vendredi 8 septembre 2023

La fête du Chapelier

Pour la seconde édition de la Fête du Chapelier, la rédaction du Gramophone Beuglant avait dépêché ses meilleurs reporters afin qu’ils tentent de pénétrer ce monde parallèle et vous fasse revivre ce week-end au travers de quelques daguerréotypes choisis.

N’écoutant que leur courage et leur devoir, c’est sous un soleil de plomb que nos vaillants reporters ont arpenté les allées du Festival, allant à la rencontre de quelques personnages emblématiques et un peu steampunk sans oublier de « beugler » les nouvelles du jour.
Combat aux épées enflammées
Une bien belle famille vaporiste !
Vaporiste lourdement armé !
Petit dragon croisé au détour d'une allée...
Le Gramophone Beuglant beugle les nouvelles du jour.
La sortie dominicale de Vinaigrette
Attention au dragon !
Les deux chapeliers en bonne compagnie !

jeudi 31 août 2023

La fête du Chapelier

Le week-end prochain, la rédaction du Gramophone Beuglant vous invite à la rejoindre à Bron (Rhône) dans les rêves du Chapelier d’Alice au Pays des Merveilles.
La Fête du Chapelier est un festival des mondes de l'Imaginaire, qui vous propose une immersion dans les rêves du Chapelier de Alice au Pays des Merveilles. Subtil mélange d'animations et de stands d'artisans-créateurs, l'histoire que vous êtes invités à vivre est une histoire collaborative de type "immersive". Votre mission : réveiller le Chapelier Fou et vous promener dans ses rêves pour retrouver ses "souvenirs".

Une fois ces souvenirs récoltés, vous pourrez les remettre à la compagnie des lapins blancs qui vous les échangeront contre des goodies exclusifs du festival.

Une nouvelle occasion de croiser la rédaction du Gramophone Beuglant en plein reportage !

jeudi 24 août 2023

The old operating theater

Si vos pas de vaporistes vous transportent un jour jusqu’à Londres, nous vous recommandons la visite du « Old operating theater ».

Doté d’une discrète entrée donnant sur un minuscule escalier en colimaçon, ce dernier vous donnera accès au plus vieil amphithéâtre de dissection d’Europe où se sont pratiquées devant des étudiants les premières chirurgies et dissections de l’époque victorienne. Il fut créé suite à une loi de 1822 obligeant alors les apprentis apothicaires à assister à des opérations publiques.
Ce bloc opératoire, situé dans le grenier de l’ancien hôpital Saint Thomas, permet de se replonger dans l’univers médical du XIX° siècle avant l’invention de l’anesthésie et des antiseptiques. À l’époque, les chirurgiens ne connaissant pas l’anesthésie, ils pouvaient pratiquer une amputation en une minute ou moins afin de limiter les souffrances des patients ! Ils utilisaient aussi de l’alcool ou des opiacés pour émousser les sens du malheureux.
L'amphithéâtre de dissection
À côté, dans une pièce mansardée, se trouve la réserve d’herbes et d'ingrédients et une grande table utilisée par l’apothicaire de l’hôpital pour la préparation de remèdes.
La mansarde aux herbes
Des instruments chirurgicaux d’époque utilisés pour les saignées, trépanations ou accouchements, principales interventions chirurgicales alors pratiquées, des bocaux divers et variés, des gravures d’amputation donnent à ce musée une atmosphère particulière et un peu perturbante. Une chose est sûre, pour une fois vous ne serez pas nostalgique de l’époque victorienne !
Instruments d'amputation
Old operating theater
9a St Thomas St, London SE1 9RY, Royaume-Uni

jeudi 17 août 2023

Non, les frères Lumières n’ont pas inventé le Cinématographe !

L’histoire a retenu que le cinématographe a été inventé en 1895 par les frères Lumières. Ce n’est pas faux… mais pas tout à fait juste non plus. Cette invention arrive après de nombreuses autres dont celle du Kinétographe (l’appareil de prise de vues) et du Kinétoscope (la visionneuse individuelle) de Thomas Edison.

Ils n’ont pas non plus inventé le nom de cinématographe puisqu’en février 1892, le Français Léon Bouly dépose le brevet d'un appareil « réversible de photographie et d'optique pour l'analyse et la synthèse des mouvements, dit le “Cynématographe Léon Bouly” ». Bouly acceptera ensuite d'en vendre l'appellation aux frères Lumière.

