jeudi 8 juillet 2021

Retour sur l'Yggdrasil Summer Market

Le 3 et 4 juillet 2021 s’est déroulé sur l’hippodrome de Parilly à Bron (69) le premier Yggdrasil Summer Market. Une des premières occasions pour les artisans et créateurs de retrouver leur public et pour les troupes de ressortir leurs costumes !

Malgré une météo capricieuse, cet évènement fut un réel succès tant pour les artisans que pour les troupes.

De retour à la Rédaction, l'équipe du Gramophone Beuglant a juste eu le temps de faire développer ces quelques clichés pour vous conter, en images, l'Yggdrasil Summer Market... A suivre !

Le briefing des troupes samedi matin


Mode de déplacement doux !

Le combat du bien et du mal



Gildas Blueford au marché des artisans








jeudi 1 juillet 2021

L'Yggdrasil Summer Market

Le 3 et 4 juillet 2021 se tiendra sur l'hippodrome de Parilly à Bron près de Lyon l'Yggdrasil Summer Market.

L'Yggdrasil Summer Marke,t c'est un marché pour retrouver vos artisans et créateurs favoris et une partie Animation dans le Parc de Parilly pour partir à la rencontre des troupes dont le Gramophone Beuglant ! L'occasion idéale pour (re)sortir vos costumes !



vendredi 18 juin 2021

Retour d'expédition : le bébé Kraken

De retour d’une expédition périlleuse pour le compte du Museum d’Histoire Naturelle de Plakovie trans-orientale, Gildas Blueford nous rapporte un spécimen de bébé Kraken.

Cet individu, originellement destiné à compléter la célèbre collection de cryptozoologie du Museum d’Histoire Naturelle de Plakovie trans-orientale, a finalement rejoint le cabinet de curiosités de l’intrépide explorateur suite à une divergence de vue quant aux droits de découverte de cet animal.


D’après les marins l’ayant côtoyé, le Kraken adulte ne serait pas aussi grand qu’on pourrait le croire. Sir Mac Loren, le célèbre biologiste marin accompagnant Gildas Blueford dans cette mission, qui  laissa son avant-bras en tentant de soustraire ce bébé Kraken à sa mère,  le confirme. Cela prouve aussi s’il était besoin, l’amour maternel des Kraken pour leur descendance.

(Returning from a perilous expedition on behalf of the Museum of Natural History of Trans-Eastern Plakovia, Gildas Blueford brings us a specimen of a baby Kraken.)

vendredi 11 juin 2021

Albert ROBIDA

Si le grand public connaît les romans d’anticipation de Jules Verne, peu de personnes connaissent la trilogie d’anticipation d’Albert Robida qui date pourtant de la même époque et dont les thèmes sont similaires.

Albert Robida (1848-1926), illustrateur, caricaturiste, graveur, journaliste et romancier français, a été, tout comme Jules Verne, l'un des précurseurs de la science-fiction et du merveilleux scientifique.

Dans ses trois romans, « Le vingtième siècle » (1883), « La guerre au vingtième siècle » (1887) et « Le vingtième siècle. La vie électrique » (1891-1892) il décrit la vie dans la seconde moitié du XX° siècle, fort différente de celle de ses lecteurs en 1883 !

Dans le roman « Le vingtième siècle » Albert Robida décrit la vie quotidienne des Parisiens dans les années 1950 et les nombreuses inventions qui ont révolutionné les moyens de communication et les transports.

Parmi les inventions qu’il décrit, citons, entre-autre, le "téléphonoscope" qui préfigure à la fois la télévision et l'Internet. L’appareil permet la visiophonie mais aussi la possibilité de regarder les dernières informations à toute heure du jour et de la nuit ou bien des pièces de théâtre. L’appareil est constitué d’un écran de verre que l’on accroche au mur comme un tableau. Comme aujourd’hui, cet appareil est couramment appelé « télé » !

La société qu’il décrit est aussi une société à l’intérieur de laquelle les femmes sont émancipées et accèdent à tous les postes à responsabilité. Grâce à l'information présente dans chaque foyer, les transports facilités, la vie domestique allégée par l'apparition de la cuisine industrielle, la femme se libère et accède alors aux postes de pouvoir. Les moyens de transport sont constitués d’aéronefs individuels mais aussi d’un train-tube électro-pneumatique qui n’est pas sans rappeler l’hyperloop d’Elon Musk.

