vendredi 5 novembre 2021

Naissance de la publicité au XIX° siècle

La « publicité » existe depuis l’antiquité. Des fouilles archéologiques ont permis de mettre à jour des amphores datant de 500 avant JC sur lesquelles figurait déjà une forme de publicité par la mention « Achète-moi, tu ne seras pas déçu ».

Les enseignes des échoppes du moyen âge destinées à attirer le client représentent, elles aussi, une forme de publicité. Mais la première publicité telle que nous la concevons aujourd’hui apparait pour la première fois en 1660 dans la revue le Mercurius Politicus. Il s’agissait d’une publicité pour du dentifrice.

Mais ce n’est que dans la seconde moitié du XIX° siècle, que l’on assistera à un réel essor de la publicité – qui s’appelle à l’époque « réclame » - et cela pour plusieurs raisons. La première est une timide amélioration de la liberté d’expression. La seconde, est une évolution très importante des techniques d’impression comme par exemple la chromolithographie. La troisième enfin et vraisemblablement la raison majeure, est la révolution industrielle et commerciale. Celle-ci permet de produire en plus grande quantité et voit apparaître un marché sur lequel sont proposés de nouveaux produits et qui s’appuie sur des modes de distribution nouveaux comme les grands magasins.
Dès 1836, Emile de Girardin, fonde le journal « La Presse ». Les frais de fabrication d’un journal coutant cher, il a l’idée de vendre ses pages pour l’insertion de publicités. L’abaissement du prix de vente du journal dû à l’introduction massive de publicité lui permet de gagner un nouveau lectorat. Les recettes du journal dépendent désormais plus des annonceurs que des abonnements.
En 1844, Jean-Alexis Rouchon, affichiste et imprimeur français,  dépose un brevet pour « l'application de l'impression du papier peint à l'impression en couleurs d'affiches ». Il devient ainsi l'inventeur de l'affiche en couleur et en grand format. Certaines de ses affiches pour les grands magasins font 2,70 x 2,20 m !
Jules Cheret, imprimeur parisien, va marquer de son empreinte l’histoire de la publicité en étant le premier à donner, sur une affiche, davantage d’importance à la partie figurative qu’au texte. Il imprimera des milliers d’affiches pour les théâtres et spectacles parisiens.

Les travaux entrepris par Le baron Haussmann à Paris ont, eux aussi, indirectement favorisé le développement de l’affiche. Des quartiers entiers se sont couverts de palissades, offrant à l’affiche en plein essor des surfaces très importantes. Des supports dédiés à la publicité sont alors inventés : colonne Morris, kiosques à journaux, vespasiennes, etc. Mais en plus de ces supports fixes, de nouveaux supports mobiles apparaissent comme le « fiacre réclame », l’homme sandwich et un peu plus tard le métro.
De grands artistes comme Toulouse Lautrec ou Alphonse Mucha vont mettre leur talent au service des affichistes et de la publicité.

Les grands magasins, tout comme certaines grandes marques, vont aussi distribuer des « cartes réclames » offertes massivement aux acheteurs. À côté des biens de consommation courante tels que les produits d’hygiène, les publicités vantent de nombreux services aujourd’hui disparus : chapellerie, passementerie, etc.
La publicité de cette époque est intéressante à plus d’un titre. Outre qu’elle permet d’appréhender l’évolution des techniques d’impression et de communication, elle se trouve être le reflet de la société de consommation qui vient de naître.

jeudi 21 octobre 2021

La customisation des armes Nerf

Vous avez sûrement déjà croisé des vaporistes arborant une arme cuivrée à l’aspect inquiétant. Il y a de fortes chances que cette arme fût jadis un pistolet à fléchettes en mousse de la marque Nerf. Mais pourquoi me diriez-vous ? C’est ce à quoi nous allons tenter de répondre.

Premièrement, tout le monde ne possède pas l’ingéniosité et le savoir-faire pour créer des armes esthétiques à partir de rien. Il n’est en effet pas aisé, à partir de tubes en cuivres, planches de bois et de divers éléments métalliques, d’arriver à un résultat convaincant. Il est donc intéressant de débuter en partant d’une base existante et de la modifier selon ses goûts.

De plus, certaines conventions Steampunk appliquent des règles assez strictes concernant les armes, et celles qui les acceptent demandent souvent à ce qu’elles ne ressemblent en rien à des armes réelles. Partir d’une réplique d’arme pour airsoft par exemple peut s’avérer périlleux si l’on désire l’emmener à sa prochaine convention.