Les frères Lumière se distingueront par la première projection collective de films photographiques sur grand écran, le 22 mars 1895.

jeudi 10 août 2023

Non, Jules Verne n’a pas inventé le sous-marin !

Le premier sous-marin à propulsion humaine fonctionnel est le Turtle de David Bushnell. Sa sortie date de 1776 !

En 1797, l’ingénieur américain Robert Fulton construit le Nautilus, en acier recouvert de cuivre. Long de 6,50 m, il est propulsé par une hélice actionnée à la main par les trois membres d’équipage. Il est équipé d’une charge explosive qu’il doit fixer sous les navires ennemis et déclencher à distance.

Le premier sous-marin à pouvoir se passer de la propulsion humaine est le Plongeur de la Marine nationale française, lancé en 1863, et équipé d'un moteur à air comprimé.
Jules Verne qui lit beaucoup et fréquente les scientifiques de son époque, s’inspire donc des découvertes et expérimentations en cours pour imaginer en 1869 le Nautilus. Il faudra attendre 1884 pour que le polonais Stefan Drzewiecki conçoive le premier sous-marin à propulsion électrique au monde.

jeudi 3 août 2023

Non, Thomas Edison n’a pas inventé le gramophone !

Thomas Edison est l’inventeur du phonographe. Les gramophones sont une évolution marquante du phonographe, au point de devenir l'appellation du procédé générique. La différence entre ces deux types d'appareils se fait surtout par le support d'enregistrement : cylindre pour les phonographes, disque pour les gramophones. Les gramophones disposent d’une manivelle pour les remonter alors que les phonographes disposent d’une clé.

Les disques offrent un gain de place lors de leur rangement et son plus facile à mettre œuvre puisqu’il suffit de les poser sur le plateau.

Le gramophone est inventé et développé par l’Allemand Émile Berliner de 1886 à 1889, sans être le premier a avoir essayer ce procédé.

jeudi 27 juillet 2023

Non, Elisha Otis n’a pas inventé l’ascenseur !

On trouve la trace des premiers ascenseurs « modernes » dès 1835 où une usine anglaise s’équipe du « Teagle », premier monte-charges à vapeur.

Puis en 1845, Sir William Thompson invente le premier élévateur hydraulique.

Elisha Otis n’invente donc pas l’ascenseur à proprement parler (il y en aurait eu un à traction manuelle au château de Versailles en 1753). Il invente système de frein de sécurité révolutionnaire empêchant la chute des ascenseurs en cas de rupture du câble. Avec Otis, l'ascenseur entre dans une nouvelle ère : celle de la sécurité. Les conséquences sont immenses, et d'abord sur le paysage urbain : c'est en effet grâce à l'ascenseur que vont pouvoir être édifiés, à partir des années 1880, des gratte-ciel de plus en plus hauts.

jeudi 20 juillet 2023

Non, Remington n’a pas inventé la machine à écrire !

La machine à écrire découle de plusieurs inventions élaborées dès le 18ème siècle. Un premier brevet d’appareil à écrire mécanique est ainsi déposé en 1714 par l'Anglais Henry Mill. On ne sait pas si cette machine a été fabriquée et utilisée. En 1867 Samuel Soule, Christopher Latham Sholes et Carlos Glidden inventent la première machine considérée comme la première machine à écrire moderne.

La société américaine Remington jusque-là producteur d'armes, de matériel agricole et de machines à coudre, rachète ces brevets pour lancer la fabrication industrielle à partir de 1873 d’une machine à écrire commercialisée sous le nom de « The Typewriter »

jeudi 13 juillet 2023

Non, Graham Bell n'a pas inventé le téléphone !

En 1860, un certain Johann Philipp Reis met au point un appareil qu'il baptise téléphone et qui permet - bien que très imparfaitement - de transmettre à distance les sons et la voix, grâce à un courant électrique.

Puis en 1871, l'Italien Antonio Meucci est le premier à déposer le brevet de l'invention du téléphone. N'ayant pas les moyens financiers de le prolonger, il le laisse expirer en 1874 et c'est un certain Graham Bell qui le dépose à son tour, en 1876. Il proposera, en juin de la même année, la première démonstration publique de ce petit instrument à l'occasion de l'exposition universelle de Philadelphie. Il sera le premier à en industrialiser la fabrication.

jeudi 6 juillet 2023

Non, Thomas Edison n’a pas inventé l’ampoule électrique à incandescence !