Même l’alimentation n’échappe pas aux visions d’Albert Robida qui imagine une usine – la Grande Compagnie d’Alimentation – qui nourrit directement les parisiens à leur domicile via un réseau de conduites similaires aux conduites d’eau potable.

« La guerre au vingtième siècle » se déroule en 1945 (!) alors que la France vient de déclarer la guerre à un pays inconnu. Il y décrit des armes de guerre inédites tels que des blockhaus roulants ou bien des attaques bactériologiques.

Enfin, « Le vingtième siècle. La vie électrique » qui se déroule en 1955 à la fin du roman « Le vingtième siècle » est un éloge à l’électricité qui a permis des progrès dans tous les domaines de la vie quotidienne mais il porte aussi un regard critique sur les effets néfastes engendrés par le progrès et l’industrialisation,  comme par exemple la pollution ou le surmenage des urbains. 

Le lien entre Albert Robida et Jules Verne ne s’arrête pas là. Albert Robida ira même jusqu’à écrire « Voyages très extraordinaires de Saturnin Farandoul », un roman parodiant les voyages extraordinaires de Jules Verne, où son héros rencontre un grand nombre de personnages créés par Jules Verne comme le capitaine Némo, Philéas Fogg ou Michel Strogoff.

Des œuvres d'un visionnaire humaniste à redécouvrir !

Albert ROBIDA à l'exposition universelle de 1900

jeudi 3 juin 2021

Le dirigeable du Gramophone Beuglant

Afin d’être plus rapidement sur les lieux de l’actualité Steampunk, les reporters du Gramophone Beuglant avaient besoin d’un moyen de transport moderne, confortable et rapide. Tout droit sorti des ateliers du Gramophone Beuglant, voici les images inédites du premier vol d’essai du dirigeable aux couleurs du journal.




(In order to get to the Steampunk scene more quickly, the reporters at The Gramophone Beuglant needed modern, comfortable and fast transportation. Straight out of the Gramophone Beuglant  workshops, here are the unpublished images of the first test flight of the airship in the colors of the newspaper.)


jeudi 27 mai 2021

La musique en streaming… en 1895

Juste après l’invention du téléphone par Graham Bell et du gramophone par Berliner, et reprenant le succès du Théatrophone, le Gramophone Beuglant invente… la musique en streaming !



jeudi 20 mai 2021

Metropolis : film Steampunk ?

Lors de sa sortie en 1927, le film Metropolis de Fritz Lang était sans contestation possible un film de science-fiction. S’il sortait en salle aujourd’hui, pourrait-on le considérer comme une œuvre Steampunk ? La réponse est clairement positive.


Sur le fond, le film décrit une mégapole dystopique dans laquelle vit une société divisée en une ville haute où vivent dans l’oisiveté les familles dirigeantes, et une ville basse où s’entassent les ouvriers qui font fonctionner la ville. Le cœur de cette ville est une énorme machine à vapeur qui fait tourner l’ensemble des rouages de la cité grâce au travail laborieux des ouvriers de la ville basse qui passent leur temps à surveiller des écrans bardés de manomètres. D’immenses cheminées en recrachent la vapeur, maintenant une pression acceptable (analogie avec la pression des ouvriers).


Sur la forme, l’esthétique du film recèle de nombreux plans que l’on considère aujourd’hui comme des codes du mouvement Steampunk. Tout d’abord la machine à vapeur faite de métal boulonné et crachant ses jets de vapeur. Ensuite, une des séquences les plus connues du film représente un homme qui, pendant toute la durée de son travail, tente de faire correspondre les gigantesques aiguilles d’une horloge sur les lumières qui apparaissent. Quelques plans de rouages ou de véhicules ajoutent à cet esthétique Steampunk, sans oublier l’androïde féminin, icône du film.


Ce film fut un échec critique et commercial à sa sortie (il était à l’époque le film le plus cher jamais réalisé). Il ne sera réhabilité que durant la seconde moitié du XX° siècle en accédant au statut de chef-d'œuvre majeur de l'histoire du septième art et en devenant de nos jours une source d’influence dans la culture populaire. Une œuvre magistrale d’une rare modernité inscrite sur le registre international Mémoire du Monde de l’UNESCO en 2001.


