jeudi 18 juin 2026

La ligue des gentlemen extraordinaires (le film)

Le film « La ligue des gentlemen extraordinaires » est tiré de la bande dessinée éponyme d'Alan Moore et Kevin O'Neill. Avant toute discussion, il est utile de préciser qu’il s’agit d’une libre adaptation qui n’a pas plu à Alan Moore et qui a dérouté un certain nombre de fans de la bande dessinée. Même si le film n’a pas été un échec commercial puisqu’il a rapporté plus que son coût de production, il n’a pas été un succès populaire.

Essayons d’expliquer ce demi-succès.
 
L'intrigue se déroule en 1899. Le Fantôme, personnage inconnu, menace l’ordre international en dressant les nations européennes les unes contre les autres. Les services secrets anglais décident de réagir en formant un groupe de super agents, nommé la ligue des gentlemen extraordinaires. Cette ligue est composée de personnages extraordinaires de l’époque : l’aventurier Allan Quatermain, le Capitaine Némo, l’immortel Dorian Gray, Tom Sawyer membre des services secrets américains, le docteur Jekyll (et Mister Hyde), l’homme invisible Rodney Skinner et la vampire Mina Harker.
 
Dans le film, les membres de la Ligue ne correspondent pas tous à ceux de la bande dessinée. Cette dernière ne comporte ni Dorian Gray ni Tom Sawyer ajouté, paraît-il, pour plaire au public américain. De plus, Mina Harker est un vampire dans le film mais pas dans la bande dessinée, et enfin, Griffin, le personnage original de H.G. Wells dans « L'Homme invisible », est remplacé (pour des raisons de droits) par Rodney Skinner, un personnage de voleur inventé pour le film. Enfin, dans la bande dessinée, Mina recrute et dirige la Ligue alors que dans le film c'est un homme, Allan Quatermain qui dirige l'équipe !
 
Ces sept « super héros » vont embarquer à bord du Nautilus pour se rendre à Venise et contrecarrer les projets du Fantôme.
 
Alors que la bande dessinée aborde de nombreux thèmes complexes comme le thème de l’identité ou celui de la morale, qui ajoute de la profondeur à l’histoire, le film n'a pas réussi à capturer toute la complexité et la profondeur de l'œuvre originale d'Alan Moore et Kevin O'Neill. On peut aussi voir la Ligue comme une rébellion contre les normes victorienne ce qui ne transparait pas non plus dans le film. Les personnages du film manquent aussi de profondeur, plus proches de héros de blockbuster hollywoodien que des personnages de la bande dessinée.
 
L’esthétique Steampunk est-elle cependant au rendez-vous du film ? Eh bien, là non plus, pas franchement. C’est à se demander si les décorateurs du film avaient une notion des codes steampunk. Alors que le Nautilus de la bande dessinée se rapproche de celui du film de Disney « Vingt mille lieues sous les mers » avec sa livrée marron et son aspect de calamar géant, le Nautilus blanc orné de fioritures argentées ne correspond pas exactement aux canons du genre. Je ne parlerai même pas de la Nemomobile blanche en harmonie avec le Nautilus et plus style Art Nouveau que vraiment steampunk.
Le Nautilus de la bande dessinée

Le Nautilus du film
La Nemomobile
La bande dessinée, combinaison de personnages bien connus dont les caractères et les compétences s’imbriquent à la manière d’un puzzle et d'un univers riche en détails, est une œuvre incontournable pour tout fan de steampunk. Malgré cela, ce ne sera pas le cas du film qui avait pourtant une riche matière à exploiter. Même Sean Connery ne sauvera pas ce naufrage !
Planche de la bande dessinée

jeudi 11 juin 2026

Le secret des arches disparues de la Tour Eiffel

Si l’on compare un daguerréotype de 1889, date de l’inauguration de la tour Eiffel lors de l’exposition universelle et un cliché d’aujourd’hui, on s’aperçoit que quelques différences apparaissent dont une particulièrement visible. Vous ne voyez pas ? Regardez mieux le premier étage.
Lorsque Gustave Eiffel crée sa tour, il orne le premier étage d’arches décoratives dans un style très XIX° siècle. Ces arches ne sont pas sans rappeler les bouches du métro dessinées par le grand maître de l'art nouveau, Hector Guimard.
 
La tour va conserver ses arches pendant près de cinquante ans jusqu’à l’Exposition internationale des arts et techniques appliquées à la vie moderne qui se déroule à Paris en 1937. Celle-ci se déroule sur le champ de mars et c’est à ce moment que le palais de Chaillot remplace l’ancien palais du Trocadéro et que la tour Eiffel prend un coup de jeune !
Cette modernisation passe par l’installation d’un nouvel éclairage et par la suppression des arcades du premier étage. Celle-ci ne participant pas à la stabilité de la tour mais étant purement décoratives, elles sont supprimées pour moderniser son aspect plus en phase avec les courants esthétiques minimalistes de l’entre deux guerres. La structure brute de la tour s’en trouve mise en valeur.

jeudi 4 juin 2026

La cuivrerie de Cerdon

Visiter la cuivrerie de Cerdon, c’est s’immerger dans une fabrique d’ustensiles en cuivre du XIX° siècle et plonger dans les secrets des ateliers en participant à des démonstrations de savoir-faire uniques tout au long de la visite.
Construite autour d’un ancien moulin à blé animé par les eaux de la rivière « Suisse » dans l’Ain, cette usine a fourni aussi bien les grandes cuisines françaises que de luxueux hôtels comme The Carlton Hotel de Monte-Carlo. Elle a aussi fabriqué en 1871, 300 machines à filer la soie qui seront exportées dans la filature de soie de Tomioka au Japon, inscrite au patrimoine mondial de l’Humanité.
Le 22 octobre 2013, la totalité de la cuivrerie (bâtiments, installations techniques et mécanismes fixés, système hydraulique) est inscrite par arrêté au titre des monuments historiques.
La cuivrerie de Cerdon permet de se plonger, le temps de la visite, dans l’industrie de la Belle Epoque, tant par la découverte des techniques de travail du cuivre que par les conditions sociales de cette fin de XIX° siècle.
 
Chaussez vos goggles et rendez-vous dans l’Ain pour une immersion dans le passé !
 
Cuivrerie de Cerdon
Le village
01450 Cerdon

jeudi 28 mai 2026

Les instruments chirurgicaux oubliés

La médecine n’a pas échappé au bouillonnement scientifique de cette fin de XIX° siècle et on lui doit de nombreuses inventions. Nombre d’entre elles sont encore connues aujourd’hui, mais qui se souvient de cet extracteur d’os ?
Il s’agissait d’un instrument d’époque permettant d’intervenir directement sur le squelette pour en extraire un os et le remplacer par un artefact de métal : les prémices du transhumanisme en quelque sorte ! Un mouvement de va-et-vient de l'appareil permettait de déboiter l'os et de l'extraire.
La documentation jointe précisait que l’intervention était sans douleur. Un rapide test effectué sur un cobaye sembla le confirmer.