Un certain nombre de ces lampes électriques ont vu le jour dès le milieu du XIXe siècle dont notamment celle de Swan en 1878.

Le 18 décembre 1878 Joseph Swan fit la démonstration publique de sa lampe à incandescence, faite de filaments de carbone branchés dans une ampoule en verre où il avait fait le vide. La lampe n’ayant fonctionné que quelques minutes il refit cette démonstration en février 1879 devant plus de 700 personnes. L’ampoule à incandescence était née.

Pourtant, l'histoire ne retiendra que le nom d'Edison et la date de 1879, année où Thomas Edison dépose un brevet d'ampoule électrique à filament en bambou du Japon. Puis le carbone viendra remplacer le bambou conférant une longévité de 1000 h à son ampoule. En prolongeant les travaux de Swan, Edison a finalement éclipsé son prédécesseur dans la course à la postérité.

jeudi 29 juin 2023

La symbolique du poulpe dans l’univers steampunk

Vous êtes-vous déjà posé la question de savoir pourquoi le poulpe était omniprésent dans l’univers steampunk au point d’en être devenu l’animal totem ? Nous allons tenter d’y répondre, ou pour le moins, d’apporter quelques éléments de réponse sur un sujet déjà débattu à plusieurs reprises.
Bien que n’étant pas un auteur de romans steampunk – à l’époque ses romans étaient des romans d’aventure à connotation scientifique voire de science-fiction – Jules Verne n’en est pas moins une icône dans le monde steampunk. Et l’un de ses romans les plus populaires est sans conteste 20 000 lieues sous les mers. Ce roman, qui raconte l’histoire du capitaine Némo et de son sous-marin « Le Nautilus », narre le combat du héros contre une « pieuvre géante ». Il n’est pas exagéré de penser que l’attrait des vaporistes pour cet animal a été fortement influencé par ce récit et surtout par le film que Disney en a tiré. Il est important de rappeler ici que le Nautilus de Walt Disney ne ressemble en rien à celui décrit par Jules Verne dans son roman. Dans son roman, l’auteur décrit un cylindre oblong très similaire aux sous-marins actuels alors que Disney a créé un Nautilus de facture steampunk.
L’imaginaire autour du fond des océans joue aussi un rôle non négligeable dans la prépondérance des pieuvres dans l’univers steampunk. Les abysses sont les dernières terres inconnues dans le monde. La pieuvre ou le poulpe, habitants des fonds marins inexplorés, engendrent la fascination propre à l’inconnu.
Certains vaporistes évoquent aussi le surnom « octopus » donné à la compagnie ferroviaire « Southern Pacific Railroad » aux Etats-Unis par ceux qui s'opposaient à son développement. La révolution industrielle et donc l’ère Victorienne étant intrinsèquement liée au développement des réseaux de chemin de fer, il n’y avait qu’un pas à franchir pour faire de la pieuvre le symbole du mouvement steampunk.
Une autre piste, plus confidentielle, pourrait venir du recueil de Poèmes d’Émile Verhaeren publié en 1895 et intitulé "Villes tentaculaires". Il y décrit le développement des mégapoles et de leurs réseaux ferroviaires et routiers tentaculaires. Outre le caractère visionnaire de cette œuvre, elle montre que déjà en 1895 le développement industriel et ferroviaire cher au steampunk était déjà symbolisé par une pieuvre.

Il existe vraisemblablement d’autres explications et nous vous laissons le soin de nous en faire part.

