jeudi 2 avril 2026

La miniature du bureau du Gramophone Beuglant

Vous avez rêvé de visiter le bureau de la rédaction du Gramophone Beuglant ? En voici la réplique en miniature patiemment réalisée dans nos ateliers !
Rien n’y manque. Que ce soit le bureau du rédac’chef avec sa machine à écrire, sa montre à gousset posée sur un vieux numéro du journal, l’appareil photo ou son parapluie, tout est là.
Les plus perspicaces n’auront pas manqué de remarquer dans la bibliothèque quelques exemplaires des aventures de Jules Verne et un haut de forme négligemment posé sur le haut de l’armoire.

jeudi 26 mars 2026

Steampunk : entre Art Nouveau et Arts and Crafts

Le steampunk n’est pas que machine, rouage et vapeur. Il s’inscrit dans une époque où l’art foisonne. En cette fin de XIX° siècle aussi nommée « La Belle Epoque », deux courants dominent : l’Art Nouveau et l’Arts and Crafts.

Ces deux styles s’opposent philosophiquement, l’Art Nouveau se concentrant sur l’élimination des barrières entre les beaux-arts et le design, alors que l’Arts and Crafts est une réaction à l’industrialisation et à la production de masse. Il renvoie directement au mot « punk » et exprime le refus d’une industrialisation de masse lisse et invisible.

Mais ils sont assez proches en terme d'esthétique et se caractérisent par des lignes courbes directement inspirées de la nature. Ce sont des styles essentiellement décoratifs qui vont toucher tous les arts plastiques : peinture, sculpture, architecture, arts graphiques et arts décoratifs. Certaines bouches d’accès au métro parisien réalisées par l’architecte Hector Guimard en sont un exemple encore présent dans notre quotidien.
Entrée du métro parisien réalisée par Hector Guimard
Quels sont les emprunts du steampunk à ces deux courants ?

Le steampunk emprunte sa philosophie au mouvement Arts and Crafts pour lequel il est important de mettre en avant l’artisanat et les techniques anciennes. On pourrait le traduire par le DIY (Do It Yourself – Fais-le toi-même) du steampunk où le vaporiste va privilégier la création de ses costumes et de ses accessoires (quitte à (re)découvrir certaines techniques anciennes comme la couture, la broderie, le travail du cuir, du métal, etc.) par rapport à l’achat d’objets manufacturés et industriels.

Pour les artistes se réclamant du courant Arts and Crafts, le bonheur réside dans l'artisanat, un ouvrier ne pouvant s'épanouir et être fier de son ouvrage que s'il participe à chaque étape de sa réalisation et de sa fabrication.
Le steampunk va emprunter le foisonnement (much is beautiful – plus il y en a, mieux c’est) au style Art Nouveau : foisonnement de cadrans, de tuyaux, de manettes et autres artefacts pseudo technologiques. Il lui emprunte aussi le travail du métal et la féminité au travers des affiches directement inspirées des tableaux du peintre Alphonse Mucha.
Le mouvement « Art Déco » né en 1900, avec ses formes droites, géométriques, symétriques et épurées influencera aussi à la marge le style steampunk.

vendredi 20 mars 2026

Immersion dans l'espace du Gramophone Beuglant au festival Yggdrasil 2026

Plongez ou replongez vous dans l'univers du stand du Gramophone Beuglant lors du dernier festival Yggdrasil 2026 !


jeudi 12 mars 2026

Retour sur le festival Yggdrasil 2026

Cette année, l’espace steampunk du festival Yggdrasil avait des airs de salon des inventions et des technologies. L’âme des frères Lumière hantait les lieux avec la reconstitution de la première séance publique de cinématographe qui eut lieu le 28 décembre 1895 à Paris.
Ce fut l’occasion de découvrir ou redécouvrir les 10 premiers films de l’histoire du cinématographe. Pour accompagner cette séance, le Gramophone Beuglant et les Nicnopistes présentèrent les inventions ayant abouti à la création du cinématographe par les frères Lumière : lanterne magique, jouets optiques et autres, sans oublier quelques quizz consacrés aux frères Lumière ou à l’invention du cinéma.
Reconstitution de la première séance publique payante de cinématographe
Non loin de là, et parce que le cinéma deviendra sonore, Amandine et Bastien avaient apporté quelques magnifiques spécimens de phonographe à cylindre et de phaunotographe pour vous offrir la joie d’enregistrer, puis de réécouter votre voix.
Amandine et Bastien devant leurs incroyables machines
La frise chronologique du cinéma (première partie)
La frise chronologique du cinéma (seconde partie)
La frise chronologique du cinéma (troisième partie)
Metteur en scène en action

