jeudi 14 mars 2019

Les inventions de Jules Verne

Après avoir écrit quelques pièces de théâtre, c’est sa rencontre avec l’éditeur Hetzel et l’édition en 1863 de son premier roman « Cinq semaines en ballon » qui va apporter le succès à Jules Verne.

Jules Verne est souvent considéré comme l’un des pères spirituels du mouvement steampunk. Ses romans d’aventures et de science-fiction servent régulièrement d’inspiration ou de point de départ aux créateurs steampunk actuels. Cela n’est guère étonnant si l’on considère le fait qu’ils se déroulent dans la seconde moitié du XIX° siècle, qu’ils décrivent des technologies de l’époque ou balbutiantes et qu’ils les projettent dans l’avenir. Cela correspond à la définition du courant Steampunk.

En lisant la dizaine de roman de Jules Verne qui relèvent de la conjecture scientifique (les autres romans étant plus des romans d’aventure) on s’aperçoit qu’un nombre important de prédictions scientifiques que l’on y rencontre se sont réalisées au cours du siècle suivant. Cela n’est pas uniquement dû à l’imagination fertile de l’auteur mais aussi à ce que l’on appelle aujourd’hui la veille scientifique. Jules Verne se tenait en effet au courant de toutes les nouveautés scientifiques et technologiques et n’hésitait pas à échanger avec les savants de son époque. Verne se targuait d’ailleurs de ne pas avoir recours au merveilleux mais seulement d'extrapoler à partir de faits avérés.

Le sous-marin électrique

Dans le roman « Vingt mille lieues sous les mers » publié en 1869, Jules Vernes nous décrit un sous-marin électrique qu’il nomme le Nautilus. La nouveauté n’est pas le sous-marin. Rappelons qu’un sous-marin baptisé lui aussi le Nautilus est réalisé en 1800 par M. Robert Fulton. Mais celui-ci est propulsé par une voile lorsqu’il est en surface et par l’énergie humaine lorsqu’il est en plongée à l’aide d’un pédalier. D’autres créations de sous-marin à propulsion à air comprimé puis à vapeur suivront tout au long du XIX° siècle. Mais les premiers sous-marins à propulsion électrique opérationnels verront le jour en 1888, soit près de vingt ans plus tard comme par exemple le gymnote, sous-marin français équipé de batteries au plomb.

La fusée permettant d’envoyer des hommes sur la lune

Dans le roman « De la terre à la lune » publié en 1865, Jules Verne raconte l’histoire des membres du Gun Club de Baltimore qui, désœuvrés suite à la fin de la Guerre de Sécession, décident d’aller conquérir la Lune. Si la méthode de lancement est très fantaisiste – un énorme canon posé sur une colline donnant un « gros coup de feu » suffisant pour s’affranchir de la gravité  – d’autres aspects se rapprochent des évènements qui se déroulèrent un siècle plus tard.

Tout d’abord, le lieu même du tir. Jules Verne imagine que le meilleur site pour procéder au tir est la Floride ! Cet emplacement n’est pas choisi au hasard mais tient compte d’impératifs de la mécanique céleste qui imposent la latitude la plus équatoriale possible. La NASA aboutira aux mêmes conclusions et la fusée Apollo 11 décollera en 1969 de Cap Canaveral situé en Floride.

Ensuite la capsule en forme de cône est similaire à la forme représentée par le module lunaire. Le nombre de passagers est lui aussi identique : trois dans les deux cas. Mais ce qui est peut-être encore plus surprenant est le matériau décrit par Jules Verne pour son vaisseau. Il est en aluminium. Il s’agit d’un matériau qui existe à l’époque de Jules Verne mais qui n’est qu’un produit de laboratoire seulement connu de quelques initiés. Le savant qui, le premier, isole l’aluminium est Henri-Etienne Sainte-Claire , un ami de Jules Verne. Il lui décrira le matériau et les possibilités qu’il pourrait offrir dans les applications qui requièrent de la légèreté comme l’aéronautique naissante. Le roman de Jules Verne contient aussi des détails assez justes sur l’effet de l’absence de gravité sur le corps humain. Enfin, la zone d’alunissage imaginée par l’auteur ne sera pas non plus très éloignée de la zone ou M. Neil Arsmtrong posera le premier pas sur notre satellite.

Dans ce même roman, Jules Verne imagine qu’un  engin spatial puisse être propulsé par la lumière. Aujourd’hui les scientifiques appellent cette technologie les voiles solaires.

