jeudi 23 juin 2022

La locomobile

Selon le dictionnaire Larousse de 1910, une locomobile est une machine à vapeur montée sur roues et donc mobile. Les locomobiles servent le plus souvent comme source motrice dans les travaux agricoles notamment pour actionner les batteuses.
L’entrainement se fait à l’aide d’une longue courroie plate. Ce système permet de relier facilement la locomobile à la batteuse même avec un dénivelé entre les deux. La locomobile ne se déplace jamais sans un ensemble de cales pour la bloquer et ainsi assurer la tension de la courroie. L’adhérence de la courroie est souvent assurée par la pose de résine sur la roue métallique.
Les locomobiles peuvent aussi être utilisées dans les travaux publics où elles servent à l’extraction des minerais, au pompage d’eau dans les mines, comme force motrice pour certains moulins, etc.
Le prix d’une locomobile est alors de 3000 francs pour une machine ayant la force de 3 chevaux. Les agriculteurs y voient immédiatement un avantage par rapport au cheval. Au contraire de ce dernier qui exige nourriture et soins qu’il travaille ou soit au repos, une locomobile ne consomme de combustible ou n’occasionne de dépense que lorsqu’elle fournit un travail mécanique.
Le paradoxe de ces premières machines est que, pour les déplacer, on a recours à des chevaux pour les tirer ! Les premières locomobiles apparaissent à l’exposition universelle de Londres en 1851. Très vite, on commence à produire industriellement des locomobiles actionnant elles-mêmes leurs roues. Au regard de leur poids élevé (plus de 10 tonnes), elles sont d'abord utilisées par les armées pour déplacer les canons sur des terrains plats et de bonne portance.

jeudi 16 juin 2022

Le porteplume de Némo

Le poulpe géant ne lui avait laissé que de mauvais souvenirs. La disparition de son infortuné compagnon était encore présente à son esprit tout comme l’homérique combat qu’il avait dû mener contre la dizaine de poulpes géants qui avaient entravé le Nautilus.

« Le capitaine Nemo, rouge de sang, immobile près du fanal, regardait la mer qui avait englouti l’un de ses compagnons, et de grosses larmes coulaient de ses yeux. »
Comme pour exorciser ce moment, un poulpe ornait son porte-plume afin, chaque jour, de l’avoir à sa vue et de se remémorer le souvenir de son compagnon. Ce poulpe cathartique enserrant le corps de son porte-plume lui rappelait que, pas plus que sur la Terre, l’Homme n’est pas le maître des fonds marins.

Une création de Gildas Blueford pour le Gramophone Beuglant


vendredi 10 juin 2022

Une touche Steampunk à la piscine

La commande
Sans attaquer le gros œuvre ou réaliser un Nautilus à l’échelle 1, le souhait était de poser ça et là quelques références à l’esthétique Jules Vernienne pour créer un esprit Steampunk autour de la piscine

La réalisation
En premier lieu, il a été décidé d’orner le fond de la piscine d’une peinture de poulpe, prêt à jouer avec les baigneurs.
Ensuite il a été disposé quelques objets faisant directement référence à l’univers aquatique ancien. Une ancienne bouée orne le mur bordant le bassin. Afin de pouvoir poser serviette et rafraichissement un touret a été repeint et décoré de faux rouages.

Sur un autre côté, c’est une vieille ancre qui décore la margelle, surmontée d’une ancienne horloge afin que les baigneurs puissent avoir l’heure pendant leur bain.
Une attention particulière a été portée à la porte d’accès au local technique de la piscine qui a reçu un hublot dans sa partie haute et un volant de porte étanche en son centre lui conférant un aspect de porte étanche de bateau ou de sous-marin.

Et pour couronner le tout, le drapeau du Gramophone Beuglant flotte fièrement au-dessus du local technique.

jeudi 2 juin 2022

Le Cosplay, le rapport aux autres

Le rapport aux autres

Bien qu’un « public » à proprement parler ne soit pas nécessaire pour faire du cosplay, c’est quand même une activité intrinsèquement sociale. Lors des conventions, le cosplayeur fera inévitablement de nombreuses rencontres qui font partie intégrante de l’expérience vécue. Ces rencontres aident le cosplayeur à cerner le comportement qu’il veut donner à son personnage, elles vont également contribuer à modeler un monde parallèle, entre la réalité et la fiction dont le personnage est issu. C’est dans cette réalité alternative que Dark Vador peut rencontrer le roi Arthur, où le cosplayeur doit faire preuve d’inventivité et d’improvisation.

