vendredi 3 juillet 2026

Le steampunk s'invite au festival d'Avignon

Du 4 au 25 juillet 2026 se déroulera la soixantième édition du festival off d’Avignon. Avec plus de 1 700 spectacles proposés au public par 1 400 compagnies (des chiffres qui font tourner la tête des non habitués de l’évènement) il doit bien en exister quelques un en lien avec le steampunk ou tout du moins avec la belle époque et ses inventions ou ses personnages emblématiques.
Gabor et les chapeaux rouillés (Festival Off 2025)
N’écoutant que son courage, la rédaction du Gramophone Beuglant s’est plongé dans le programme pour vous concocter un programme digne d’intérêt pour les vaporistes que vous êtes.

Tout d’abord, débutons notre sélection par les spectacles consacrés aux icones du XIX° siècle : Gustave Eiffel, Georges Méliès, Nikola Tesla, Thomas Edison et Alice Guy (première réalisatrice de cinéma) :
Alice Guy, la pionnière du cinéma - Première femme réalisatrice au monde, elle nous entraîne dans le récit fascinant d’une vie hors norme. (Théâtre des corps saints)
Georges, l’illusionniste - Un voyage fascinant dans la vie de Georges Méliès premier magicien du cinéma (Théâtre Tremplin)
Gustave Eiffel, en fer et contre tous - Plongez dans le Paris bouillonnant de la Révolution industrielle et découvrez l’incroyable destin d’un homme visionnaire, moderne et controversé. (Théâtre 3T)
Lumière - L’histoire de Thomas Edison, Nikola Tesla et Westinghouse qui ont rêvé si fort de l’avenir, qu’ils ont fini par l’inventer (Théâtre Scala Provence)

Quelques œuvres de Jules Verne brillamment mises en scène complètent notre sélection du festivalier vaporiste :
Le tour du monde en 80 jours - Grâce à des effets 4D et une mise en scène immersive, le spectacle bouge dans tous les sens et captive l’attention de toute la famille du début à la fin (Théâtre Paradise République)
Voyage au centre de la terre - Un spectacle qui mélange théâtre, projection vidéo et magie visuelle, conçu pour émerveiller les enfants dès 3 ans... et captiver les adultes ! (Théâtre Paradise République)

Bon festival !

vendredi 26 juin 2026

Le kaléidoscope

Tout le monde a, un jour, joué avec un kaléidoscope. Mais peu savent qu’il a été inventé au XIX° siècle par le mathématicien et physicien écossais Sir David Brewster à qui l’on doit de nombreuses contributions dans le domaine de l’optique.
Bien qu'inventé en 1816, il ne sera breveté que deux ans plus tard par Fréderick-Albert Winsor puis importé en France la même année par Alphonse Giroux. Il aura alors un certain succès à Paris.

Mais ce n’est que dans les années 1870, en pleine ère victorienne, que Charles Bush, un prussien résidant aux Etats-Unis relance la mode du kaléidoscope en améliorant le procédé et en commercialisant des kaléidoscopes de salon. Il remplace les morceaux de verre par une ampoule remplie de liquides colorés afin d’améliorer le rendu visuel.

Tout au long du XIX° siècle, le kaléidoscope sera considéré comme un jouet scientifique d’optique voire un accessoire de prestidigitation.

Le kaléidoscope crée des reflets d'une vue directe des objets à l'extrémité d'un tube, grâce à l'utilisation de miroirs inclinés. Au fur et à mesure que l'utilisateur fait tourner le tube, les miroirs créent de nouveaux motifs. Un miroir réglé à 60 degrés générera un motif de six secteurs réguliers.