L’hélicoptère

C’est dans son roman « Robur le conquérant » paru en 1886 que l’on trouve l’Albatros, une machine volante construite par Robur qui ne croit pas à l’avenir des aérostats mais aux machines volantes.

Une nouvelle fois cette machine est mue par l’électricité qui actionne d’immenses hélices parallèles au sol à la manière des futurs hélicoptères. Léonard De Vinci avait bien imaginé en 1497 le principe de la vis aérienne qu’il faut prendre comme un concept scientifique (la force animale étant bien insuffisante pour mouvoir son engin), les premiers hélicoptères ne verront le jour qu’au début du XX° siècle.

L’hologramme

Dans le livre « Le château des Carpates » publié en 1892, Jules Verne invente l’hologramme ! Le roman narre la vie d’un baron qui ne cesse de contempler la projection de la performance d’une cantatrice d’opéra décédée. Un visiteur intrigué par les évènements mystérieux qui se passent au château décide de l’explorer. Sur les lieux, il comprendra qu’il s’agit en fait d’une projection ! Il faut aussi noter  la mention d’une décharge électrique qui foudroie les explorateurs, référence aux travaux de Nikola Tesla et de Thomas Edison sur l’électricité.  L’hologramme, quant à lui, ne sera réalisé qu’en 1948 par le hongrois Denis Gabor.

Le monde d’aujourd’hui

Mais le roman le plus visionnaire d’un futur lointain imaginé par Jules Verne est sans nul doute « La journée d’un journaliste américain en 2889 ». Il s’agit en fait d’une nouvelle parue en 1889 et que certains attribuent à son fils Michel qui décrit de manière ironique et grinçante les dérives de la presse et du journalisme. On y suit, le temps d’une journée, la vie de M. Francis Bennet, magnat de la presse abject, propriétaire d’un empire médiatique d’envergure mondiale.

Tout, dans cette nouvelle, se révèle être toujours d’actualité au XXI° siècle. Que ce soit les technologies ou les dérives sociologiques  imaginées, tout sonne étrangement juste. Elle nous décrit avec une acuité surprenante ce qu’est devenu le monde des médias aujourd’hui même si l’auteur situe l’action en 2889 : choix des sujets en fonction des annonceurs publicitaires, influence sur les décisions politiques, divulgation de la vie privée, liens avec le milieu politique, etc.

Plus généralement c’est le monde dans lequel nous vivons qui est brossé avec une clairvoyance exceptionnelle : augmentation de l’espérance de vie, régulation des naissances en Chine, guerre bactériologique, etc.

Cette nouvelle offre aussi à Jules Verne la possibilité de décrire une multitude d’inventions et de technologies devenues notre quotidien :
- Les préparations d’aliments aseptiques livrés à domicile,
- Le télescope de 3 km de diamètre (le radiotélescope ALAM comporte 66 antennes installé sur un haut plateau  de près de 5 km de diamètre),
- Les tubes pneumatiques dans lesquels on transporte des voyageurs à une vitesse de 1500 km/h nous rappellent le projet de transport Hyperloop d’Elon Musk,
- Les appareils totalisateurs permettant d’effectuer des comptes mirifiques sont aujourd’hui nos calculatrices ou ordinateurs,
- La réduction de la matière à trois éléments simples est à rapprocher de la découverte des électrons, neutrons et protons,
- Le journal de M. Francis Bennet « Earth Herald » est diffusé en version papier ou par abonnement en version mondio-acoustique soit l’ancêtre du journal télévisé,
- Le téléphote qui permet non seulement d’émettre et de recevoir des appels mais aussi de montrer des images en mouvement sur des « miroirs sensibles connectés par des câbles » est quant à lui ce que l’on pourrait rapprocher de la visioconférence,
- Etc.
Le tunnel pneumatique imaginé par Jules Verne précurseur de l'Hyperloop d'Elon Musk
Jules Verne reste dans les esprits comme un grand conteur mais aussi un homme d’une très grande curiosité scientifique. Il possédait une compréhension exacerbée du siècle dans lequel il vivait et avait compris qu’une révolution technologique et industrielle se profilait, ce dont peu de ses contemporains avaient conscience. Son héritage est toujours vivant et il continue d’inspirer, consciemment ou inconsciemment, de nombreux auteurs… et les amateurs de Steampunk.

jeudi 7 mars 2019

Gildas Blueford

Voici le portrait de M. Gildas Blueford tiré des archives de l'Institut National de Recherche Alchimique.
Gldas Blueford est un  chercheur en élixirologie, distilleur professionnel et toxinologue, également passionné de cryptozoologie. Il peut être considéré comme un alchimiste, au vu de ses recherches mais M. Blueford trouve ce terme trop imprécis.