Ceux qui font du cosplay

Lors des conventions, être costumé c’est à la fois contribuer à se faire remarquer, à montrer sa création mais sans pour autant s’attirer le jugement des autres car nombre d’autres visiteurs sont également costumés. Cela permet au cosplayeur de s’affirmer, de prendre confiance en lui, sans risquer les regards interrogateurs – ou même réprobateurs - des gens qui l’entourent.

Les cosplayeurs ayant souvent passé de nombreuses heures à perfectionner leur costume, sont toujours enclins à parler de leurs créations. Ces moments d’échange sont très précieux car ils sont un terrain fertile pour la créativité de futurs costumes et ils permettent de s’améliorer et de progresser.

Ceux qui n’en font pas

Lors des conventions, beaucoup de visiteurs ne sont pas costumés. Cependant, s’ils ont fait l’effort de venir, c’est qu’ils ont un point de vue positif par rapport au cosplay. En effet, de nombreux visiteurs sont admiratifs devant les cosplayeurs, les interrogeant sur leur costume et prenant des photos avec eux. Et même lorsque leur attitude est plus neutre, il y a un sentiment bienveillant envers les personnes costumées.

Cette attention portée au cosplayeur peut contribuer à flatter son ego : c’est un bon moyen de développer sa confiance en lui. En effet, il y a souvent des photographes qui viennent en convention et qui prennent en photo de nombreux cosplayeurs. Bien que cela puisse être intimidant au premier abord, on se prend vite au jeu à poser devant les photographes.

En se costumant, on rentre dans une relation paradoxale avec le public : le regard des autres est porté sur nous, on se met en avant. Le cosplayeur devient alors le centre de l’attention, se démarque de la foule et n’est plus anonyme. Cependant, il est toujours caché derrière son personnage, comme derrière un masque (parfois littéralement). Le cosplayeur sort donc de l’anonymat sans pour autant se dévoiler.

De plus, lors des conventions, être costumé c’est se démarquer mais sans trop être différent puisque de nombreuses autres personnes sont cosplayées.

Conclusion

Le cosplay est donc une activité pluridisciplinaire qui peut aider à progresser sur le plan personnel autant d’un point de vue technique que d’un point de vue social. La conception du costume permet de développer ses compétences techniques et de tisser un premier lien avec son personnage. Ce lien est enrichi par la création d’un univers fictif entourant ce personnage. En se mettant à la place de notre double, cela nous aide à nous questionner sur notre propre rapport au monde qui nous entoure. Ceci tend parfois à brouiller la limite entre notre personnage et notre propre personnalité.

En participant à des conventions, on constate que le cosplay possède un gros aspect social. Les cosplayeurs interagissent entre eux et avec leur public pour développer un univers et des histoires collectivement à partir d’une culture très riche. Cet imaginaire de fiction nourrit l’univers dans lequel évolue notre personnage. Ces interactions ont tendance à flatter l’ego et à donner confiance en soi car le monde du cosplay a en grande partie une attitude bienveillante. En se cachant derrière son personnage, chacun est libre de se dévoiler à son rythme en jouant avec le regard des autres.

Le steampunk est un bon exemple de cette démarche puisqu’il ne se base généralement pas sur une œuvre existante et donc rentre parfaitement dans le processus de création du personnage et de l’univers. Le steampunk amène à se poser la question de la science et de la technologie dans la société, de l’interaction de l’homme et de la machine et cela se reflète dans les détails apportés aux costumes.

Gildas Blueford


jeudi 26 mai 2022

Le cosplay, le rapport à son personnage

Le cosplay est une composante importante de l’univers steampunk. En effet, bien que le steampunk se retrouve dans la littérature, c’est par des médias plus visuels qu’il s’est développé. Aujourd’hui, l’univers steampunk vit au travers d’illustrations, de décors mais surtout de cosplays.

Mais pourquoi se cosplay-t-on ? La réponse à cette question pourra sembler évidente pour les adeptes de cette activité, mais en y regardant de plus près, c’est un sujet plus complexe qu’il en a l’air. De nombreux cosplayeurs décrivent en effet leur passion comme bien plus qu’un simple passe-temps : c'est un moyen de stimuler leur développement personnel, de mieux se connaître ou encore de surmonter leurs peurs…

Nous allons donc essayer de comprendre ce qui rend cette pratique si particulière.