Metropolis de Fritz Lang (1927)

jeudi 13 mai 2021

L'hygiène en 1900

Si le XIX° siècle est synonyme de révolution industrielle, il est aussi, et c’est un peu moins connu, synonyme de révolution en matière d’hygiène publique et personnelle.

Au cours des siècles qui précèdent le XIX°, l’hygiène n’est pas une priorité. Les rues des villes sont jonchées de déchets et les rats pullulent. L’eau est, pense-t-on, vecteur de maladie et on lui préfère une toilette « sèche », parfum et maquillage étant là pour masquer les odeurs.

Le XIX° siècle va voir la démocratisation de la salle de bain et de l’hygiène personnelle, aidée en cela par les progrès technologiques qui permettent d’apporter eau courante et gaz dans les maisons. Le développement des réseaux d’eau dans les grandes villes et en parallèle celui du réseau d’assainissement à la fin du XIX° siècle vont faire de l’eau un bien de consommation courante et un facteur de progrès avec une répercussion directe sur l’hygiène corporelle.

Un fossé va alors se creuser entre l’habitat des villes, doté de l’eau, de l’assainissement et du gaz qui autorise la lumière et le chauffage, et l’habitat rural. Toutefois, la salle de bain restera pendant encore longtemps l’apanage des classes aisées. Les moins aisées se lavent avec une bassine installée dans la cuisine pour profiter d'un peu de chaleur. C’est la bourgeoisie montante qui influence cette nouvelle tendance. C’est aussi à cette époque que nous constatons une transition vers une hygiène individuelle dans un lieu clos. Jusqu’alors, les étuves étaient collectives et Louis XIV faisait ses besoins devant ses courtisans.

La baignoire du XIX° siècle est mobile. On l’installe dans la chambre, souvent près de la cheminée, et la femme de ménage ou les porteurs d’eau la remplissent d’eau chaude, s’éclipsent, puis la vident dans la cour après le bain. Elle ne dispose pas encore de robinets et d’une évacuation.

La révolution industrielle qui autorise désormais la fabrication de savon en très grande quantité grâce à la mise au point de nouveaux procédés de fabrication, va aussi porter cette évolution. C’est la naissance des premières grandes campagnes d’affichage pour le savon.

Les travaux de Louis Pasteur qui démontrent l’existence des microbes proliférant sur un terrain non hygiénique vont aussi favoriser la propreté qui permettrait d’éradiquer certaines maladies. Il met aussi en lumière la nécessité de traiter l’eau avant de la distribuer à la population afin de la rendre potable. Les médecins appuient ce discours hygiéniste auprès de la population.

À la fin du XIX° siècle, la révolution sanitaire est en marche. Les deux dernières épidémies de choléra datent de la première moitié du XIX° siècle et elles deviennent de plus en plus rares. Les mesures d’asepsie se généralisent. La durée de vie augmente tandis que la mortalité infantile est en baisse.

En 1883, Jules Ferry, ministre de l’Instruction publique et promoteur de l’école publique gratuite et obligatoire, supprime la leçon de catéchisme pour lui substituer celle d’hygiène corporelle, qui intègre ainsi très officiellement les programmes scolaires.

Le XIX° siècle remet donc l’eau au centre de l’hygiène, elle qui avait été bannie par l’Église qui voyait en elle un vecteur de maladie en dilatant les pores de la peau, mais aussi de luxure et de plaisir au travers des étuves. Les établissements de « bain douches » se multiplient partout en France à l’initiative des municipalités mais aussi d’entreprises paternalistes soucieuses de mettre à disposition de leurs ouvriers des lieux dédiés à la propreté. Il faut dire qu’en 1850, les français ne prennent en moyenne un bain que tous les deux ans !

À la fin du XIXe siècle, l’hygiène est rentrée dans les mœurs puisque lors de l’exposition universelle de Paris en 1889, elle aura même son propre palais sur l’esplanade des invalides.



jeudi 6 mai 2021

Une tablette de chocolat de 1900 découverte en 2021 !

Une tablette de chocolat datant de 1900 vient d’être retrouvée dans le grenier d’un ancien soldat de l’armée britannique, dans la demeure familiale, à Oxburgh Hall. Le baronnet Henry Edward Patson-Bedinfeld était l'un de ces soldats et la tablette était conservée dans son casque, avec son emballage d’origine.