Il parcourt le monde pour ses recherches concernant des substances mystérieuses et des créatures étranges, dont il a comme projet d’en rédiger une classification la plus complète possible.

Il est un correspondant occasionnel du Gramophone Beuglant pour qui il rédige des comptes-rendus de ses recherches (le journal possède d’ailleurs l’exclusivité sur les découvertes que M. Blueford pourrait faire). Il est depuis un grand ami du propriétaire du journal, Gustave boileau. Ils entreprendront tous les deux des recherches pour tenter de retrouver le professeur Bretavia suite à sa disparition.
M. Blueford est notamment connu pour son céphalopode de compagnie dont il ne se sépare plus : Poulpy. Cette amitié découle de ses recherches sur les propriétés alchimiques de l’encre de pieuvre. Lors de celles-ci, il a découvert ce poulpe unique en son genre qui possède la particularité de produire de l’encre colorée. La couleur de l’encre produite dépend de l’humeur de Poulpy (voir fiche ci-dessous).

M. Blueford vit des articles qu’il rédige pour le Gramophone Beuglant et des brevets qu’il dépose. Il est notamment l’inventeur de l’huile à graisser universelle, l’innovation qui contribuera à forger sa réputation.

Ses recherches le mèneront en Equateur sur les traces des indiens Jivaros, coupeurs de têtes, en Grèce, pour récupérer du venin de Basilic ou même dans les eaux antarctiques à la recherche du calamar colossal. Au fil de ses voyages, M. Blueford s’est constitué une collection d’objets du monde entier qu’il rassemble dans son cabinet de curiosités personnel.

mardi 26 février 2019

Le stand du Gramophone Beuglant

Afin de vous rendre compte de l’actualité du Festival Yggdrasil indoor 2019, le Gramophone Beuglant s’était installé hors-les-murs en déménageant, le temps d’un week-end, sa rédaction dans la rue Steampunk dudit festival.
Le stand du Gramophone Beuglant au Festival Iggdrasil Indoor 2019
Gustave Boileau, le rédacteur en chef, y avait en effet installé son bureau afin de pouvoir travailler au cœur de l’actualité vaporeuse.
Le bureau du rédacteur en chef
Il était accompagné dans sa mission par Lady Adélaïde Froufrou, la caution féminine du journal (mais aussi secrétaire, assistante commerciale et soutien logistique sans qui le journal ne serait pas ce qu’il est) et par le reporter-alchimiste Gildas Blueford.
Ce dernier avait apporté une partie de son équipement qu’il exposait pour la première fois au public. Les visiteurs ont donc pu admirer son cabinet de curiosité, son échantillonneur à amplification stimulée par injection de gaz chaud ainsi que son pulvériseur à retour forcé (prototype à pressurisation libre).
L'équipement de Gildas Blueford
Une première qui a permis aux nombreux visiteurs du stand de mettre des visages sur l’équipe rédactionnelle.

mardi 19 février 2019

Le Festival Iggdrasil Indoor 2019

Le week-end dernier une déchirure de l’espace et du temps survenue non loin de Lyon a vu quelques milliers d’initiés s’y engouffrer pour rejoindre divers univers et vivre une aventure hors du commun.

L’une de ces failles spatio-temporelles offrait aux vaillants visiteurs la possibilité de rejoindre les ruelles de la World Exhibition Nautilus inspirée de l’époque Victorienne.
A peine remis du soubresaut temporel (celui-ci ne dure que quelques secondes !) que l’excitation de pénétrer ce monde vous gagne. Vous apercevez le fronton de nombreuses boutiques proposant gilets, robes, chapeaux, cannes, bijoux et autres accessoires vous permettant ainsi de parfaire votre tenue victorienne. La décoration de chacune des boutiques participe à la sensation d’immersion dans cet univers Steampunk.
Envie d’agrémenter sa décoration par l’achat de quelques objets ? Divers habiles artisans sont présents et vous vantent leurs dernières créations.
La métallerie des coteaux
Retro Univers
Les produits D-Rivets
Mais déjà vos yeux sont attirés par les étranges machines de créateurs présents sur le salon. Le Psychoexcavateur Triple Flux à Rétrosubjugation Emotionnelle et l’Uchronisateur à démodulation de phase par translation sphygmométrique des laboratoires Brignantin vous poussent à interroger leur créateur sur leur fonctionnement et leur prochaine disponibilité.
Un différend vous oppose à votre voisin de l’instant. Point besoin de sortir votre épée ou de dégainer votre illustre pétoire, asseyez-vous à une table et provoquez-le en duel de thé (au thé de Ceylan… qui est ex-ceylan ;-) ou pour vous, mesdames, en duel d’ombrelles.
Curieux de connaître les nouvelles de cette fin de siècle pendant que vos chers bambins s’amusent aux divers jeux qui leur sont consacrés ? Une petite visite au stand du Gramophone Beuglant s’impose où l’on vous offre l’édition lyonnaise de cette belle fin de semaine de février 1895.
Les ruelles de l’exposition Nautilus sont aussi l’occasion de faire des rencontres avec d’inquiétants personnages…
Le temps passe très vite à votre montre à gousset. Si vous ne souhaitez pas rester définitivement bloqué dans cette ruelle, il est temps de refaire le voyage à l’envers pour revenir à votre époque d’origine, en attendant l’ouverture d’une prochaine faille spatio-temporelle dont le Gramophone Beuglant ne manquera pas de se faire l’écho.