Similarités et différences par rapport au théâtre

À première vue, le cosplay peut sembler assez similaire au théâtre, en tout cas en ce qui concerne l’incarnation d’un personnage. En effet, le cosplayeur joue un rôle comme un acteur de théâtre joue le sien. Le point commun va même plus loin : comme le suggère le metteur en scène Constantin Stanislavski dans ses ouvrages La Formation de l’Acteur et La Construction du personnage, l’acteur ne doit pas simplement « jouer » le personnage pour être convaincant sur scène, il doit « être » le personnage. Stanislavski écrira d’ailleurs : « Peu importe que le jeu soit bon ou mauvais, ce qui importe, c'est qu'il soit vrai ». Ce qui est important, ce n’est pas tant ce à quoi il ressemble de l’extérieur, du point de vue du public mais ce qu’il a l’air de l’intérieur. Ce travail d’introspection et de sincérité envers soi-même que propose Stanislavski a pour but la libération de soi et ainsi une expression artistique beaucoup plus juste. En ce sens, le cosplay rentre exactement dans cette méthode puisque l’un des buts principaux du cosplayeur est d’« être » son personnage, de vivre sa vie.

Mais cet état d’esprit amène à une des différences majeures avec le théâtre : en tant que cosplayeur, il joue principalement pour lui-même, pour vivre en partie ce que vit son personnage. Le « public » (les visiteurs non costumés lors des conventions) n’est pas nécessaire, certains événements se déroulant en effet uniquement entre cosplayeurs. On peut par exemple penser à des visites de bâtiments médiévaux en habits d’époque : il ne cherche pas ici à se produire devant un public mais à s’immerger dans un univers donné.
Cependant, bien qu’un public ne soit pas absolument requis, le cosplay se différencie également du théâtre de par sa plus grande interactivité. Les rencontres faites lors des événements liés au cosplay, surtout lorsque la personne rencontrée est également un cosplayeur, se déroulent dans son univers. Chacun jouant son personnage, il n’est pas rare de voir des cosplayeurs échanger tout en restant dans leur personnage : un personnage de médecin inter-dimensionnel steampunk racontera comment il a soigné un voyageur temporel par exemple. C’est un moyen de brouiller les limites entre notre personnalité et celle du personnage incarné.

Cette interactivité mène aussi à une certaine improvisation. Bien qu’il soit commun de préparer un peu ce qui pourrait être dit lorsqu’on est dans le personnage, la plupart des interactions ne sont pas prévues, il n’y a pas de texte prédéfini. De plus, le théâtre se joue majoritairement dans un lieu très normé, souvent clos, ce qui est moins le cas des cosplayeurs : l’environnement dans lequel ils évoluent ne possède pas toujours de limites claires.

Le rapport à son personnage

En incarnant un personnage, un lien évident se crée entre le cosplayeur et son double. Ce lien peut prendre plusieurs formes différentes et a la capacité de faire évoluer la vision qu’il a de lui-même.

Ce personnage qui lui ressemble

Étant donné qu’un cosplayeur incarne un personnage principalement pour lui-même, il s’agit souvent d’un personnage auquel il s’identifie, dont les traits seront similaires à ceux du cosplayeur. Ceci est d’autant plus vrai lorsque le personnage en question est créé de toutes pièces par le cosplayeur : lorsqu’on se crée un double, une seconde identité, il est difficile de s’empêcher de ne pas insuffler dans cette personne une part de notre propre personnalité. De plus, lorsqu’il l’incarnera, il sera d’autant plus simple de déterminer comment ce personnage réagirait.

Ce personnage différent

Cependant, le cosplay est aussi et surtout un moyen de s’évader, de vivre dans un monde qui n’est pas le sien. C’est l’occasion de se mettre dans la peau de quelqu’un d’autre, pour vivre des choses que l’on ne vivrait pas en temps normal. Par exemple, certains choisissent d’incarner un personnage comme un super-héros, qui se rapproche d’un idéal de courage et de vertu. Ainsi, ils peuvent confronter leur propre personnalité à celle de leur personnage, ce qui a par exemple aidé de nombreux cosplayeurs à s’affirmer, à gagner en confiance en eux. En se plaçant dans un environnement sûr et contrôlé, il devient plus simple de simuler un comportement moins timide par exemple, sans pour autant craindre de conséquences. Le double nous sert alors de protection pour évoluer, devenir plus mature et ainsi gagner en assurance dans le monde réel.