Nous vous proposons d’en créer un à l’esthétique Steampunk. Pour cela il vous faut :
- Un tube de carton ;
- Deux embout transparents ;
- Des morceaux de verres colorés (nous avons préféré de mini rouages pour accentuer le côté Steampunk) ; 
- 3 miroirs ou cartons sur lequel sera collé un miroir adhésif que l’on trouve en magasin de bricolage ;
- Une feuille de papier au décor victorien.
En premier lieu nous peignons en doré les deux embouts. Celui auquel vous collerez votre œil sera percé en son centre d’un petit trou. Le second, qui recevra les rouages ne doit être peint que sur son pourtour. Afin de maintenir les rouages, un disque de plastique transparent du diamètre intérieur de l’embout sera inséré.
Les 3 miroirs ou carton supportant un miroir adhésif seront ensuite inséré dans le tube en carton. Puis le tube sera habillé par la feuille de papier au décor victorien. Il suffira enfin de placer les deux embouts à chacune des extrémités du tube pour obtenir celui ci-dessous.

jeudi 18 juin 2026

La ligue des gentlemen extraordinaires (le film)

Le film « La ligue des gentlemen extraordinaires » est tiré de la bande dessinée éponyme d'Alan Moore et Kevin O'Neill. Avant toute discussion, il est utile de préciser qu’il s’agit d’une libre adaptation qui n’a pas plu à Alan Moore et qui a dérouté un certain nombre de fans de la bande dessinée. Même si le film n’a pas été un échec commercial puisqu’il a rapporté plus que son coût de production, il n’a pas été un succès populaire.

Essayons d’expliquer ce demi-succès.
 
L'intrigue se déroule en 1899. Le Fantôme, personnage inconnu, menace l’ordre international en dressant les nations européennes les unes contre les autres. Les services secrets anglais décident de réagir en formant un groupe de super agents, nommé la ligue des gentlemen extraordinaires. Cette ligue est composée de personnages extraordinaires de l’époque : l’aventurier Allan Quatermain, le Capitaine Némo, l’immortel Dorian Gray, Tom Sawyer membre des services secrets américains, le docteur Jekyll (et Mister Hyde), l’homme invisible Rodney Skinner et la vampire Mina Harker.
 
Dans le film, les membres de la Ligue ne correspondent pas tous à ceux de la bande dessinée. Cette dernière ne comporte ni Dorian Gray ni Tom Sawyer ajouté, paraît-il, pour plaire au public américain. De plus, Mina Harker est un vampire dans le film mais pas dans la bande dessinée, et enfin, Griffin, le personnage original de H.G. Wells dans « L'Homme invisible », est remplacé (pour des raisons de droits) par Rodney Skinner, un personnage de voleur inventé pour le film. Enfin, dans la bande dessinée, Mina recrute et dirige la Ligue alors que dans le film c'est un homme, Allan Quatermain qui dirige l'équipe !
 
Ces sept « super héros » vont embarquer à bord du Nautilus pour se rendre à Venise et contrecarrer les projets du Fantôme.
 
Alors que la bande dessinée aborde de nombreux thèmes complexes comme le thème de l’identité ou celui de la morale, qui ajoute de la profondeur à l’histoire, le film n'a pas réussi à capturer toute la complexité et la profondeur de l'œuvre originale d'Alan Moore et Kevin O'Neill. On peut aussi voir la Ligue comme une rébellion contre les normes victorienne ce qui ne transparait pas non plus dans le film. Les personnages du film manquent aussi de profondeur, plus proches de héros de blockbuster hollywoodien que des personnages de la bande dessinée.
 
L’esthétique Steampunk est-elle cependant au rendez-vous du film ? Eh bien, là non plus, pas franchement. C’est à se demander si les décorateurs du film avaient une notion des codes steampunk. Alors que le Nautilus de la bande dessinée se rapproche de celui du film de Disney « Vingt mille lieues sous les mers » avec sa livrée marron et son aspect de calamar géant, le Nautilus blanc orné de fioritures argentées ne correspond pas exactement aux canons du genre. Je ne parlerai même pas de la Nemomobile blanche en harmonie avec le Nautilus et plus style Art Nouveau que vraiment steampunk.
Le Nautilus de la bande dessinée