vendredi 27 février 2026

Yggdrasil 2026

 
Retrouvez la rédaction du Gramophone Beuglant au sein de la cité d'Horologium du festival Yggdrasil qui se tiendra le week-end prochain à Eurexpo (Lyon) pour vous faire découvrir l'invention du cinématographe en 1895.

Au plaisir de vous y retrouver !

Edgar Quinet : visionnaire steampunk !

Connaissez-vous Edgar Quinet ?
 
Les Parisiens répondront qu’il s’agit d’une station de métro. Les provinciaux connaîtront une école ou une rue portant son nom. Mais savez-vous réellement qui a été cet homme ?
 
Edgar Quinet est un historien, poète, philosophe et homme politique français du XIXe siècle. Il est, entre autre, l’auteur d’une célèbre dictée qu’ont connue des générations d’écoliers et qui s’inscrit de manière admirable dans l’esprit steampunk.
Edgar Quinet
Visionnaire, il y explique que le progrès induit par la révolution industrielle n’aura pas que des effets bénéfiques et qu’il ne doit pas remplacer l’homme. Il met en garde contre l’utilisation de la machine et des nouvelles technologies à des fins malveillantes.
 
Extrait :
« Vous croyez, vous espérez que ces machines vous dispenseront d’avoir vous-même une valeur propre, qu’elles vous communiqueront celle qu’elles possèdent. Détrompez-vous ! Rien au monde ne peut vous dispenser d’avoir vous-même une âme, une dignité personnelle, le respect de vous-même, un caractère, une conscience, une parole. Tous les rails de fer, toutes les chaudières à haute pression ne peuvent vous acquitter de l’obligation d’avoir vous-même une trempe invisible, ce ressort interne, ce point moral qui résiste, s’il le faut, au poids de l’univers et constitue l’être humain, ni le fer, ni le bois, ni la tôle ne vous prêteront leurs vertus. Il faut absolument que vous ayez les vôtres, celles qui caractérisent la nature humaine. Aucune machine ne vous exemptera d’être homme. […] Plus ce progrès se développe, et avec eux les pouvoirs, plus les hommes devront être vigilants à ce que ces pouvoirs ne soient pas tournés contre eux par des personnes inciviques ou malveillantes ».
 
A l’heure où la machine est omniprésente dans la vie des humains, les assistant dans toutes leurs tâches du quotidiens (et même plus), à l’heure où les robots envahissent les usines et s’immiscent dans nos maisons, à l’heure ou l’intelligence artificielle envahit tout l’espace numérique relisez ce texte en remplaçant le mot « rail » par « Internet », « progrès » par « digital » et « machine » par « IA » et vous découvrirez l’exceptionnelle modernité de ce texte.

jeudi 19 février 2026

La machine à remonter le temps

Depuis de nombreuses années, Gustave Boileau a la secrète ambition de voyager dans le temps et plus précisément de pouvoir remonter le temps.  Il souhaite ainsi pouvoir revivre certains évènements marquants et se confronter aux paradoxes temporels.
 
C’est donc dans ce but que les ateliers du Gramophone Beuglant travaillent depuis plusieurs années sur une machine à remonter le temps. Et c’est avec fierté qu’ils ont pu proposer au rédacteur en chef du journal ce premier prototype.
Il s’agit d’une avancée majeure pour la science et l’histoire même si cet appareil ne répond pas encore au cahier des charges de Gustave Boileau. En effet, la commande du rédacteur en chef serait de pouvoir se transporter à un moment donné dans le temps et d'en revenir.
 
Or, cette machine ne permet, à ce jour, que d’inverser la course du temps. Une fois la machine mise en route, les personnes situées dans son environnement immédiat voient la course du temps inversée. Au lieu de d’avancer dans le temps d’une seconde toutes les secondes comme le commun des mortels, elles retournent dans le passé à la vitesse d’une seconde par seconde. Par exemple, pour revivre un événement s’étant déroulé un an auparavant il faut donc attendre un an.
Ci-dessus la preuve en images.
 