jeudi 22 juin 2023

L'illustration

Il ne s’agit pas ici de livres steampunk à proprement parler, mais au travers de la réédition des articles du journal « L’illustration » parus entre le milieu du XIX° et le début du XX° siècle, c’est une fenêtre sur l’histoire de la Belle Époque qui s’ouvre à nous.
Le premier numéro de l’illustration paraît le 4 mars 1843. Il s’agit d’un journal illustré grand folio qui va révolutionner l’approche journalistique de la presse. La ligne éditoriale est basée sur l’impartialité de l’information et un accès à celle-ci au travers de l’image. Alors qu’à l’époque, beaucoup de journaux se contentent de dépêches d’agence et de gravures parfois fantaisistes pour illustrer leurs articles, « L’illustration » recherche l’information à la source en envoyant des correspondants sur le terrain ou en faisant appel à des lecteurs. Pour cela, le journal - qui se targue d’être un journal universel - met en place une importante logistique pour être le premier à relater l’actualité sur les cinq continents.
Ouvert à tous les aspects du monde contemporain, L'Illustration se donne aussi pour mission de diffuser la connaissance et le savoir sans exclure aucun domaine. En 1906, le journal est distribué dans plus de 150 pays. Durant un siècle, cet hebdomadaire renommé tant en France qu’à l’étranger va raconter le monde à ses lecteurs.
La réédition des principaux articles nous fait revivre l’époque victorienne et la Belle Époque au travers des voyages, des sciences, de la politique mais aussi de la mode, du sport, etc. Ces articles sont une importante source d’inspiration pour les costumes, les accessoires des vaporistes et permettent de mieux appréhender la sociologie d’une époque qui sert de base à un mouvement que nous apprécions : le steampunk.
 
En mettant en lumière des personnages peu connus, des métiers ou activités aujourd’hui disparus, ces ouvrages vous inspireront peut-être un futur costume ou bien la création d’un personnage.
Les articles réédités sont regroupés par thèmes, constituant chacun un tome de la collection. Le Gramophone Beuglant vous recommande particulièrement trois volumes :
-         Bien entendu le tome intitulé « La Belle Époque telle que les français l’ont vécue » relatant l’actualité française de 1889 à 1914,
-         Mais aussi le tome « Le siècle de Paris » couvrant la période 1845 à 1945 (même si cela déborde un peu la Belle Époque),
-         Et enfin le tome « Voyages extraordinaires » lorsque les français découvrent le monde.

jeudi 15 juin 2023

Porter des guêtres

Dans un cosplay de dandy Steampunk, les guêtres sont un accessoire à ne pas négliger.

On trouve l’origine des guêtres dans les bas de chausse médiévaux. À travers les siècles, la chausse des soldats a été un point essentiel de leur équipement. Des pieds au sec et bien protégés sont un gage de déplacement plus facile pour les fantassins. À la fin du XIX° siècle, les guêtres militaires équipent les soldats soit sous la forme de bandes molletonnées enroulées autour du mollet, soit sous la forme d’une pièce de cuir ou de tissu épais. Lorsque les guêtres sont en cuir, elles sont doublées de laine pour l’hiver. Il s'agit là de guêtres hautes qui enveloppent le mollet.
À cette même époque, la bourgeoisie européenne s’approprie les guêtres basses pour protéger les souliers des intempéries, de la boue et de la saleté. Il faut dire qu’à cette époque, les rues sont assez sales et mal entretenues, ce qui rend cet accessoire indispensable. La mode des dandys est un courant culturel et social de cette fin de XIX° caractérisé par le raffinement de leur tenue vestimentaire. Ils vont très vite faire des guêtres un accessoire indispensable de leur costume.
Outre la fonction de protection de leurs chaussures et pantalon, les guêtres basses sont pour ces hommes raffinés à la fois un symbole de leur goût immodéré de l’élégance et le reflet de leur position sociale élevée. Elles leur permettent de se distinguer de la classe ouvrière et des normes en vigueur à cette époque en marquant leur individualisme au travers de ce signe de distinction et de sophistication.
Leurs guêtres sont réalisées dans des tissus fins et luxueux et souvent assorties à leur gilet, leur cravate ou leur chapeau, créant ainsi une harmonie dans leur apparence.

Le plus célèbre porteur de guêtres est sans nul doute le personnage de Picsou créé par Walt Disney et représentant un fortuné gentleman américain. La guêtre blanche sur une chaussure noire est restée dans toutes les mémoires.
Aujourd’hui, à l'exception des guêtres "techniques" portée par les danseuses ou les randonneurs. les guêtres ont disparu des garde-robes des hommes moderne, Elles ne sont plus portées que dans des contextes historiques où l’accent est mis sur le style du XIX° siècle. Les guêtres hautes seront plutôt réservées, quant à elle, à un costume de type aventurier ou explorateur.
Marchand de guêtres - 1815
Si vous souhaitez porter des guêtres basses pour homme, voici quelques conseils.