Le Nautilus du film
La Nemomobile
La bande dessinée, combinaison de personnages bien connus dont les caractères et les compétences s’imbriquent à la manière d’un puzzle et d'un univers riche en détails, est une œuvre incontournable pour tout fan de steampunk. Malgré cela, ce ne sera pas le cas du film qui avait pourtant une riche matière à exploiter. Même Sean Connery ne sauvera pas ce naufrage !
Planche de la bande dessinée

jeudi 11 juin 2026

Le secret des arches disparues de la Tour Eiffel

Si l’on compare un daguerréotype de 1889, date de l’inauguration de la tour Eiffel lors de l’exposition universelle et un cliché d’aujourd’hui, on s’aperçoit que quelques différences apparaissent dont une particulièrement visible. Vous ne voyez pas ? Regardez mieux le premier étage.
Lorsque Gustave Eiffel crée sa tour, il orne le premier étage d’arches décoratives dans un style très XIX° siècle. Ces arches ne sont pas sans rappeler les bouches du métro dessinées par le grand maître de l'art nouveau, Hector Guimard.
 
La tour va conserver ses arches pendant près de cinquante ans jusqu’à l’Exposition internationale des arts et techniques appliquées à la vie moderne qui se déroule à Paris en 1937. Celle-ci se déroule sur le champ de mars et c’est à ce moment que le palais de Chaillot remplace l’ancien palais du Trocadéro et que la tour Eiffel prend un coup de jeune !
Cette modernisation passe par l’installation d’un nouvel éclairage et par la suppression des arcades du premier étage. Celle-ci ne participant pas à la stabilité de la tour mais étant purement décoratives, elles sont supprimées pour moderniser son aspect plus en phase avec les courants esthétiques minimalistes de l’entre deux guerres. La structure brute de la tour s’en trouve mise en valeur.

jeudi 4 juin 2026

La cuivrerie de Cerdon

Visiter la cuivrerie de Cerdon, c’est s’immerger dans une fabrique d’ustensiles en cuivre du XIX° siècle et plonger dans les secrets des ateliers en participant à des démonstrations de savoir-faire uniques tout au long de la visite.
Construite autour d’un ancien moulin à blé animé par les eaux de la rivière « Suisse » dans l’Ain, cette usine a fourni aussi bien les grandes cuisines françaises que de luxueux hôtels comme The Carlton Hotel de Monte-Carlo. Elle a aussi fabriqué en 1871, 300 machines à filer la soie qui seront exportées dans la filature de soie de Tomioka au Japon, inscrite au patrimoine mondial de l’Humanité.
Le 22 octobre 2013, la totalité de la cuivrerie (bâtiments, installations techniques et mécanismes fixés, système hydraulique) est inscrite par arrêté au titre des monuments historiques.
La cuivrerie de Cerdon permet de se plonger, le temps de la visite, dans l’industrie de la Belle Epoque, tant par la découverte des techniques de travail du cuivre que par les conditions sociales de cette fin de XIX° siècle.
 
Chaussez vos goggles et rendez-vous dans l’Ain pour une immersion dans le passé !
 
Cuivrerie de Cerdon
Le village
01450 Cerdon

jeudi 28 mai 2026

Les instruments chirurgicaux oubliés

La médecine n’a pas échappé au bouillonnement scientifique de cette fin de XIX° siècle et on lui doit de nombreuses inventions. Nombre d’entre elles sont encore connues aujourd’hui, mais qui se souvient de cet extracteur d’os ?
Il s’agissait d’un instrument d’époque permettant d’intervenir directement sur le squelette pour en extraire un os et le remplacer par un artefact de métal : les prémices du transhumanisme en quelque sorte ! Un mouvement de va-et-vient de l'appareil permettait de déboiter l'os et de l'extraire.
La documentation jointe précisait que l’intervention était sans douleur. Un rapide test effectué sur un cobaye sembla le confirmer.

vendredi 22 mai 2026

Le film de la journée de l'élégance

Retour en images animées sur la journée de l'élégance de l'hippodrome de Lyon Parilly le vendredi 8 mai 26. 
  









 

vendredi 15 mai 2026

Journée de l’élégance avec le festival Yggdrasil

Le vendredi 8 mai, le festival Yggdrasil avait investi le site de l’hippodrome de Lyon Parilly pour une journée de l’élégance toute victorienne. Il faut avouer que les vaporistes sont très à cheval sur leur élégance !
En plus des courses qui se jouaient ce jour là – dont le prix du festival Yggdrasil – de nombreux jeux familiaux furent animés par les vaporistes du festival : duels d’ombrelles, magiciens, duels de thé, séance photos d’époque, combats de cannes, lancer de couteaux et de nombreux jeux géants.
 
