exposé au regard de tous.

Finalement ce sera Gustave Eiffel qui sera choisi pour édifier sa désormais célèbre tour !

vendredi 18 octobre 2024

Le savant fou dans la littérature du XIX° siècle

Le savant fou est l’archétype du scientifique, cliché de nombreuses œuvres littéraires. Portant le titre de docteur ou de professeur, il travaille généralement à la mise au point de technologies fictives et novatrices.
Il est obsédé par sa science au point d’en perdre la raison et d’utiliser des méthodes dangereuses et anticonformistes. Poussé par une ambition dévorante, il cherche à créer des inventions qui lui permettent de dépasser son statut de simple être humain : il cherche l'immortalité, il donne vie à l'inanimé, il crée des machines à remonter le temps...

Le savant fou possède un comportement antisocial, s'isole et travaille à l'écart du reste de la société. Il est incompatible avec les principes de la raison, inventant un domaine d'étude qui va à l'encontre des théories scientifiques connues et qui est impossible rationnellement.
Il travaille toujours dans un laboratoire. Ce dernier est généralement encombré de bobines de Tesla, de machines électrostatiques de Van der Graaf, d'« échelles de Jacob » (deux hautes électrodes où des étincelles montent), de machines à mouvement perpétuel et autres instruments scientifiques spectaculaires, ou encore d'éprouvettes et d'équipements de distillation où bouillonnent des liquides aux couleurs vives, desquels émanent des vapeurs inquiétantes. Il leur arrive souvent d'être accompagnés d'un assistant, parfois difforme et/ou demeuré.

Sans que cela soit systématique, la médecine est un domaine de prédilection de ces savants et on la retrouve dans les créations des docteurs Frankenstein, Moreau, ou Jekyll.

Au XIXe siècle, les sciences et les techniques progressent rapidement pour le meilleur et pour le pire. On est alors persuadé qu’elles régleront tous les problèmes de la société. Mais quelques esprits pensent qu’elles peuvent aussi causer la perte de l’humanité. Les scientifiques sont alors représentés comme vertueux ou maléfiques, sérieux ou fous.

La figure du savant fou progresse au même rythme que les sciences et technologies. Les romanciers signalent dans leurs œuvres les dangers de celles-ci et font du savant fou l’expression des angoisses liées à l'accélération du progrès scientifique.

vendredi 11 octobre 2024

Qui a tué les expositions universelles ?

Les expositions universelles naissent en 1851 en Angleterre et sont, dès leur création, un enjeu politique pour le pays hôte et pour les pays qui y participent. Elles sont en effet un lieu de compétition et d’émulation entre les industries et les arts de chaque nation représentée. Elles incarnent aussi un idéal de progrès.

Les visiteurs sont émerveillés par les inventions qui y sont présentées. En cette fin de XIX° siècle, ils peuvent y découvrir le premier phonographe, la magie de l’électricité ou le cinématographe. Par la reconstitution de monuments ou villages de l’autre bout du monde (que l'on appellera bien plus tard à juste titre "les zoos humains"), les visiteurs peuvent entrevoir les différentes civilisations du globe.

L’exposition universelle de 1889 accueillera 32 millions de visiteurs à une époque où la France compte 39 millions d’habitants et où les moyens de transports internationaux sont encore balbutiants. Toujours à Paris, celle de 1900 accueillera près de 50 millions de visiteurs et 83 000 exposants. La dernière exposition universelle située sur le sol européen a accueilli en 2015 à Milan seulement 20 millions de visiteurs.
Vue de l'exposition universelle de 1900 à Paris
Force est de constater que l’émerveillement suscité par les expositions universelles à la fin du XIX° siècle et jusqu’à la première moitié du XX° siècle n’est plus.

Qui a donc tué les expositions universelles ?

Les organisateurs des premières expositions universelles, mais aussi leurs visiteurs, ont foi dans la capacité du progrès technique à dépasser les conflits. Les expositions s’accompagnent d’ailleurs d’évènements culturels ou sportifs comme à Paris en 1900 où sont organisés les seconds Jeux Olympiques de l’ère moderne et le second Congrès International des Mathématiciens. Cette foi va s’amoindrir voire disparaître avec le déclenchement de la Première Guerre Mondiale qui démontre tristement que l’avancée du progrès n'est en aucun cas un facteur de paix.

Le public a pris conscience du fait que si le progrès a la capacité d’améliorer le monde, il a aussi une face sombre. Il a constaté que l’émulation entre les arts et les industries de chaque pays n’aboutissait pas obligatoirement à la paix.

L’apparition du tourisme de masse survenu après la Seconde Guerre Mondiale aboutit à ce que de plus en plus de Terriens voyagent et découvrent par eux-mêmes les pays lointains et leur population. La carte postale du village indigène reconstitué ex nihilo n’a plus beaucoup d’intérêt dans la mesure où l’on peut visiter l’original, même si l’impact environnemental et surtout sociétal est énorme.