Cette tablette de chocolat faisait partie des 100 000 pièces commandées par la reine Victoria et offertes aux troupes combattant durant la seconde guerre des Boers en Afrique du sud de 1899 à 1902. Elle était destinée à remonter le moral des troupes.
Le baronnet Henry Edward Patson-Bedinfeld

Ces chocolats ont été produits par les géants britanniques du chocolat Cadbury, Fry et Rowntree. Les boîtes, sur lesquelles étaient inscrits des messages de la reine, contenaient chacune une demi-livre de chocolat, selon le National Trust.

La tablette est désormais enveloppée dans un tissu et a été placé dans une pièce avec une température et une humidité stables afin de le préserver encore 100 ans, a affirmé la conservatrice du National Trust for Places of Historic Interest, une association à but non lucratif britannique fondée dans le but de conserver et de mettre en valeur des monuments et des sites d'intérêt collectif.

La tablette telle que retrouvée en 2021 : le chocolat a blanchi

jeudi 29 avril 2021

Le musée Méliès

Le musée de la Cinémathèque de Paris a fermé ses portes en 2020 pour travaux. Il devait ouvrir en janvier 2021 mais la crise sanitaire en a décidé autrement. Lorsque les conditions le permettront, il rouvrira et deviendra alors le musée Méliès !

Grâce à sa collection unique au monde d’archives diverses (dessins, photographies, documents), de maquettes et de costumes réunis par son fondateur Henri Langlois, la Cinémathèque rend hommage à Georges Méliès.

On pourra y découvrir de nombreux objets tels qu’accessoires de magie et de prestidigitation (n’oublions pas que Georges Méliès était un magicien), fantasmagories, lanternes magiques, jouets d’optiques mais aussi les premiers appareils de cinématographie tels que le Kinétoscope de Thomas Edison, le Cinématographe des frères Lumière, la première caméra et le premier projecteur de Méliès, etc.

L’entrée dans le monde magique de Méliès se fait au travers du théâtre de Robert-Houdin et à la découverte du cinématographe avant de pénétrer dans l’espace du studio de Montreuil. Des affiches, programmes, pièces d’archives, dessins, costumes et projections permettent d’évoquer divers films de Méliès dont le célèbre voyage dans la lune.

Une immersion recommandée à tous les cinéphiles et aux amoureux de Méliès !

Musée Georges Méliès
Cinémathèque
Paris

jeudi 22 avril 2021

Hugo Cabret

Hugo Cabret est un magnifique hommage rendu par Martin Scorcese à Georges Méliès.

Visuellement, le film est magnifique avec une esthétique très steampunk même si l’histoire se déroule en 1931. On y trouve l’univers de la gare, des horloges, des automates… L’évocation de l’ère machiniste et industrielle de ce début de siècle est particulièrement réussie avec les énormes rouages des diverses horloges, les locomotives, mais aussi la finesse de l’automate dessinateur, vedette du film.

Un énorme travail a été réalisé sur les décors (le hall de gare, les rails, les quais, les boutiques ont été recréés sans trucage numérique) mais aussi sur la lumière (tantôt bleutée tantôt plus chaude) afin de recréer un Paris de carte postale très proche du début du XX° siècle.

Georges Méliès, incarné par un excellent Ben Kingsley surprenant de mimétisme, y apparaît dans la plus dure des époques de sa vie où il tenait une boutique de jouets dans la gare Montparnasse. Il est alors oublié de tous, aigri par la vie mais sa rencontre avec Hugo, remonteur d’horloge, permet au spectateur de renouer avec la période de sa vie la plus heureuse.

Ambiance, décor, histoire, personnage... Tout dans ce conte est un enchantement visuel ! Au travers de ce film, Martin Scorcese déclare son amour pour Méliès et nous fait revivre cette époque où le cinéma inventait les trucages et les techniques que nous connaissons aujourd’hui. Un magnifique hommage pour tous les cinéphiles mais aussi pour les amateurs de ce début de siècle.

Synopsis : Paris, 1931. Hugo Cabret est un orphelin de douze ans dont le père, horloger, vient de mourir. Alors qu'il vit dans une gare parisienne, le jeune garçon tente d'achever l'automate que son père avait commencé avant sa mort…

Hugo Cabret de Martin Scorcese (2011)

jeudi 15 avril 2021

Les trucages au cinéma en 1905

En 1908, le célèbre fabricant d’extrait de viande Liebig propose aux acheteurs de ses produits de collectionner une série de cartes postales intitulée « Les trucs du cinéma ». Si ces cartes naïves dévoilant les premiers trucages du cinéma peuvent aujourd’hui faire sourire, il faut les replacer dans leur époque. Nous sommes en effet en 1905 et la première séance de cinéma a moins de 10 ans ! Si de nombreuses personnes achètent des produits Liebig, toutes n’ont pas encore assisté à une projection de cinématographe.