Retour en image sur un après-midi familial sous le signe de l’élégance.
Le prix du Festival Yggdrasil
Élégance victorienne
Duels de cannes
La photographie comme en 1900
Jeux géants

jeudi 7 mai 2026

Le steampunk descend dans le métro

La station Arts et Métiers sur la ligne 11 du métro parisien offre un décor unique, inspiré de l’univers de Jules Verne. Mais savez-vous pourquoi ?
Cette scénographie a été imaginée par le dessinateur François Schuiten et son acolyte, l’écrivain Benoît Peeters à l’occasion du bicentenaire du Conservatoire national des arts et métiers en octobre 1994. François Schuiten est un auteur de bande dessinée dont notamment la série « Les cités obscures » et cette œuvre est le prolongement de son esthétique où le métro devient une porte vers un monde parallèle.
Le voyageur est plongé à l'intérieur d'une vaste machine, sorte de Nautilus souterrain évoquant l'ambiance de Vingt Mille Lieues sous les mers, de style steampunk. Au plafond de la station, une série de grands rouages évoque le musée des Arts et Métiers.
 
A la place des carreaux de faïence, la station est entièrement recouverte de cuivre et ponctuée d’engrenages ainsi que de hublots. Sur les quais, une série de hublots ouvrent sur des scénographies de petite taille, centrées sur les collections du musée : on y observe la sphère armillaire, le satellite Telstar, l'Avisol d'Arsène Olivier, ou encore la roue hydraulique.

Un arrêt s’impose !

jeudi 30 avril 2026

Les extraordinaires inventions du XIX° siècle

L’époque victorienne voit l’essor de la réclame et de la bicyclette. Les journaux commencent à publier de magnifiques affiches réalisées par de grands affichistes vantant l’acquisition d’une bicyclette.

Mais si l’on en croit la revue « scientific american » l’inverse semble aussi vrai : une bicyclette faisant de la publicité ! Un article relate en effet la création d’un tricycle ayant permis, en 1895 à Paris, l’impression sur le sol d’une phrase incitant les piétons à se rendre au deuxième salon du cycle… peut être pour y faire l’acquisition de ce tricycle !
Cet article précise que le réservoir placé derrière la selle alimentait l'encre à travers les tubes et sur des rouleaux en caoutchouc qui étaient en contact constant avec les roues arrière. Cette "presse à imprimer mobile" avait même de minuscules ventilateurs attachés pour qu'elle puisse souffler la poussière et faire la meilleure impression possible sur la route.

Si un salon du cycle s’est bien déroulé à Paris en décembre 1895, ce n’était pas le second mais le troisième du genre. Et aucune source n’indique la présence de ce tricycle au sein du salon.
Même si ce tricycle n’a jamais existé ailleurs que dans les croquis d’un talentueux dessinateur, nous pouvons cependant saluer son imagination en phase avec l’esprit inventif du courant steampunk.

vendredi 24 avril 2026

J'ai rencontré Jules Verne !

Le Grand Hôtel des Rêves est la destination obligatoire de tout vaporiste ou amateur de Jules Verne !
Il ne s’agit pas d’un hôtel au sens commun du terme, mais d’une scène de théâtre où le public visite une à une les pièces de ce prestigieux hôtel particulier qui sont autant de tableaux vivants habités par une vingtaine de comédiens dans de magnifiques décors.
Jules Verne à son bureau
Vous n’assisterez pas à un spectacle mais vous participerez à un extraordinaire voyage ! Un voyage vivant et immersif qui vous fera pénétrer dans l’univers de Jules Verne. Vous rencontrerez l’auteur en personne qui vous fera partager son ambition littéraire, son imagination, ses voyages fantastiques et vous entrainera de pièce en pièce au cœur du XIX° siècle.
Jules Verne dans l'atelier du photographe Nadar
Les voyages extraordinaires de Jules Verne
Le Grand Hôtel des Rêves
47 rue du Cardinal Lemoine 75005 Paris
Jusqu'en juin 2026 

vendredi 17 avril 2026

Le naufrage le plus médiatique du monde 114 ans après !