C’est pourquoi de nombreux vaporistes se tournent vers des armes en jouet ou des pistolets à eau pour servir de base à leur futures créations. Elles ont en effet plusieurs avantages :
- elles sont souvent peu onéreuses, ce qui les rend accessibles au plus grand nombre, surtout si vous désirez vous fabriquer un véritable arsenal de fusils à vapeur ;
- elles sont la plupart du temps en plastique ce qui rend leur modification plus aisée. Elles se découpent très bien avec une scie à main voire avec un cutter et elles sont faciles à coller et à peindre ;
- enfin, elles sont légères car en plastique, comme dit précédemment, mais également car elles sont souvent constituées de coques vides. Ce détail devient important si vous projetez de les transporter de nombreuses heures lors de conventions.
Mais les armes Nerf sont quand même majoritaires par rapport à d’autres marques. Cela est dû, entre autres, au fait qu’elles possèdent des formes originales ce qui donnera à votre arme steampunk un look digne d’un monde parallèle. Entre les revolvers, les fusils, les armes à ressort ou à moteur, avec chargeur ou au coup par coup, il y en a pour tous les goûts. Il suffit souvent de les repeindre pour avoir déjà un fusil à vapeur convaincant. Vous pouvez ensuite y ajouter manomètres, tuyaux, rouages, etc. Les armes Nerf ne risquent pas de passer pour de vraies armes en convention, et elles sont légères à transporter. De plus, elles se démontent facilement avec un tournevis, contrairement à d’autres jouets en plastique.
Ces pistolets à fléchettes possèdent cependant quelques inconvénients. Premièrement, ils possèdent des couleurs criardes, ce qui peut devenir un problème lorsque deux pièces frottent l’une sur l’autre : la peinture peut vite s’user et laisser apparaître le plastique jaune fluo qui jurera quelque peu sur votre fusil cuivré. Si vous souhaitez que votre arme reste fonctionnelle et soit capable de projeter ses fléchettes en mousse, nous vous conseillons de choisir un modèle avec un minimum de pièces coulissantes (les fléchettes resteront cependant aux couleurs de l’arme, sauf si vous décidez d’investir dans des munitions compatibles aux couleurs plus discrètes).

Le modèle Maverick a eu beaucoup de succès grâce à son barillet rotatif et son design futuriste. Bien qu’il ne soit plus vendu par Nerf, il est toujours possible de le trouver sur internet à des prix raisonnables.

jeudi 14 octobre 2021

Le Palais de l'Illusion (suite)

Dans la grande tradition des fêtes foraines du début de XX° siècle, le Palais de l’Illusion s’est installé dans le monde magique et féérique du festival Yggdrasil Woodland.

Les reporters du Gramophone Beuglant ont installé leurs tréteaux,
Ils ont dressé leur estrade
Et tendu des calicots.
Ils ont parcouru les allées
Et donné la parade
A grand renfort d’illusions d’optique. *
Les amis du Gramophone Beuglant
L'équipe rédactionnelle du Gramophone Beuglant

* Libre interprétation de la chanson « Les comédiens » de Charles Aznavour

jeudi 7 octobre 2021

Yggdrasil Woodland 2021 : le film

De retour du monde merveilleux d'Yggdrasil Woodland, les reporters du Gramophone Beuglant n'en sont pas revenus les mains vides. En plus des daguerréotypes parus dans notre précédent article, ils ont aussi rapportés d'étrange images animées appelées "cinématographe".

Moteur !


 


jeudi 30 septembre 2021

Retour sur le festival Yggdrasil Woodland 2021

Informés par un chapelier ayant souhaité garder l’anonymat qu’un monde parallèle allait rentrer en contact avec le nôtre et qu’un passage entre les deux allait s’ouvrir pendant deux jours, les valeureux reporters du Gramophone Beuglant ne pouvaient que se rendre sur place pour constater de visu ce phénomène.

Voici les premières images de ce monde étrange et féérique…

Notre informateur a oublié ses chapeaux !

Une valeureuse équipe de vaporistes

Deux intrépides voyageurs prêts à embarquer




Ce monde est peuplé de très étranges créatures...






mercredi 22 septembre 2021

Le Palais de l'Illusion

Dans la plus pure tradition des fêtes foraines de ce début de XX° siècle, venez découvrir la dernière création du Gramophone Beuglant : Le Palais de l’Illusion !