Les guêtres peuvent être en tissu ou en cuir. Assurez-vous que par leur couleur elles s’harmoniseront avec le reste de votre tenue. Elles ne se portent qu’avec des chaussures « habillées ». Elles doivent être à la bonne taille c’est-à-dire couvrir la partie inférieure de votre jambe et être ajustées pour éviter de glisser lorsque vous les portez. Les boutons ou les lacets vous permettent de les ajuster.

Traditionnellement les guêtres se portent par-dessus les bas de pantalon de manière à les envelopper et à les protéger des salissures. Vous pouvez décider de les porter sous le bas de pantalon pour donner un aspect plus moderne.

 



jeudi 8 juin 2023

Carnet d'expédition (seconde partie)

Voilà plus d’un siècle que le professeur Brétavia, célèbre explorateur, a disparu sans qu’aucune explication n’ait pu être apportée sur les raisons de cette disparition. Les derniers éléments connus le situaient en Afrique à la fin du XIX° siècle.
 
Après la découverte de sa mallette, la récente découverte de son carnet d’expédition apporte autant de réponses qu’elle soulève de questions.
Extraits du journal de professeur Brétavia (suite)
 
44ème jour : La nuit a été peuplée de cris d’animaux divers, et lorsque nous sortons de la tente, nous découvrons d’étranges traces de pas sur le sable humide situé à proximité de notre campement. L’une d’entre elle m’intrigue. Je consulte mon petit guide de zoologie tropicale mais n’en trouve pas l’origine. Peut-être s’agit-il d’une nouvelle espèce inconnue ? Ma curiosité me fait suivre ces traces. Elles m’emmènent assez rapidement vers un œuf de la taille d’un œuf d’autruche. Non loin de celui-ci, un bruissement dans les feuilles. Je les écarte et découvre un reptile au reflets bleutés. Il semble aussi surpris que moi. Malgré ses imposantes griffes aux pattes et un museau carnassier, j’enfile un gant de cuir et au-delà de toute prudence tente de l’attraper.
 
Il ne s’enfuit pas et renifle mon gant. Nous nous regardons ainsi de longues minutes. Dans un geste osé, je l’attrape délicatement sous le ventre et le pose sur mon gant. Il doit peser environ 5 kilogrammes. Je décide de le ramener au campement pour l’examiner et en tirer un cliché.
 
À sa vue, mon compagnon s'exclame que je suis fou, que je vais nous attirer les foudres des dieux et qu’il ne peut rester plus longtemps avec moi… J’essaie de le convaincre de la mission scientifique qui m’anime mais en vain. Il décide de rebrousser chemin en empruntant la rivière. À l’aide de branches qu’il attache entre elles, il se constitue un radeau de fortune, collecte quelques baies dont il remplit un sac de toile que je lui donne et me quitte en début d’après-midi, en laissant son embarcation portée par le courant. Avant son départ, je lui demande de prendre un cliché avec mon nouveau compagnon. Je reste seul au campement.
45ème jour : Je suis à la fois terrorisé d’être seul dans cette jungle mais heureux de pouvoir poursuivre mes observations. À l’aide de ma petite mallette scientifique et de mon appareil photo, je continue mes recherches et observations. Mon gros lézard bleu ne m’a pas quitté depuis la veille. La journée, il part chasser mais revient le soir.
 
46ème jour : Avant de partir, mon compagnon d’aventure m’a montré quelques arbres dont les fruits sont comestibles. Je m’en nourrit quotidiennement. Souhaitant agrémenter ce régime frugivore de quelques plats plus carnés, je me fabrique à l’aide d’une sorte de bambou une canne à pêche et tente de ma chance dans la rivière. Les résultats sont décevants. Je réessaierai demain.
 
49ème jour : Hier soir, mon gros lézard bleu n’est pas revenu. J’espère qu’il ne lui est rien arrivé. À la manière d’un animal de compagnie, je commence à m’attacher à lui. Aujourd’hui, l’ambiance du cirque a changé. Il y a moins de cris d’animaux et à plusieurs reprises, il m’a semblé sentir la terre trembler. Mais peut-être est-ce mon état psychologique qui se détériore. Si mon compagnon bleu ne revient pas, il faut que je me décide à rebrousser chemin et à revenir sur mes pas en confectionnant à mon tour un radeau de fortune.