Le 15 mars est la date anniversaire d’une des plus grandes catastrophes maritimes et surtout de celle ayant le plus marqué l’inconscient collectif : le naufrage du Titanic en 1912. 
 
Alors que l’histoire a connu des catastrophes similaires (comme le naufrage de l’Empress of Ireland deux ans plus tard dans l’estuaire du Saint Laurent qui fera plus de 1000 victimes), pourquoi le naufrage du Titanic est-il à ce point devenu célèbre et continue de faire l’objet de films, livres, documentaires et expositions ?
Est-ce déjà du fait de son nom de dieu grec évoquant sa taille imposante et symbolisant la puissance de l’Angleterre et la domination de l’homme sur la nature – ce qui n’empêchera pas ce navire d’être finalement vaincu par les éléments ?
 
Est-ce grâce à la communication faite par la compagnie avant son départ sur le gigantisme, le luxe, la rapidité et l’insubmersibilité du navire qui l’ont rendu célèbre avant même qu’il ne prenne la mer ?
 
Est-ce parce la catastrophe a eu lieu pendant le voyage inaugural et que le Titanic n’a donc effectué qu’un seul voyage ?
 
Est-ce par l’attention apportée quant à sa sécurité avec coque à double fond, compartiments étanches avec fermeture des portes électriques, espaces réservés aux machines avec pompes d’évacuation, installation radio Marconi, canots de sauvetage pour 1 178 personnes qui n’empêchera pas le drame ?
 
Est-ce par le luxe affiché de ce navire transportant à prix d’or de nombreuses célébrités et riches industriels de l’époque qui décèderont lors de ce naufrage ?
 
Est-ce par le fait que le Titanic restera à flot plusieurs heures avant de sombrer, permettant la narration par les survivants de moments de dramaturgie comme l’orchestre qui continua à jouer pendant le naufrage ou un riche passager qui se mit sur son trente et un pour mourir comme un gentleman, ce qui n’aurait pas été possible si le bateau avait coulé en quelques minutes comme le Lusitania ?
 
Est-ce par l’émergence des moyens de communication modernes comme la télégraphie et la téléphonie qui ont permis, avec une rapidité encore inconnue, la diffusion au monde des détails de cette catastrophe ?
 
Est-ce par le fait que cette tragédie aboutira à la mise en place de nouvelles mesures de sécurité et à améliorer la navigation ?
 
Ou bien est-ce pour toutes ces raisons cumulées dans un même drame que ce naufrage est resté à jamais gravé dans l’histoire de l’humanité ?

jeudi 9 avril 2026

Cet homme aurait dû inventer le cinéma !

À l’instar d’Alice Guy, première femme réalisatrice de cinéma, l’histoire a oublié le nom de Louis le Prince. Pourtant cet homme aurait pu figurer au panthéon des inventeurs du cinéma, mais l’histoire en a décidé autrement.
Louis le Prince nait à Metz en 1841. De formation scientifique, il se passionne pour les arts et ouvre en Angleterre avec son épouse une école d’art. Puis en 1881, il migre aux Etats-Unis où il se rend célèbre en peignant des panoramas.

Les panoramas, très en vogue en cette fin de XIX° siècle où l’on voyage encore peu, sont des fresques circulaires où le public situé au centre est enveloppé par le paysage. Mais Louis Le Prince déplore l’absence de vie et de mouvement de ces fresques pourtant spectaculaires. C’est donc tout naturellement qu’il en vient à se passionner pour la photographie et plus particulièrement la photographie animée.

Il invente une machine de prise de vues mobiles à 16 objectifs. Puis de retour en Angleterre en 1886, il invente et fait breveter en 1888 une nouvelle machine de prise de vues animées et réussit à créer un photogramme. Mais il rencontre des difficultés à le projeter.
Scène du jardin de Roundhay, film muet de 2 secondes !
Il travaille sur un appareil de projection à l’aide de plaques photos en verre puis découvre la pellicule celluloïd. Il procède à quelques démonstrations, mais rien qui ne satisfasse son caractère perfectionniste.