Georges Méliès est furieux à l’encontre de cette publication, elle-même issue d’un article de presse de la même année dans la revue L’Illustration qui détaille les trucages du cinématographe. Il explique que divulguer ces secrets anéanti les illusions qu’il a mis tant de temps à préparer et que le public refusera alors de s’émouvoir. Cette réaction n’est guère surprenante venant de la part d’un magicien qui refuse de dévoiler ses « trucs ».

Catastrophe de chemin de fer
Le truc est très simple. Tant le train que le décor sont des miniatures soigneusement réalisées.

Rêve de Trottin
Cette jeune fille voit dans le couvercle de son panier un groupe de danseuses. En fait, le couvercle correspond à un trou dans le décor de fond qui est peint sur une toile.  Les ballerines sont filmées sur un fond noir à travers ce trou, ce que l’on voit sur la partie droite de la carte postale.
La dextérité d’un monte-en-l’air
Allongé sur le sol, le cambrioleur rampe sur un décor représentant la façade d’un immeuble. La caméra est penchée de manière à simuler un plan vertical. Lors de la projection, l’image est remise dans le bon sens afin que l’immeuble apparaisse vertical.
La sirène
Comme pour le truc précédent, l’actrice fait semblant de nager alors qu’elle est allongée sur une toile peinte. Ces images pourront être superposées à une pellicule impressionnée par des vues de poissons dans un aquarium pour donner l'illusion que la sirène évolue dans la mer au milieu des poissons.
La fuite des potirons
À l’image, les spectateurs verront les potirons sauter de la charrette, remonter la rue en pente et rentrer par la fenêtre. La scène tournée est en fait celle de potirons jetés par la fenêtre dans une rue en pente, l’homme courant à reculons. En projetant le film à l’envers, l’illusion des potirons fuyant de la charrette sera parfaite !
L’accident d’automobile
Un acteur ayant perdu ses jambes est utilisé pour jouer l’accidenté. On lui fixe des fausses jambes sur lesquelles la voiture va pouvoir rouler. Après un arrêt de la caméra, on remplace l’acteur par un acteur valide habillé de manière identique. On redémarre la caméra et ce nouvel acteur est filmé se levant et se mettant à courir !

jeudi 8 avril 2021

Le génie Méliès

Si les frères Lumière ont inventé le cinéma et Pathé et Gaumont l’industrie du cinéma, Georges Méliès a, quant à lui, inventé le spectacle de cinéma !

Né dans une riche famille ayant fait fortune dans l’industrie de la chaussure, il aurait pu se contenter d’une vie de rentier, mais il n’a pas vocation à poursuivre dans cette voie. Lors d’un séjour en Angleterre, il va découvrir sa véritable passion : la magie !

De retour à Paris, il va décider de vivre de son art. Avec l’héritage de son père, il achète le théâtre Robert Houdin, temple de la magie, situé non loin du Grand Café où aura lieu la première projection de cinéma de l’histoire. Il se passionne pour certaines nouvelles technologies comme le théâtre optique d’Émile Reynaud.

Il assistera en 1995 à la première projection de cinéma mais se verra opposer par les frères Lumière un refus pour l’acquisition de cette nouvelle machine. Sans se décourager, Georges Méliès achète à Londres un Theatrotograph et débute la projection de films. Puis, aidé par Lucien Reulos et l’ingénieur Korsten, il fabrique un appareil de prises de vue baptisé Kinetograph. À l’aide cet appareil, il tourne le 10 juin 1896 son premier film dans la propriété familiale à Montreuil.

Le studio de Montreuil
De nombreux autres suivront. Le 22 mars 1897, il inaugure son premier studio de cinéma entièrement vitré, le plus perfectionné au monde à l’époque.  Méliès n’arrête pas de tourner et découvre toutes les possibilités de sa caméra et notamment les trucages de toutes sortes : utilisation de fonds noirs, utilisation de l’arrêt de la caméra, utilisation de la surimpression, trompe-l’œil (n’oublions pas que George Méliès possède un réel talent de dessinateur), etc. Si Méliès filme quelques drames historiques comme l’Affaire Dreyfus, les fééries sont sa spécialité.