Mais il peut aussi être intéressant de choisir un personnage plus ambigu voire d’incarner un antagoniste. Toujours au sein d’un environnement contrôlé, il devient alors possible de simuler le comportement de cet antagoniste, libéré de toute pression sociale. Le cosplay peut alors jouer le rôle d’exutoire sans que nos actions n’entraînent de conséquences graves sur le monde qui nous entoure (bien que le cosplayeur se confrontera toujours aux limites imposées par la société et ne pourra pas jouer son double jusqu’au bout).

Ainsi, le cosplay permet de vivre une autre vie où tout est possible, dans une ambiance rassurante et bon enfant. Le caractère devient alors une chimère, un hybride entre un personnage fantasmé et notre propre personnalité.


Gildas Blueford

vendredi 20 mai 2022

L'incident du 14 mai (suite)

Le 14 mai dernier, les visiteurs du musée du chapeau à Chazelles-sur-Lyon ont été les témoins de curieux phénomènes baptisés depuis « L’incident du 14 mai ». Lors des visites nocturnes du musée, d’étranges personnages sont venus perturber - de manière parfois assez bruyante – le travail des guides et la déambulation du public dans les salles des machines.
Trop accaparés à manipuler les machines dans d’inquiétantes expériences, ces individus ne semblaient cependant pas voir le public.
Les anciens du village racontent qu’ils pourraient être les fantômes d’une expérience survenue en 1904 dans l’usine.

Cette expérience et la disparition mystérieuse de ses protagonistes est relatée dans deux numéros du « Fringant Chazellois » - journal local - datés de juin 1904. Un certain professeur Gaspard Brignantin, profitant de l’imposante machine à vapeur de l’époque, aurait tenté une chronoportation.
La disparition de tous les membres de l’équipe reste à jamais gravée dans la mémoire des anciens et alimente encore aujourd’hui les théories les plus folles.

Les visiteurs du musée ont peut-être eu la preuve le week-end dernier qu’il ne s’agit pas que d’une légende…

Photos de l'Atelier-Musée du Chapeau
La chapellerie
31, rue Martouret
42140 CHAZELLE SUR LYON
04 77 94 23 29

mercredi 11 mai 2022

L'incident du 14 mai

- Monsieur le Directeur, je vois des choses étranges depuis quelques temps à l’étage des machines ! Il y a des… des ombres… des silhouettes… ou peut-être des échos d’une autre époque !
- Allons, c’est impossible mon cher, vous avez la berlue ! Nous savons tous que le musée a une âme, mais tout de même…
Extrait d’une conversation privée – Informations confidentielles
Et si le crépuscule donnait l’occasion aux machines du musée de la Chapellerie de Chazelle-sur-Lyon (Loire) de vous chuchoter à quel point elles ont parfois l’air d’être sorties de l’univers de Jules Verne ?
Rendez-vous au crépuscule au musée de la chapellerie de Chazelle-sur-Lyon ce samedi 14 mai 2022. La faille spatio-temporelle ne s’ouvrira que ce soir-là !
Atelier-Musée du Chapeau
La chapellerie
31, rue Martouret
42140 CHAZELLE SUR LYON
04 77 94 23 29

jeudi 5 mai 2022

Le Mondaneum

Après avoir disparus sans quasiment laisser de trace, puis redécouverts après l'explosion d'Internet, le Mundaneum et ses fondateurs, Paul Otlet et Henri La Fontaine, sont aujourd'hui identifiés comme les pionniers du Web et des moteurs de recherche et la préfiguration conceptuelle d'Internet

De quoi s’agit-il ?

Le Mondaneum nait en Belgique en septembre 1895. A l’époque il s’appelle l’Institut International de Bibliographie. Poursuivant les rêves encyclopédiques de Diderot et d'Alembert au XVIIIe siècle, son but n’est pas moins que de référencer la totalité des ouvrages parus depuis l’invention de l’imprimerie par Gutemberg en 1450. Cela revient à référencer la totalité de la connaissance humaine de l’époque. Cela ne vous rappelle pas Google et Wikipédia ?