En 1890 alors qu’il est en France, il s’apprête à partir en Angleterre pour faire breveter son appareil de projection avant de le promouvoir aux Etats Unis. Pour mémoire, le Kinétoscope de Thomas Edison ne sera présenté au public qu’en 1891, et les frères Lumière ne feront breveter le cinématographe qu’en 1895, soit cinq ans plus tard.
Après avoir rendu visite à sa famille et amis à Bourges, il part pour Dijon voir son frère le 13 septembre 1890. Le 16 septembre il prend le train pour Paris. C’est au cours de ce voyage qu’il disparait. Ni son corps ni ses bagages ne seront retrouvés. Malgré les enquêtes menées à l’époque jusqu’à aujourd’hui, sa disparition reste un mystère.

Plusieurs hypothèses seront échafaudées (suicide, assassinat familial ou dans le cadre de la guerre des brevets) mais sans qu’aucune ne soit confirmée.

jeudi 2 avril 2026

La miniature du bureau du Gramophone Beuglant

Vous avez rêvé de visiter le bureau de la rédaction du Gramophone Beuglant ? En voici la réplique en miniature patiemment réalisée dans nos ateliers !
Rien n’y manque. Que ce soit le bureau du rédac’chef avec sa machine à écrire, sa montre à gousset posée sur un vieux numéro du journal, l’appareil photo ou son parapluie, tout est là.
Les plus perspicaces n’auront pas manqué de remarquer dans la bibliothèque quelques exemplaires des aventures de Jules Verne et un haut de forme négligemment posé sur le haut de l’armoire.

jeudi 26 mars 2026

Steampunk : entre Art Nouveau et Arts and Crafts

Le steampunk n’est pas que machine, rouage et vapeur. Il s’inscrit dans une époque où l’art foisonne. En cette fin de XIX° siècle aussi nommée « La Belle Epoque », deux courants dominent : l’Art Nouveau et l’Arts and Crafts.

Ces deux styles s’opposent philosophiquement, l’Art Nouveau se concentrant sur l’élimination des barrières entre les beaux-arts et le design, alors que l’Arts and Crafts est une réaction à l’industrialisation et à la production de masse. Il renvoie directement au mot « punk » et exprime le refus d’une industrialisation de masse lisse et invisible.

Mais ils sont assez proches en terme d'esthétique et se caractérisent par des lignes courbes directement inspirées de la nature. Ce sont des styles essentiellement décoratifs qui vont toucher tous les arts plastiques : peinture, sculpture, architecture, arts graphiques et arts décoratifs. Certaines bouches d’accès au métro parisien réalisées par l’architecte Hector Guimard en sont un exemple encore présent dans notre quotidien.
Entrée du métro parisien réalisée par Hector Guimard
Quels sont les emprunts du steampunk à ces deux courants ?

Le steampunk emprunte sa philosophie au mouvement Arts and Crafts pour lequel il est important de mettre en avant l’artisanat et les techniques anciennes. On pourrait le traduire par le DIY (Do It Yourself – Fais-le toi-même) du steampunk où le vaporiste va privilégier la création de ses costumes et de ses accessoires (quitte à (re)découvrir certaines techniques anciennes comme la couture, la broderie, le travail du cuir, du métal, etc.) par rapport à l’achat d’objets manufacturés et industriels.

Pour les artistes se réclamant du courant Arts and Crafts, le bonheur réside dans l'artisanat, un ouvrier ne pouvant s'épanouir et être fier de son ouvrage que s'il participe à chaque étape de sa réalisation et de sa fabrication.
Le steampunk va emprunter le foisonnement (much is beautiful – plus il y en a, mieux c’est) au style Art Nouveau : foisonnement de cadrans, de tuyaux, de manettes et autres artefacts pseudo technologiques. Il lui emprunte aussi le travail du métal et la féminité au travers des affiches directement inspirées des tableaux du peintre Alphonse Mucha.
Le mouvement « Art Déco » né en 1900, avec ses formes droites, géométriques, symétriques et épurées influencera aussi à la marge le style steampunk.