Ce sont les dernière notes du professeur Brétavia.

jeudi 1 juin 2023

Carnet d'expédition (première partie)

Voilà plus d’un siècle que le professeur Brétavia, célèbre explorateur, a disparu sans qu’aucune explication n’ait pu être apportée sur les raisons de cette disparition. Les derniers éléments connus le situaient en Afrique à la fin du XIX° siècle.
 
Après la découverte de sa mallette, la récente découverte de son carnet d’expédition apporte autant de réponses qu’elle soulève de questions.
Extraits du journal de professeur Brétavia
 
37ème jour : Voilà plus d’un mois que nous avons quitté le port de Dakar où le steamer français Ville-de-Maranhao de la Compagnie des Chargeurs Réunis nous a déposés, et je commence à regretter le confort de notre cabine. Nous progressons difficilement dans cette végétation dense et sombre. La fatigue se faire sentir et mon compagnon de voyage a bien du mal, certains jours, à nous trouver suffisamment de fruits et de végétaux pour nous nourrir. Ce manque de nourriture le rend irritable. Fort heureusement, la rivière que nous suivons nous procure de l’eau à volonté.
 
39ème jour : Aujourd’hui, jour de repos. J’en profite pour faire une petite incursion dans la forêt et laisse mon guide se reposer sous la tente. Je m’enfonce dans l’épais couvert végétal et me trouve nez-à-nez avec un insecte géant inconnu. Il ressemble à une grosse libellule mais avec une tête de caïman. Je ne bouge plus et ne fais aucun bruit de peur qu’il ne fonce sur moi. Avec une telle mâchoire, il serait capable de s’offrir l’un de mes doigts comme repas.
 
Si je pouvais en capturer un, je m’attirerais un certain respect de la part des sages du Muséum d’Histoire Naturelle. À défaut, je pose le trépied de mon appareil photographique et tente un cliché avant qu’il ne s’envole dans un vrombissement d’ailes ; je baptise ma découverte « Crocodylidae quadrimaculata ». Je développerai ce cliché ce soir à mon retour à la tente.
41ème jour : La rivière que nous remontons sur berge se rétrécit de jour en jour. Nous devons vraisemblablement approcher de sa source. Le clapotis de l’eau courante fait peu à peut place à un bruit sourd que j’identifie comme étant celui d’une cascade. Ce bruit me redonne l’énergie nécessaire à notre marche du jour. J’essaie de communiquer mon enthousiasme à mon compagnon.
Nous démontons la tente, et partons en direction de l’amont de la rivière. Sans pouvoir l’expliquer, j’ai le pressentiment que nous sommes les premiers hommes à fouler cette terre et qu’elle va nous réserver de grandes découvertes.
 
43ème jour : Le bruit sourd se renforce. Au bout de quelques heures de marche, le couvert végétal se fait moins dense. Nous arrivons dans un cirque du haut duquel coule la cascade que j’attendais. À ses pieds, un lac offre un point d’eau aux animaux de la région et le cirque, un refuge. Les parois rocheuses du cirque renvoient de nombreux cris d’animaux. Avant de rebrousser chemin, je décide de faire une halte de quelques jours afin d’étudier la flore et la faune locales. Nous installons la tente et tandis que mon compagnon part à la recherche de quelques nourritures, je pars faire le tour du lac situé au pied de la cascade.

À suivre…

jeudi 25 mai 2023

Le Gramophone Beuglant en Antarctique

Lors de sa dernière expédition aux confins du monde connu à la recherche de nouvelles fraîches, le Gramophone Beuglant est tombé sur des nouvelles que l’on ne peut qualifier autrement que glaciales !
(Veuillez excuser ce calembour un brin prévisible, il n’avait pour seul objectif que de briser la
glace).

Ce périple mena en effet nos valeureux reporters en Antarctique où les températures peuvent atteindre -70°C en hiver. Mais loin de les refroidir, cela n’a fait que renforcer leur détermination. Le rédacteur en chef a dû lui-même braver la météo peu clémente du 6e continent afin de découvrir ce qu’il se trame dans ce désert de glace.