A ce moment, les personnes en contact avec la machine vivent l’année N-1 alors que les personnes extérieures vivent l’année N+1. Au bout d’un an le décalage est donc de deux ans.
 
Il n’est donc pas possible de revivre un évènement s’étant déroulé un siècle plus tôt, car il faudrait dans ce cas attendre un siècle pour que la machine y arrive. La vie d’un homme n’y suffirait pas.
Mais fort de cette prouesse d’avoir pu inverser la course du temps, les techniciens et ingénieurs des ateliers du Gramophone Beuglant ont bon espoir de pouvoir accélérer ce processus et ainsi d’arriver à se projeter dans le passé beaucoup plus rapidement, répondant ainsi à la première commande de Gustave Boileau. Restera à résoudre la seconde demande, et non la moindre : comment accélérer le temps dans le futur pour revenir à la date de départ !
 
Les personnes intéressées trouveront ci-dessous le plan de cette machine.

vendredi 13 février 2026

Métropolis : une ville en 2026 !

Paru en 1926, le roman « Metropolis » de Théa Von Harbou  qui a servi de base au scénario du film éponyme a 100 ans ! En 1926, il imaginait une métropole en 2026.
Au-delà des voitures volantes - dont on voit les prémices au travers des drones et des taxis volants en cours d’expérimentation - et des gratte-ciel présents dans nos métropoles, le roman et le film étaient-ils, d’un point de vue sociétal, prophétiques ou visionnaires ?
Pour mémoire, voici la description de la ville de Metropolis : Dans le futur, de riches industriels et des magnats des affaires et leurs meilleurs employés règnent sur la ville de Metropolis depuis des gratte-ciel colossaux. Cité État totalitaire capitaliste et patriarcale, Metropolis y abrite une société techno dépendante où les travailleurs sont affectés à des tâches répétitives et déshumanisantes, asservis à des machines qui font figure de nouveaux dieux impies.

Il faut reconnaître que certains aspects de Metropolis sont plus que jamais d’actualité, le fossé séparant les plus riches des plus pauvres n’ayant, par exemple, pas cessé de se creuser.
Le robot humanoïde « Maria » créé par l’homme, un des premiers du genre dans la science-fiction, n’a, lui non plus, plus rien d’imaginaire. Il préfigure les robots actuels et l’Intelligence Artificielle dans ce qu’elle a de plus dangereux.

Metropolis y abrite une société techno-dépendante où les travailleurs sont affectés à des tâches répétitives et déshumanisantes, asservis à des machines qui font figure de nouveaux dieux impies.  La machine déifiée résonne fortement avec nos sociétés contemporaines. À l’ère de l’IA, nouvelle industrie accusée d’exploiter la misère humaine, Metropolis interroge notre foi en la technologie : met-elle en danger notre humanité?
2026, l'occasion de revoir ce film, le seul film enregistré par l'UNESCO au patrimoine mondial de l'humanité.

mercredi 4 février 2026

Tutoriel : customiser une arme Nerf

Avertissement : ceci n'est pas un article sponsorisé, tous nos conseils s'adaptent parfaitement à n'importe quelle arme en plastique, les Nerf sont simplement très répandus pour la customisation des armes steampunk.
Il y a quelques temps, nous avions écrit un article qui posait la question de l'omniprésence des Nerf customisés dans la communauté steampunk Aujourd'hui nous revisitons ce sujet pour vous proposer un petit tutoriel sur la customisation de Nerf. Ce guide n'a pas pour objectif d'être une notice, étape par étape de la fabrication d'un Nerf en particulier mais plutôt de vous apporter des conseils si vous voulez vous-même vous doter d'un arsenal steampunk.

Tout d'abord, la première question à se poser est la suivante : votre Nerf sera-t-il toujours fonctionnel après modification (avec la possibilité de tirer les fameuses fléchettes en mousse) ou sera-t-il un objet décoratif ? La principale différence va concerner les pièces mobiles de l'arme : dans les Nerf mécaniques, une pièce mobile va venir compresser un ressort qui va ensuite restituer l'énergie dans le projectile. Cette pièce mobile frotte généralement contre les autres pièces de l'arme, ce qui peut rapidement détériorer la peinture (ou alors l'ajout de peinture peut bloquer le mécanisme).