Les nouveautés technologiques ont, elles aussi, plus de mal à faire rêver le public. La faute peut-être à l’omniprésence des moyens de communication et à la surcharge d’information à laquelle sont soumises la majorité des populations de la planète. Car même si l’innovation technologique progresse de jour en jour, elle n’offre plus de saut technologique majeur comme ont pu en connaître nos aînés. Nous envisageons de retourner sur la Lune ou de nous rendre sur Mars, mais nous sommes déjà allés sur la Lune et Mars ne représente que la planète suivante. L’informatique et la téléphonie continuent de progresser mais cela reste des ordinateurs et des téléphones. Seule la miniaturisation et la puissance distingue le nouveau modèle de l’ancien.
La dernière exposition universelle sur le continent européen à Milan en 2015
À l’image de la devise des Jeux Olympiques, nous allons plus vite, plus fort et plus haut, mais il n’y a plus les mêmes ruptures qu’ont pu vivre nos ancêtres avec l’invention de l’ampoule qui permettait d’avoir le jour en pleine nuit ou bien l’invention du cinéma qui permettait de reproduire le mouvement puis le son et de garder « vivants » les êtres chers décédés.

La médecine et la biologie continuent elles aussi de progresser et peuvent susciter encore de l’intérêt de la part du public. Mais étrangement, peut-être par leur éloignement du quotidien de chacun ou bien par le fait que l’on ne fait appel à elles qu’en cas de maladie, elles ne suscitent guère l’émerveillement.

Alors, l’Homme peut-il retrouver l’enchantement qu’il avait un siècle auparavant en visitant les expositions universelles ou bien est-il devenu un homo-sapiens blasé aux  émotions définitivement émoussées ?

vendredi 4 octobre 2024

Le plus grand banquet du monde a eu lieu en 1900

Le plus grand banquet du monde a eu lieu à l’occasion de l’Exposition Universelle de Paris en 1900. Le 22 septembre 1900, à la double occasion du 108ème anniversaire de la proclamation de la première République et de l’Exposition Universelle parisienne, le président de la République Émile Loubet invite les 25 000 maires de France, d’Algérie et des colonies. Ce banquet est à la gloire de la République, de Paris mais surtout un symbole d’unité après l’affaire Dreyfus qui vient de secouer la France, la tentative de coup d’état de 1899 et les nombreuses grèves qui paralysent le pays.

22 965 personnes répondent présentes à cette invitation et vont donc s’assoir, classées par département et par ordre alphabétique, devant 7 000 m (7 km !) de tables dressées sous deux immenses tentes dans le jardin des Tuileries.
Les chiffres sont à la hauteur de cette démesure. Ce repas a nécessité l’embauche de 3000 personnes dont 400 cuisiniers et 2 150 maîtres d’hôtel. Question logistique, il a fallu 10 km de nappes blanches, 125 000 assiettes, 55 000 fourchettes, 55 000 cuillères, 3 500 salières, 700 pots de moutarde, 2 500 litres de mayonnaise, 2 785 litres de café et plus de 50 000 cigares ! Six bicyclettes furent employées pour transmettre les ordres de service et le général de Brigade disposait d’une automobile pour parcourir les allées.
Une organisation quasi militaire, mais pour quel menu ? Le nombre de convives impose un repas froid, mais ce n’est pas exactement un pique-nique, jugez-en plutôt :
Hors-d'œuvres
Darnes de saumon glacées parisienne
Filet de bœuf en Bellevue
Pains de canetons de Rouen
Poulardes de Bresse rôties
Ballotines de faisans Saint-Hubert
Salade Potel
Glaces Succès/Condés
Dessert
Ce repas fut aussi l’occasion de déguster au total près de 39 000 bouteilles de Haut Sauternes, Beaune Jean Calvet 1887, Champagne Montebello, Preignac et Saint Julien servis en carafe y compris 1 500 bouteilles de Fine Champagne. Le personnel eu, quant à lui, droit à 3 000 litres de vin de table !

Malgré sa démesure, ce banquet ne durera que 1h25 comme l’avait demandé le Président de la République...

jeudi 27 juin 2024

Abbey Road Steampunk ?

Quel est le rapport entre cette célèbre pochette d’album des Beattles et le steampunk ?
Cette photo a été prise sur le passage piéton situé devant les studios Abbey Road installés au 3, Abbey Road à Londres. Le bâtiment abritant ces studios, après avoir été une maison d’habitation, deviendra en 1929 la propriété de la société Gramophone Company, l’une des premières entreprises de fabrication et de commercialisation de disques, notamment via son label His Master’s Voice, dont le logo représentant un chien devant un phonographe.
 
Deux ans plus tard la société Gramophone (devenu EMI) transforme la maison en créant le premier studio d'enregistrement au monde, capable d'accueillir un orchestre symphonique.
Pendant la Seconde Guerre Mondiale, les studios deviendront le quartier général de la BBC où sont enregistrés les programmes destinés à la résistance. Après la guerre, les studios se modernisent et accueillent une nouvelle génération d’artistes jazz, pop et rock, dont les Beatles, qui nommeront un de leur album « Abbey Road ».