Pour cela, les deux fondateurs décident de créer une fiche pour chaque ouvrage publié. Avec l’aide de correspondants internationaux, ils vont ainsi rédiger près de 18 millions de fiches en à peine moins de 40 ans ! Elles sont ensuite classées dans un meuble comprenant… 15 000 tiroirs !
Présenté à l’Exposition Universelle de Paris en 1900, le Répertoire bibliographique universel sera récompensé par une médaille d’or. Partant du constat que la connaissance ne se trouve pas seulement dans les livres, Paul Otlet élargit son champ d’action à d’autres sources d’information et devient le « père » de la documentation. Il invente alors la Classification décimale universelle (CDU) puis invente la microfiche normalisée pour gérer la documentation.
C’est à l’occasion de l’exposition universelle de Bruxelles en 1910 que sera créé le musée international. Paul Otlet et Henri La Fontaine en font, dans le prolongement de leur Institut International de Bibliographie, un lieu de connaissance ouvert à tous. 150 salles permettent au grand public d’accéder à la Connaissance : histoire, pays du monde, sciences et techniques.
L’étape suivante est de créer une « cité mondiale » lieu d’échange et de compréhension entre les peuples. L’architecte Le Corbusier participera, entre autres, à l’élaboration de la conception de celle-ci. Mais cette utopie pacifiste ne verra pas le jour à cause du contexte de l’entre deux guerre.

Dans une brochure intitulée "Les aspects du livre", Paul Otlet, visionnaire, écrit : « Demain la téléphonie n’aura plus de fil, comme déjà la télégraphie s’en est débarrassée. Alors, – qui nous défend d’y croire ? – nous assisterons à une nouvelle transformation du livre […] Chacun portera sur soi, dans son gousset, un tout petit cornet. Il l’accordera d’un tour de vis d’après l’intensité d’ondes adoptée par chaque centre émetteur. »

Reconnaissant ses origines dans le travail réalisé par Paul Otlet, Google décide de soutenir le Mundaneum afin d’honorer la mémoire de Paul Otlet et Henri La Fontaine en tant que pionniers de l’Internet en Europe.

jeudi 28 avril 2022

Les inventions du XIX° siècle que nous utilisons encore chaque jour

Encore aujourd’hui au XXI° siècle, nombre de nos gestes quotidiens s’appuient sur des inventions ou découvertes de l’ère Victorienne. Vous en doutez ? Voici le récit d’une journée ordinaire d’une habitante d’une grande ville au XXI° siècle.
Il est sept heures. Le réveil (Seth Thomas Clock Company – 1876) sonne. Elle allume la lumière (Thomas Alva Edison et Joseph Wilson Swan – 1879) puis se lève pour aller petit déjeuner d’un bon café filtre (Jean-Baptiste de Belloy – 1800) et de croissants sortant du four électrique (Wilhelm Siemens – 1861). Elle allume la radio (Marchese Guglielmo Marconi – 1899) pour écouter les dernières nouvelles.

La sonnerie du téléphone (Alexander Graham Bell – 1876) retentit. C’est le pressing qui lui rappelle de venir récupérer son chemisier en soie synthétique (Hilaire Bernigaud de Chardonnet – 1884). Elle file à la salle de bain pour se laver les dents avec son nouveau dentifrice (Washington Sheffield – 1892) et se coiffer. Elle regarde sa montre bracelet (Abraham-Louis Breguet – 1810) et s’aperçoit qu’elle est déjà en retard.

Pour aller plus vite elle ne prendra pas l’ascenseur (Elisha Graves Otis – 1854) mais prendra les escaliers pour rejoindre sa voiture électrique (Gustave Trouvé – 1881). Dans les embouteillages, elle pense à ses prochaines vacances où elle prendra l’avion (Wilbur et Orville Wright – 1903) pour se rendre aux Etats-Unis. Mais dans l’immédiat, elle se dit qu’elle aurait dû prendre le métro (Charles Pearson - 1863) ou le tramway (Thomas Davenport – 1834) pour éviter ce bouchon provoqué par un camion-frigorifique (G. F. Swift – 1877) en train de livrer.