L'option de rendre l'arme non fonctionnelle est probablement la plus simple, vous n'aurez pas à vous préoccuper de ce qui suit. En revanche, si votre objectif est de continuer à pouvoir tirer avec, voilà les options qui s'offrent à vous :
- laisser les parties qui frottent ensemble sans peinture (il faudra cependant accepter les couleurs souvent flashy),
- les peindre quand même (penser à poncer les pièces pour que la peinture accroche mieux),
- la teinture vinyle : c'est un type de peinture qui va colorer le plastique en profondeur sans rajouter d'épaisseur, souvent utilisé dans l'automobile,
- imprimer en 3D les pièces directement dans la couleur désirée,
- dernière solution un peu différente : choisir un Nerf électrique dont la propulsion est assurée par un moteur et non pas par un ressort, ce qui limite le nombre de pièces qui frottent les unes contre les autres.

Ce qui nous amène à notre seconde partie : le choix du Nerf. Comme mentionné dans notre précédent article, les Nerf existent dans de nombreux styles différents avec des look science-fiction qui s'adaptent bien au steampunk. Le modèle Maverick, en vente il y a quelques années, a eu un certain succès dans la communauté vaporiste. Au final, tout dépendra du look que vous souhaitez donner à votre arme (et des modèles disponibles en magasin, bien sûr).
Une fois votre Nerf choisi, il faudra le démonter pour faciliter les modifications et la peinture. Pensez bien à garder toutes les petites vis et ressorts voire même de prendre des photos lors du démontage pour vous aider à le remonter.

L’étape suivante consistera à réfléchir au design et aux modifications que vous allez y apporter.

Voici quelques idées pour vous aider :
- Un manomètre,
- Une petite bonbonne de gaz,
- Une lampe à vide,
- Des tuyaux...

En traçant des rainures et en collant de petits cercles, vous donnerez un effet de tôle rivetée au plastique. Vous pouvez également vous amuser à ajouter des lampes qui clignotent, des moteurs qui des aiguilles en mouvement, en fonction de vos connaissances en électronique. La seule limite est votre imagination (d'où l'intérêt d'avoir une boîte remplie de boulons, ressorts et autres breloques). N'oubliez pas que, dans le steampunk, l'accumulation de détails donne son cachet à une création.

Avant de sortir la peinture, il va falloir préparer les pièces en plastique. Le mécanisme de tir est graissé pour ne pas gripper et cette graisse peut empêcher la peinture de tenir. Vous devrez donc bien nettoyer toutes les pièces de la graisse et de la poussière qui pourrait y rester. Une fois ceci fait, il faudra poncer afin de donner une meilleure surface d'accroche à la peinture. Lorsque vous poncez votre Nerf, pensez à retirer la marque et autres motifs qui trahiraient la provenance de l'arme. C'est une étape qui peut être fastidieuse mais qui rendra votre peinture plus durable dans le temps. Si vous voulez augmenter encore la durabilité de votre peinture, passer une sous-couche pour plastique sur les pièces.
Vous vous demandez surement quelle peinture choisir. La peinture en bombe sera probablement plus facile à appliquer pour les grosses pièces (les peintures à l’acétone tiendront bien sur le plastique des Nerf, voire la teinture vinyle comme mentionnée plus tôt). Pour les détails, vous pouvez opter pour la peinture à maquette qui a l’avantage de se vendre en petite quantité. Si vous avez bien préparé votre surface, n’importe quelle peinture fera l’affaire.