Mais le climat n’est pas le seul danger qui s’est dressé sur la route de l’équipe du journal : la faune locale composée principalement d’espèces de phoques et de manchots n’apprécie pas toujours d’être dérangée. Les journalistes ont évité de peu une attaque d’éléphant de mer défendant son territoire ; mais Gustave Boileau a su garder son sang froid, a guidé tout le monde à l’abri et aucun blessé n’est à déplorer. Cela restera néanmoins le principal fait d’hiver divers notable de cette expédition.
Dans le cas des manchots, ils ont su se montrer beaucoup plus coopératifs, allant même jusqu’à écouter avec un grand intérêt une partie de la collection de disques du capitaine sur le gramophone dont l’équipe ne se sépare jamais.

Après avoir essuyé une tempête de blizzard, nos aventuriers s’enfoncèrent à l’intérieur des terres pour essayer de confirmer l’existence du Yéti austral (Yeticus Australis). Ce détour, réservé uniquement à ceux qui n’ont pas froid aux yeux s’est malheureusement soldé par un échec et le Yéti reste donc toujours introuvable.

Il fut ensuite temps de rejoindre le bateau et de se remettre en route vers des contrées au climat plus tempéré.

P.S. : Nous espérons que l’abondance de jeux de mots de qualité douteuse n’a pas jeté un froid parmi nos lecteurs.

De notre envoyé spécial Gildas Blueford

jeudi 18 mai 2023

Steam City à la Geek Touch

On ne peut pas dire que la « Steam City », représentait un grand espace à l’intérieur de la Geek Touch, elle-même de taille assez réduite par rapport à la Japantouch Haru à laquelle elle était adossée.
Seule une petite dizaine d’artisans et de créateurs et deux associations – la Brown company et le CLIVRA - avaient répondu présents à cette manifestation.
Le stand de la Brown Company
Alors que retenir de cette convention ? Deux bonnes surprises !
 
Tout d’abord une exposition Jules Verne proposée par l’association « Samsad ». De nombreux panneaux sur différents thèmes incontournables de Jules Verne, quelques vitrines et la reconstitution du bureau de l’auteur offrait un regard sur l’une des figures emblématiques du mouvement Steampunk.
Le bureau de Jules Verne
Ensuite une magnifique reconstitution d’un laboratoire océanographique d’époque victorienne proposée par le chimérologue Camille Renversade. Une plongée dans l’univers des cabinets de curiosités de cette fin de XIX° siècle.
Le bureau du laboratoire océanographique de Camille Renversade
Camille Renversade en dédicace
Quelques autres clichés pour terminer la visite...
La troupe des Baladins du rire

jeudi 11 mai 2023

Déguisement vs costume

“Oh, le joli déguisement !”
Que le Cosplayer qui n’a jamais entendu cette phrase en convention sorte immédiatement !

Cette réflexion part en général d’une bonne intention de la part de celui ou celle qui la prononce, mais elle a le don de vous agacer. Mais quelle différence existe-t-il entre un déguisement et un costume ? Avant d’en débattre, petit tour par la case dictionnaire.
La sémantique
Déguisement : nom masculin.
Vêtement qui déguise afin de paraitre méconnaissable ou de ressembler à quelqu’un d’autre. Il peut correspondre à un vêtement d’une autre époque ou d’une autre catégorie sociale.
Costume : nom masculin.
Pièces d’habillement qui constituent un ensemble. Le costume constitue une appartenance à un groupe, un pays, une époque. Syn. : déguisement.

On constate donc qu’en français, un costume peut être un déguisement. Bon, avec tout cela, nous ne sommes pas très avancés ! Mais alors quelle est la différence ?

Pour un Cosplayer, le déguisement possède une connotation négative. C’est un synonyme de costume préfabriqué, industriel, bricolé à la va-vite et destiné à faire la fête.

On avance doucement. Mais quelle est la frontière entre un costume et un déguisement, s’il en existe réellement une ? Tentons une première approche.

La fonction
Comme nous venons de le voir de manière sémantique, le déguisement a pour fonction de masquer, cacher, rendre méconnaissable, ce qui n’est pas forcément le cas d’un costume. À la différence du costume, le déguisement ne cherche pas à reproduire fidèlement un personnage, il ne fait qu’évoquer le personnage. Il est donc plus accessible, moins exigeant mais aussi moins valorisant. Le déguisement permet, le temps d’une soirée, d’être un personnage mais sans exigence de coller au plus près du personnage. Là où le déguisement va se limiter à l’apparence d’un personnage, la personne costumée va y ajouter les détails et le jeu de rôle.  