Le cinéma offre à Méliès la possibilité de réaliser des trucages qu’il ne peut pas faire sur scène dans son théâtre de magie : les corps découpés, les têtes détachées qui continuent de vivre, etc.

Les chefs-d’œuvre vont se succéder jusqu’aux années 1904/1905. Mais à cette date, le cinéma arrive à un tournant de son histoire : il commence à s’industrialiser. Et Méliès n’est qu’un artisan du cinéma. En près de deux décennies, il produira plus de 500 films qui sont distribués internationalement, notamment grâce à sa succursale de New York.

En effet, ,avec l’aide de son frère Gaston il tentera de partir à l’assaut du marché américain en créant sur ce territoire la « Star Film ». Il y découvrira que le piratage de ses œuvres est généralisé. Il ne peut rivaliser avec les sociétés de production américaines et arrêtera définitivement de réaliser des films en 1913, année du décès de son épouse. En 1923, poursuivi par les créanciers, il cède le stock des négatifs à un récupérateur pour en extraire le celluloïd et, dans un geste de colère, il détruira les films qu’il possède encore dans son studio de Montreuil.

Il transformera alors son studio en théâtre et produira de nombreux spectacles jusqu’en 1925. Cette année-là, il se remariera avec Jehanne d’Alcy l’une de ses anciennes actrices qui tient une échoppe de jouets et de bonbons à la gare Montparnasse.

L'échoppe de la gare Montparnasse

Cette partie de la vie de Georges Méliès est évoquée dans le film "Hugo Cabret". Et c'’est là, dans cette échoppe de la gare Montparnasse qu’il va être redécouvert. En effet, selon la légende, en 1926, un cafetier passe devant la boutique et salue Méliès à haute voix. Léon Druhot, alors directeur du Ciné-Journal, se trouve sur place. Lui qui pensait Méliès mort depuis belle lurette n’en croit pas ses oreilles. Il l’interpelle : “Seriez-vous parent avec Georges Méliès qui faisait du cinéma avant-guerre ?” – “Mais c’est moi-même”. Druhot écrit alors une série de sept articles intitulés “En marge de l’histoire du cinématographe” qui paraissent dans son journal. La génération d’après-guerre peut ainsi redécouvrir l’œuvre de Méliès.

La profession ne l'a pas non plus totalement oublié puisqu'il est nommé en 1926 premier membre d’honneur de la Chambre syndicale de la Cinématographie. Le 16 décembre 1929, quelques-uns de ses films sortis des greniers sont projetés à la salle Pleyel lors d’un gala en son honneur. Puis en mars 1931, Méliès est reconnu par la profession, avec Louis Lumière, comme “l’un des deux piliers du cinéma français”. Il recevra la Légion d’Honneur le 22 octobre 1931.

Nous sommes en 1932. La boutique de jouets n’est plus rentable. Georges Méliès, sa femme et sa petite-fille sont accueillis au château d’Orly, propriété de la Mutuelle du Cinéma, où des retraités du cinéma peuvent couler des jours heureux. Il décèdera le 31 janvier 1938.

Comble de l’ironie, c’est grâce aux nombreuses copies pirates de ses films que nous pouvons aujourd’hui visionner ses chefs-d’œuvre !

La légende veut que Georges Méliès soit le découvreur du procédé de la caméra arrêtée. Il aurait découvert ce procédé en filmant une voiture hippomobile. La caméra se serait bloquée, et lorsqu’elle se serait débloquée, il aurait continué à filmer ; mais la voiture s’étant éloignée, ce serait un corbillard qui serait alors passé devant l’objectif. En développant la pellicule et en la visionnant, on aurait eu l’impression que la voiture hippomobile s’était transformée en corbillard.

La légende est belle, mais il ne s’agit vraisemblablement que d’une légende que Méliès ne démentit pas. En réalité, ce procédé aurait été utilisé dès 1895 par des opérateurs de Thomas Edison pour le film « L’exécution de Mary, reine des écossais ». Georges Méliès avait probablement dû voir ce film lors de son séjour à Londres, à moins qu'il ne l'ait acquis.