Vous voilà fin prêt pour vous lancer dans la peinture. Mais de quelle couleur allez-vous peindre votre Nerf ? On s’attend à ce qu’une arme steampunk soit en métal. Vous pouvez donc partir sur une combinaison de peinture cuivre/dorée/argentée. Pour l'agencement des couleurs, prenez exemple sur les couleurs existantes de l'arme : les Nerf possèdent déjà 2 ou 3 couleurs principales (par exemple, pour un Nerf vert, orange et gris, peignez le vert en doré, l'orange en cuivre et le gris en argenté). Mais rien ne vous oblige à vous limiter à ces couleurs là. Vous pouvez choisir du marron pour un effet bois ou des couleurs plus flashy pour des détails comme des fioles ou des boutons.
Pour donner un aspect de métal vieilli, optez pour la technique du "dry-brushing" : passez une couche de noir puis prenez de la peinture métallisée avec un pinceau et essuyez en la majorité. Vous allez ensuite peindre par-dessus le noir sans le recouvrir complètement, pour obtenir un look de métal usé du plus bel effet.

Vous pouvez vous arrêter là pour la peinture. Cependant nous vous conseillons de vieillir votre arme pour lui donner plus de vécu. Pour cela, diluez de la peinture noire ou marron, peignez la surface par petites zones et essuyez en le plus gros pour que la peinture ne reste que dans les rainures et les anfractuosités. Cela donnera plus de dimension et de profondeur à la texture de l'arme. Vous pouvez même aller plus loin et peindre de la rouille (n'oubliez pas, la rouille du cuivre appelée "vert-de-gris" est verte pâle) ou alors peindre des coulures d'huile pour donner un côté industriel à votre Nerf.
Vous y êtes presque ! Pour protéger votre peinture, nous vous conseillons de passer une couche de vernis par-dessus. En fonction de la forme de votre Nerf et de la façon de le réassembler, vous préférerez peut-être remonter l'arme avant de la venir (l'épaisseur supplémentaire du vernis pourrait vous gêner pour assembler les pièces).

Voilà, votre Nerf customisé est fin prêt pour votre prochain costume !

Petit supplément : si vous avez choisi l'option de garder l'arme fonctionnelle, vous pouvez vous procurer des fléchettes Nerf (non-officielle) de différentes couleurs. Cela vous permettra de les assortir avec l’arme et d’éviter les couleurs criardes des munitions vendues avec.

jeudi 29 janvier 2026

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le steampunk sans jamais oser le demander !

Le steampunk vous intrigue ? Le steampunk vous séduit ? Mais vous ne savez pas comment débuter. Le Gramophone Beuglant et les Nicnopistes au micro de Pop Anjou Corner vous expliquent tout lors du dernier Hashtag Festival de Bourg-en-Bresse !

Cliquez ici ! pour visionner l'interview.

jeudi 22 janvier 2026

Les câbles transatlantiques

Connaissez-vous M. Cyrus Field ? Non ?

Pourtant, nous utilisons chaque jour l’œuvre de sa vie qui a révolutionné cette fin de XIX° siècle. Ce riche entrepreneur anglais a fait fortune dans l’industrie du papier grâce à la machine à vapeur. Mais c’est grâce un projet fou pour l’époque que nous lui devons nos moyens de communication modernes.
Portrait de M. Cyrus W. Field
Hormis le télégraphe Chappe, jusqu’à l’époque Victorienne, le courrier remis en main propre est la norme et l’échange d’information se fait toujours de manière physique.

En 1837 Samuel Morse invente le code de points et traits qui porte son nom. À l’origine, il ne permet de transmettre que des chiffres. Alfred Weil, son associé, y ajoute les lettres et la ponctuation. Les lettres les plus utilisées ont les dessins les plus simples. Ce procédé permet, dès 1844, de transmettre le premier message de Washington à Baltimore. Des réseaux de câbles vont alors se développer aux Etats-Unis puis en Europe. Ils vont être principalement utilisés pour le commerce et la politique, annonçant notre société hyper connectée. Mais ces câbles ne sont tirés que sur la terre ferme.
Appareil de transmission Morse
Paul Julius Reuter s’intéresse à ce moyen de transmission et crée une société de câbles sous-marin pour transmettre les cours de la bourse de Londres au continent, car c’est la rapidité de transmission qui donne de la valeur à une information.