Ce soir, pour se détendre, elle ira au cinéma (Auguste et Louis Lumière – 1895) ou à une exposition de photographie (Jacques DAGUERRE – 1838) dont elle a noté l’adresse dans son agenda à l’aide du stylo à plume (Lewis Edson Waterman- 1884) que lui a offert son mari.

jeudi 21 avril 2022

Un gramophone à assembler

La rédaction du Gramophone Beuglant ne pouvait résister à l’envie de se faire offrir ce magnifique objet : un gramophone fonctionnel à assembler !
Tout d’abord il est important de préciser qu’il faut compter de nombreuses heures pour assembler les 424 pièces composant ce gramophone. Tous les éléments nécessaires au montage sont inclus dans la boîte : vis, courroies, tournevis, papier abrasif, paraffine, etc. La durée de montage associée à certaines petites pièces particulièrement délicates à assembler font qu’il est à déconseiller aux enfants. Il est plutôt destiné aux amateurs ayant déjà une expérience dans le montage de ce type de kit.
Mais une fois assemblé, le résultat est vraiment superbe. Et, détail pratique, ce gramophone peut réellement lire les disques vinyles 33, 45 et 78 tours ! La lecture ne nécessite aucun branchement mais juste un peu d’huile de coude pour tourner la manivelle. Le volume sonore est réglable via une molette. Ne vous attendez cependant pas à une grande qualité de son, ce dernier rappelant le son des premiers phonographe !
La manivelle servant à la fois pour entraîner le disque et pour alimenter l’amplificateur, une prise USB est aussi présente pour alimenter directement l’ampli ce qui améliore sensiblement la qualité du son. Le changement de vitesse s’effectue en changeant le disque d’entraînement ce qui nécessite une petite intervention à l’intérieur de la machine.
Un très bel objet de décoration qui surprendra vos invités lorsque vous leur ferez écouter le disque vinyle fourni avec le gramophone !


jeudi 7 avril 2022

Jules Verne un héros moderne !

Jules Verne est aujourd’hui l’un des écrivains les plus traduits à travers le monde. Ses œuvres ont été traduites dans une centaine de langues allant de l’anglais jusqu’au maori. Il est considéré comme l’un des pères de la science-fiction aux côtés de Mary Shelley et de HG Wells - ce dernier était d’ailleurs un de ses lecteurs.

Ce succès s’est manifesté de son vivant. Dès l’invention du cinématographe, les réalisateurs se sont emparés de ses œuvres pour les porter à l’écran comme Georges Mélies qui s’inspira du roman De la terre à la Lune pour réaliser en 1902 son célèbre Voyage dans la Lune. Aujourd’hui ce n’est pas moins de 300 films qui s’inspirent de manière plus ou moins directe des romans de Jules Verne ; on trouve également de nombreuses bandes dessinées, jeux vidéo, etc.
De grands noms comme James Cameron ou Stan Lee revendiquent une filiation artistique ou un attrait pour les œuvres de Jules Verne. Tout comme les réalisateurs de cinéma s’associent aujourd’hui avec des scientifiques renommés pour s’assurer de la crédibilité scientifique de leur film (le paléontologue Jack Horner pour Jurassic Parc ou Kip Thorne – Prix Nobel de physique – pour Interstellar), Jules Verne s’est associé à son cousin Henri Garcet, mathématicien, pour écrire ses deux romans sur l’espace : De la Terre à la Lune et Autour de la Lune. Ces deux œuvres inspireront aussi Hergé qui publiera, sur ce même thème, deux bandes dessinées comme un hommage à Jules Verne dont il est l'un des héritiers artistiques : Objectif Lune et On a marché sur la Lune.

Pierre Jules Hetzel, l’éditeur de Jules Verne, peut d’une certaine manière être considéré comme un producteur moderne. Il possède une grande influence sur lui et parvient à lui faire modifier certains personnages comme le capitaine Nemo qui était à l’origine un prince russe ; en effet, il craignait de perdre les lecteurs russes… Hetzel, qui perçoit les attentes de ses lecteurs, refuse de publier Paris au XXI° siècle car c’est une dystopie qui risque de ne pas être appréciée par le public.