La coupe
Ensuite, par rapport au déguisement qui n’est pas toujours exactement à votre taille et qui n’est pas destiné à être porté sur le long terme, le costume doit vous aller ! Vous devez pouvoir vous mouvoir avec aisance dans celui-ci. La coupe du costume est aussi très importante. S’il s’agit d’un costume historique, il doit correspondre aux coupes de l’époque… au risque de devenir un déguisement.

Les matériaux
Les matières composant le costume sont autant d’éléments le caractérisant. Le costume est généralement réalisé dans des matériaux de qualité. Le déguisement est bien souvent, pour des raisons de coût, fabriqué dans des tissus de piètre qualité, brillant, clinquant. Le plastique remplace souvent le cuir ou le métal.

Les accessoires
Les accessoires et les détails ont aussi toute leur importance pour faire la différence entre un déguisement et un costume. Une magnifique robe à faux-cul, même de qualité, portée avec des tennis risque fort de vous faire passer dans la catégorie déguisement. Rappelez-vous que le mot costume signifie un ensemble de vêtements et d’accessoires assortis et faits pour être portés ensemble. Des tennis n’ont jamais été faites pour être portée avec un robe à faux-cul… et inversement. Les chaussures, la coiffure, les bijoux, les montres, les chapeaux, sont autant d’accessoires essentiels pour obtenir un costume digne de ce nom !

Conclusions
Le costume du cosplayer tire son origine du déguisement mais a été élevé à un art supérieur lorsque l’on y a ajouté la fidélité à l’original, les accessoires et surtout le jeu de rôle. Les cosplayers ne sont pas déguisés dans un personnage, ils incarnent ce personnage.

Le déguisement n’est donc pas à bannir et à regarder avec dédain car il peut constituer une base de départ pour débuter dans l’incarnation d’un personnage. Avec le temps et la passion, ce déguisement pourra se muter en costume par l’ajout d’accessoire ou sa transformation partielle out totale.

mercredi 3 mai 2023

SS Great Britain

Inauguré le 19 juillet 1843 après seulement 4 ans de construction, le SS Great Britain ouvre un nouveau chapitre dans les traversées transatlantiques.
 
Conçu par le célèbre ingénieur civil Isambard Kingdom Brunel, le navire a été construit spécifiquement pour le service de la Great Western Steamship Company entre Bristol et New York.
Lors de son lancement, c’est le plus grand bateau du monde. Comme son nom l’indique (SS pour Steamer Ship), il intègre une chaudière à vapeur de 5000 CV, est construit en métal et surtout est propulsé par une hélice, entièrement sous l’eau donc bien plus performante que des roues à aubes.
Le temps de traversée passe de deux mois à deux semaines !
 
Cette diminution du temps de traversée impacte le temps du voyage, mais pas seulement. Il permet aussi, à une époque où la Téléphonie Sans Fil n’existe pas encore, de transmettre des informations outre atlantique beaucoup plus rapidement et a donc des conséquences très importantes dans le domaine des affaires.
Au début, les voyageurs seront réticents face à ce bateau d’une capacité de plus de 250 places utilisant les dernières technologies de l’époque, et seulement 53 passagers seront à bord pour sa première traversée.
 
Pourtant tout est prévu pour leur confort, et notamment une vache vivante permettant de donner un lait frais pour la cuisine.
Malheureusement non rentable, ce pionnier des traversées transatlantiques ne sera en service que durant deux ans.
 
A la suite d’une erreur de navigation, le SS Great Britain s’échouera dans la baie de Dundrum en Irlande en 1846. Le navire sera vendu puis transformé pour transporter des migrants pour l’Australie. Des voiles et un pont supérieur lui seront ajoutés et son moteur changé. Il terminera sa carrière en transport de charbon avant de servir de carcasse de stockage.
En combinant des innovations-clés, Brunel a créé un navire qui a changé l’histoire. Il n’est pas exagéré de dire que le SS Great Britain a établi la norme en matière de conception de navires modernes. Il a également démontré les capacités et l’inventivité de l’ère victorienne.