Osez pénétrer dans le monde fascinant des illusions où vos sens seront troublés. Cet univers perturbera les plus téméraires d’entre vous et vous rappellera que rien n’est véritablement comme il semble l’être !

Attraction pour toute la famille.
Du 25 au 26 septembre 2021 à Yggdrasil Woodland (Lyon)
https://www.yggdrasil-lyon.fr/

jeudi 16 septembre 2021

La valise bureau

L’actualité n’attend pas ! Cette phrase, martelée par le Rédacteur en Chef du Gramophone Beuglant, a servi d’inspiration pour la création de ce bureau nomade.

Afin de permettre à ses reporters d’être présents sur tous les fronts de l’actualité de cette fin de XIX° siècle, Gustave Boileau a eu l’idée d’inventer ce bureau nomade dissimulé dans une valise.

Pratique et discret, ce bureau sait se faire oublier durant les voyages mais devient opérationnel en quelques secondes. Il suffit d’ouvrir la valise pour retrouver un espace de travail similaire à celui disponible à la rédaction : machine à écrire Remington portable dernier cri, horloge, tableau d’affichage, porte-plume et encrier, tiroirs et pochette de rangement, agenda, jumelles, sans oublier la flasque propre à réconforter l’intrépide reporter !
Médaille d’or du Salon des Invention de la Presse à l’Exposition Universelle de 1900, cette valise accompagne chaque reporter qui part en mission, que ce soit à l’autre bout du monde ou en France métropolitaine.

vendredi 10 septembre 2021

Le mystère du Cinéorama

Le Cinéorama était une attraction de l'Exposition Universelle de 1900 qui s’est tenue à Paris. Il consistait, dans une salle de 30m de diamètre, en une projection cinématographique sur écran circulaire balayé par dix projecteurs synchronisés. Ce système fut breveté en 1897 - soit trois ans avant l'exposition - par un français, M. Raoul Grimoin-Sanson.

Les spectateurs montaient dans une nacelle représentant celle d'une montgolfière (mais d’une capacité de 200 personnes !) et admiraient le paysage d'un vol en ballon partant des Tuileries, offrant ainsi la première vue aérienne panoramique de la capitale. Cette attraction figure sur les plans de l'Exposition Universelle non loin de la tour Eiffel et du "Maréorama".

On la trouve aussi sur de nombreuses affiches et dans la presse de l'époque qui rapporte qu'elle attira une telle foule qu’elle dut être interrompue au bout de trois jours d’exploitation pour des raisons de sécurité. Une chaleur étouffante due au fonctionnement des dix projecteurs et le risque d'incendie des pellicules en nitrate de cellulose (Cf. l'incendie du bazar de la charité) aurait incité le propriétaire à fermer l'attraction.

Mais un mystère plane encore sur cette attraction. A-t-elle jamais existé ? Il n'y a peut-être jamais eu de projection publique ! C’est l’idée soutenue par Jean-Jacques Meusy, historien français spécialisé dans l'histoire de l'exploitation du cinéma en France. Si l'idée d'une projection circulaire par 10 projecteurs simultanés était séduisante, sa mise en œuvre fut, semble-t-il passablement compliquée. Les dix films nécessaires au fonctionnement de cette attraction furent tournés. Mais outre le fait qu'il était impossible de faire défiler les projecteurs exactement à la même vitesse avec les techniques de l'époque, le calage des images les unes par rapport aux autres afin d'obtenir une seule et unique image circulaire fut lui aussi impossible à obtenir.

Mais alors, quid des articles de presse rendant compte des séances ? Il semblerait qu'il soit s'agit de descriptions imaginaires transmises à la presse par le gestionnaire de l'attraction. Un autre élément accréditant cette thèse fut la mise en liquidation judiciaire de la société française du Cinéorama le 18 août 1900.

Le Cinéorama, qu'il ait réellement fonctionné ou non, restera, de par sa conception, le premier des procédés de cinéma projetant des images à 360°.


vendredi 3 septembre 2021

Le musée des commerces d'autrefois

Une machine à remonter le temps est installée à Rochefort (Charentes Maritimes) !

Pour y pénétrer, il suffit de pousser la porte du Musée des Commerces d’Autrefois. Commence alors une étonnante visite parmi de nombreuses boutiques et échoppes d’artisans du début du XX° siècle.