Cyrus Fields a la même intuition. Il imagine lui aussi un câble sous-marin mais reliant l’Amérique à l’Europe. Les scientifiques pensent que l’on ne pourra pas propulser de l’électricité sur une telle distance, que l’on ne pourra pas dérouler une telle distance de câble et surtout qu’un câble en cuivre va diffuser l’électricité dans l’eau. Enfin, les fonds marins sont encore inconnus à cette époque.
Le tracé du câble entre Valentia et Terre Neuve
Hormis les gouvernements intéressés de pouvoir communiquer rapidement avec leurs colonies, peu de gens croient en ce projet fou. Pour le réaliser, en 1856, Cyrus Field s’entoure d’une équipe d’ingénieurs dont William Thomson (le futur Lord Kelvin, celui du zéro absolu qui donnera son nom à une échelle de température), Samuel Morse et John Brend, collectionneur d’art. Deux personnes viennent à la rescousse : Faraday, qui découvre que l’on peut isoler le câble en le recouvrant de gomme végétale (gutta perca), et Henry Bewley qui met à disposition sa machine à isolation thermo plastique en étirant le latex. Le câble est isolé. L’aventure peut commencer !

Le 4 aout 1857 la compagnie du télégraphe atlantique démarre son ambitieux projet. Deux navires, l’un anglais, le HMS Agamemnon et l’autre américain, l’USS Niagara, embarquent chacun la moitié du câble car il n’existe à l’époque pas de navire possédant la capacité de transporter la totalité du câble. L’Agamemnon déroulera la première moitié du câble, puis ce sera à l’USS Niagara de poser la seconde moitié. Mais le câble se rompt au bout de quelques mètres, obligeant à reporter le départ de 24h. Une deuxième tentative se solde à nouveau par un échec au bout de 480 km. Le câble n’est pas adapté.
Le câble transatlantique
Une nouvelle levée de fond est nécessaire pour retenter l’opération. Le 10 juin 1858, les deux navires partent de Plymouth. Mais la stratégie est cette fois-ci différente. Les deux navires se rendent au milieu de l’atlantique à équidistance des deux continents, relient les deux câbles ensemble puis s’éloignent l’un de l’autre pour regagner l’un l’Angleterre et l’autre les Etats-Unis. Mais l’Agamemnon qui porte plus de 1250 tonnes de câble manque de chavirer.

Après réparation, les deux navires recommencent leur mission. Mais à plusieurs reprises, le câble se rompt. Fields est au bord de la faillite. Il réussit cependant à financer trois nouvelles missions qui verront, elles aussi, le câble se rompre.
Déroulé du câble depuis le navire
Le 4 août 1858, l’USS Niagara arrive à Terre Neuve. Quelques heures plus tard, l’Agamemnon arrive à Valentia. L’ancien et le nouveau monde sont enfin réunis. Le 16 août 1858, la reine d’Angleterre envoie un message au président américain : 90 mots qui mettront 16 h pour être transmis. Mais le télégraphe est peu fiable et les opérateurs ont beaucoup de mal à comprendre les messages. Les informations sont ralenties par la distance et à l’autre bout, les lettres se chevauchent et les messages sont inaudibles.

On augmente alors la tension du câble électrique à 2000 volts mais le câble grille, irrémédiablement abîmé. Les investisseurs pensent qu’ils ont été arnaqués. Une commission anglaise auditionne les protagonistes afin de savoir pourquoi le projet n’a pas fonctionné. Elle conclut à l’amateurisme de l’expérience.
Des machines servaient à dérouler le câble télégraphique à bord du Niagara et de l’Agamemnon.
Fields se retourne alors vers Thomson qui préconise des câbles de meilleure qualité, plus souples et plus résistants, avec un cuivre beaucoup plus pur. Thomson invente alors le galvanomètre à miroir qui permet d’envoyer un signal sur une grande distance avec une faible intensité électrique. La guerre de Sécession qui fait rage aux États-Unis confirme la nécessité du télégraphe pour coordonner les armées.

Fields envisage une nouvelle expédition et effectue une troisième levée de fond, mais les investisseurs sont frileux. Il y parvient néanmoins. L’expédition utilisera le Great Eastern qui embarquera 10 000 tonnes de câble. Le navire est beaucoup plus fiable que ses prédécesseurs.
The Great Eastenr
Le 23 juillet 1865 débute la troisième expédition qui part de Valentia. Le câble se rompt une nouvelle fois mais cette fois-ci, Fields marque l’emplacement où le câble s’est rompu. Il est confiant car les messages transmis depuis le navire au travers du câble en cours de pose sont de bonne qualité. Fields arrive à nouveau à lever des fonds permettant, le 13 juillet 1866 une quatrième tentative qui se solde par une réussite en deux semaines de pose. Terre neuve est en fête.