vendredi 8 février 2019

Le Gramophone Beuglant au festival Yggdrasil 2019

Le Gramophone Beuglant sera présent au festival Yggdrasil Indoor les 16 et 17 février prochain au sein de l'univers steampunk.

Venez rejoindre la rédaction du Gramophone au grand complet sur le stand du Gramophone Beuglant et repartez avec l'édition papier du journal du jour !
La maquette du salon Yggdrasil 2019
La rue steampunk


jeudi 31 janvier 2019

Le musée des arts et métiers


Le musée des arts et métiers est un musée des sciences et des technologies, du Conservatoire national des arts et métiers. Il est situé dans le 3e arrondissement de Paris.

Ses collections comportent  un très grand nombre de machines, modèles, dessins qui ont été utilisés tout au long des XIXe et XXe siècles.

L’exposition permanente du Musée des arts et métiers est organisée en sept collections thématiques, elles-mêmes subdivisées en quatre périodes chronologiques (avant 1750, 1750-1850, 1850-1950, après 1950) : instruments scientifiques, matériaux, construction, communication, énergie, mécanique et transports.

De nombreuses machines, en excellent état de conservation, illustrent le foisonnement scientifique de cette fin de XIX° siècle. On y trouve de magnifiques machines à calculer, les premières tentatives pour fixer de manière définitive une image sur un support papier, les premiers gramophones, mais aussi des machines beaucoup plus surprenantes comme celle de La Rive reproduisant les aurores boréales.

Nul doute que les amateurs de l'époque Victorienne apprécieront les nombreuses pièces présentées, relatives à la révolution industrielle de la fin du XIX° au début du XX° siècle.
Machine de La Rive pour la reproduction des aurores boréales

Machine à calculer de Léon Bollée

Chambre à tiroir pour daguerréotype

Télégraphe électrique à cadran

Appareil photo "Photoret" (de la taille d'une montre à gousset)
Le graphophone, machine à cylindre (à ne pas confondre avec le célèbre gramophone, machine à disque !)

Lanterne de projection pour vues autochromes
Atelier de typographe
Orgue de produits chimiques destinés au développement des photographies

mercredi 16 janvier 2019

La cafetière steampunk de Gildas Blueford

De par ses voyages autour du monde, notre valeureux reporter Gildas Blueford a rapporté quelques échantillons de cette graine torréfiée que les arabes appellent « qahwah ».

Afin d’en déguster la saveur et de bénéficier de leurs vertus énergisantes, il a créé un instrument de grande précision qui permet de réaliser, à la demande, une dose de cette boisson stimulante. Il suffit de poser la fiole Erlenmeyer au milieu de l’appareil, de placer l’entonnoir au-dessus, d’y déposer un filtre garni de qahwah et d’y verser de l’eau frémissante. Votre lixiviat de qahwah est prêt !
Cet appareil, la dernière création de l’atelier du Gramophone Beuglant, dont nous offrons la primeur des premières images ci-dessous, est composé de bois, cuivre et verre. Il est simple d’entretien et très résistant. Vous pourrez donc l’emporter partout avec vous, au bureau ou à l’autre bout du monde.

Que M. Gildas Blueford en soit ici remercié !


mercredi 9 janvier 2019

Le festival Yggdrasil

 










C'est pour bientôt ! Réservez votre week-end du 16 et 17 février 2019 pour le Festival Yggdrasil à Lyon ! Partez sur les traces de Jules Verne dans la ruelle inspirée de l'époque victorienne et croisez les reporters du Gramophone Beuglant !