Le steampunk n’est pas que machine, rouage et vapeur. Il
s’inscrit dans une époque où l’art foisonne. En cette fin de XIX° siècle aussi
nommée « La Belle Epoque », deux courants dominent : l’Art Nouveau et l’Arts and Crafts.
Ces deux styles s’opposent philosophiquement, l’Art
Nouveau se concentrant sur l’élimination des barrières entre les beaux-arts et
le design, alors que l’Arts and Crafts est une réaction à l’industrialisation et
à la production de masse. Il renvoie directement au mot « punk » et exprime
le refus d’une industrialisation de masse lisse et invisible.
Mais ils sont assez proches en terme d'esthétique et se
caractérisent par des lignes courbes directement inspirées de la
nature. Ce sont des styles essentiellement décoratifs qui vont toucher tous les
arts plastiques : peinture, sculpture, architecture, arts graphiques et
arts décoratifs. Certaines bouches d’accès au métro parisien réalisées par l’architecte
Hector Guimard en sont un exemple encore présent dans notre quotidien.
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| Entrée du métro parisien réalisée par Hector Guimard |
Quels sont les emprunts du steampunk à ces deux
courants ?
Le steampunk emprunte sa philosophie au mouvement Arts and Crafts pour lequel il est important de mettre en avant l’artisanat et les
techniques anciennes. On pourrait le traduire par le DIY (Do It Yourself – Fais-le toi-même) du steampunk où le vaporiste va privilégier la création de ses
costumes et de ses accessoires (quitte à (re)découvrir certaines techniques
anciennes comme la couture, la broderie, le travail du cuir, du métal, etc.)
par rapport à l’achat d’objets manufacturés et industriels.
Pour les artistes se réclamant du courant Arts and Crafts,
le bonheur réside dans l'artisanat, un ouvrier ne pouvant s'épanouir et être
fier de son ouvrage que s'il participe à chaque étape de sa réalisation et de
sa fabrication.
Le steampunk va emprunter le foisonnement (much is
beautiful – plus il y en a, mieux c’est) au style Art Nouveau :
foisonnement de cadrans, de tuyaux, de manettes et autres artefacts pseudo
technologiques. Il lui emprunte aussi le travail du métal et la féminité au
travers des affiches directement inspirées des tableaux du peintre Alphonse
Mucha.