Du bar à l’épicerie, de l'échoppe du boucher à l’apothicaire, de la boutique du coiffeur à celle du chapelier, tout ici a été minutieusement reconstitué à l’identique avec ses produits, ses enseignes, ses premières réclames…

Dans un ancien entrepôt de plus de 1000m² vous arpenterez les rues pavées au milieu des commerces et artisans d’un village de la Belle Époque. C’est une tranche de vie de 1900 qui s’offre à vos yeux. On regrette de ne pas y rencontrer l’apothicaire derrière son comptoir pour se faire concocter un remède, de pouvoir s’assoir au bar pour commander une absinthe ou de se faire tirer le portrait dans l'atelier du photographe !

Le Musée des Commerces d’Autrefois
12 rue René Lesson
17300 ROCHEFORT 

jeudi 26 août 2021

Retour sur les jeux olympiques… de 1900 !

Outre l’Exposition Universelle, Paris accueillit en 1900 les jeux de la deuxième olympiade. Ceux-ci se déroulèrent du 14 mai au 28 octobre soit sur plus de cinq mois !

Il fallut toute l’énergie de Pierre de Coubertin pour que ces jeux se déroulent à Paris. En effet, en 1894 lors du premier congrès olympique, il est décidé que les jeux olympiques seront rétablis la première fois à Athènes en 1896, et la seconde fois en 1900 à Paris. Il est aussi acté qu’ils auront ensuite lieu tous les quatre ans dans d’autres villes du monde. Mais en 1896, à l’issue des premiers jeux, Athènes, ville hôte de la première olympiade souhaite rester la ville organisatrice de tous les jeux olympiques à venir... avant de se rendre compte que ce sera financièrement impossible !

Ce projet est soutenu par le gouvernement de la troisième république qui met sur le compte de la mauvaise condition physique des Français la défaite lors de la guerre franco-allemande de 1900. Rappelons que l’éducation physique devient obligatoire en France à l’école en 1882.

Si économiquement, organiser les secondes olympiades durant l'Exposition Unverselle peut avoir un certain attrait puisqu’elles bénéficieront des subventions dévolues à cet évènement, étaler les compétitions sur cinq mois et les éparpiller parmi d’autres compétitions annuelles ne s’avère pas un choix judicieux. Il est alors compliqué de faire la différence entre un médaillé olympique et un médaillé d’une épreuve annuelle… surtout que le principe des médailles d’or, d’argent et de bronze n’apparaîtra qu’aux jeux olympiques de 1904. C’est donc à posteriori que le classement des athlètes de chaque épreuve sera fait. En 1900, des œuvres d’art ou des prix en espèces sont remis aux meilleurs athlètes ainsi que médailles et plaquettes.

Jury du mach de baseball

Ces jeux n’attireront que peu de spectateurs car ils ne font pas l’objet de promotion. Il n’y a ni cérémonie d’ouverture ni de clôture. Il n’existe même pas d’affiche officielle, chaque discipline faisant sa propre communication. Ces seconds jeux ne s’appellent d’ailleurs pas encore jeux olympiques mais « Concours internationaux physiques et de sports ».

Pourtant, 24 nations représentées par 1000 athlètes (le chiffre est incertain) dont 22 femmes vont s’affronter dans diverses disciplines. Aux disciplines « classiques » comme l’athlétisme, l’aviron, le cyclisme, l’escrime, l’équitation, etc., on trouve des épreuves de croquet, de pelote basque ou de tir à la corde ! Il y aura au total 95 épreuves représentant 19 sports différents.

L'épreuve de tir à la corde

Ce sera la seule et unique fois où la France arrivera en tête du classement des médailles. Il faut dire que la délégation française représente environ la moitié des athlètes...

La Britannique Charlotte Cooper devient la première championne olympique de tennis. L’Américaine Margaret Abbott s’impose de son côté en golf. Parallèlement, des équipes mixtes de voile, équitation et croquet sont aussi créées.

Margaret Abott

L’histoire retiendra de ces seconds jeux un côté brouillon, un manque de communication, la première participation des femmes et surtout l’ombre faite sur ceux-ci par l’Exposition Universelle. L’édition suivante des jeux Olympique se déroulera une nouvelle (et dernière !) fois simultanément avec une exposition universelle (celle de Saint Louis aux Etats Unis).

Plan des différents sites