Les messages sont alors de bien meilleure qualité. Mais Fields n’abandonne pas le câble de la troisième mission et il arrive à le repêcher à plus de 2600 m de fond à grand renfort de communication.
Terre Neuve et l’île de Valentia deviennent d’importants centres de transmission. Peu à peu, on déroule des câbles sous-marins sous les mers et océans du globe. 20 mots transmis coûtent 20 livres en 1866 soit le salaire annuel d’un ouvrier. Les informations transmises concernent donc les courtiers en bourses.

Le monde rétrécit et la vie s’accélère. Bientôt, on pourra transmettre les nouvelles du monde entier et envoyer des images. Jusqu’en 1900, les seuls messages transmis par télégraphe par le grand public sont les naissances et les décès. En 2026, 99% des communications passent encore par des câbles sous-marins !

vendredi 16 janvier 2026

Les bracelets de montres à gousset

La montre bracelet n’ayant été inventée qu’en 1907 par l’horloger parisien Jaeger, en cette fin de XIX° siècle, la montre à gousset est donc la seule possibilité offerte pour avoir l’heure en permanence sur soi. C’est donc pour cela que la montre gousset fait partie intégrante du costume du vaporiste.

Mais comment porter votre montre à gousset au quotidien si vous ne portez pas de gilet ? La première solution est d’attacher l'anneau de la giletière à la boutonnière de votre veste et de glisser la montre dans la poche de celle-ci. Et si vous ne portez ni gilet, ni veste au quotidien ?
Sachez que depuis le début du XX° siècle existent des supports de montre à gousset permettant de porter ces dernières au poignet. Les premiers modèles sont de véritables bijoux, bien souvent en métal précieux. Ils sont composés d’un bracelet en métal et d’un support à griffes permettant d’y insérer la montre à gousset. Posséder une montre à gousset à cette époque est un luxe et il n’est donc pas surprenant que le support soit lui aussi un objet de prix. On trouve encore ce type d’objet d’époque à la vente sur des sites spécialisés ou des sites d’enchères mais il faut y mettre le prix (souvent plus de 1 000 euros !).
Fort heureusement, si vous ne souhaitez pas mettre ce prix, des artisans contemporains ont repris ce principe et proposent des modèles en cuir de belle facture pour des prix beaucoup plus raisonnables.
Le principe est similaire aux bracelets du début du XX° siècle. Un bracelet en cuir encadre un support métallique à griffe sur lequel vient s’insérer la montre à gousset. Il est alors même possible, comme sur une montre classique, de changer le bracelet.
D’autres modèles existent comprenant une coque en cuir dans laquelle vient se glisser la montre à gousset. Mais ces derniers modèles ne sont pas adaptés à toutes les tailles de montres à gousset : trop grosse, elle ne rentrera pas ou trop petite elle risque de s’en échapper.
Vous n’avez donc plus aucune excuse pour ne pas porter une montre à gousset au quotidien et ainsi afficher votre côté vaporiste.

jeudi 8 janvier 2026

Le T.E.S.L.A.

Note liminaire : toute ressemblance avec une marque de voiture ne serait que pure coïncidence, la dénomination de cet appareil faisant volontairement et exclusivement référence à un génie du début du XX° siècle et non à un vulgaire vendeur de voitures.
Le Transmetteur Électroacoustique à Syntonisation Liquide Achronique (ou T.E.S.L.A. pour les initiés) est un appareil de communication portable dont le rédacteur en chef du Gramophone Beuglant ne se sépare jamais lorsqu’il est en voyage. Il lui permet d’émettre et de recevoir des messages via les antennes de Nikola Tesla disséminées à travers le monde. Ces antennes fonctionnent sur le principe de  la résonance magnétique, la Terre étant l’une des plaques d’un condensateur, l’ionosphère constituant l’autre plaque.
Le module central contenant une bobine Tesla supporte d’un côté la batterie rechargeable et de l’autre le combiné de communication.
Cet appareil de transmission lui a été offert par Nikola Tesla lui-même lors d’un voyage du rédacteur en chef à Long Island aux États-Unis.