Jules Verne va jusqu’à être considéré comme le premier héros de la Pop Culture ! Sa présence dans les parcs d’attraction Disney avec le Nautilus ou le Space Mountain accrédite cette thèse. Walt Disney était un admirateur de Jules Verne et a d’ailleurs produit 20 000 lieues sous les mers, à l’époque le film le plus cher de l’histoire du cinéma. D’autres marqueurs confirment le caractère « populaire » de l’œuvre de Jules Verne : le fait que ses œuvres embrassent le monde entier et qu’elles soient transgénérationnelles. Il n’est pas rare que les œuvres de Jules Verne soient découvertes à l’enfance (Hetzel les destinait d’ailleurs à un jeune public) et les lecteurs y reviennent à l’âge adulte et les font découvrir à leurs enfants.

Plus de 150 ans après la publication de son premier roman, l’héritage de Jules Verne est donc encore très présent dans l’imaginaire collectif. Il n’est donc pas surprenant, à bien des égards, qu’il soit aussi l’icône du petit monde Steampunk !

vendredi 1 avril 2022

Le Gramophone Beuglant en danger !

Une nouvelle fois nous n'avons pas pu résister à la tentation de la blague du 1er avril ! Regardez bien la date de parution… Il s’agissait en effet d’un « poisson d’avril ». Le nom générique « Gramophone » n’est pas protégé et de nombreuses sociétés ou établissements portent d’ailleurs ce nom.

Encore un grand merci à vous tous et désolé de vous avoir ému pour rien ! A la semaine prochaine pour un nouvel article.

Le Gramophone Beuglant pourrait bientôt disparaître de vos écrans. En effet, c’est ce que souhaiteraient les actuels propriétaires de la marque « Gramophone ». Car ce nom est toujours une marque et donc à ce titre protégé !

Lorsque l'ingénieur américain d'origine allemande Émile Berliner invente la gravure à largeur variable sur un disque, il en dépose le brevet en 1887. Il nomme son appareil le gramophone, sans doute l'inversion approximative du mot phonographe ou un emprunt à télégramme.
 
Aujourd’hui, en l’absence de paiement de royalties, les détenteurs de la marque « Gramophone » souhaitent interdire le Gramophone Beuglant.

Soutenez votre gazette Steampunk en partageant ce message.



jeudi 24 mars 2022

Savoir parler au XIX° siècle

Madame, vous avez revêtu votre plus belle robe à faux cul, posé un magnifique bibi sur votre tête et pris votre ombrelle préférée ?

Monsieur, vous voilà vêtu d’une resplendissante chemise ornée d’un nœud d’Ascot et d’un gilet du plus bel effet, et votre chef est orné d’un élégant chapeau haut-de-forme ?

Tout en vous respire la bourgeoisie du XIX° siècle si chère aux vaporistes… à part peut-être un détail que vous avez négligé. Je veux parler de votre langage. Impossible d’être crédible en gentleman du XIX° avec un langage du XX°, qui plus est si celui-ci est « fleuri ».
Loin de nous l’idée de vous apprendre la manière dont parlaient nos lointains ancêtres de cette fin de XIX° siècle, mais nous vous proposons ci-dessous quelques réflexions à ajouter à votre vocabulaire, des phrases qui devraient vous permettre d’être plus crédible en dandy victorien. Pour le moins, au quotidien, ces réflexions vous feront vous distinguer de votre entourage.

Ne dites pas « Dégage de ma vue » mais plutôt « Veuillez passer votre chemin ».
Ne dites pas « J’m’en fous » mais plutôt « Je suis au regret de vous dire que je n'en ai cure ».
Ne dites pas « Toi, j’vais te buter » mais plutôt « L’idée de vous occire vient de me traverser l’esprit ».
Ne dites pas « Ta gueule » mais plutôt « Auriez-vous l’obligeance de bien vouloir vous taire ».
Ne dites pas « J’en ai ras-le-bol » mais plutôt « La coupe est pleine ».
Ne dites pas « Casse-toi » mais plutôt « Je vous ai assez vu ».
Ne dites pas « T’es con ou quoi » mais plutôt « Jouissez-vous de toutes vos facultés intellectuelles ? ».
Ne dites pas « Y’en marre » mais plutôt « Je suis las ».
Ne dites pas « Compte-là-dessus » mais plutôt « Mon cher ami, vous vous bercez de douces illusions ».
Ne dites pas « Crève ! » mais plutôt « Sans vous le monde serait encore vivable ».
Ne dites pas « Tu me gonfles » mais plutôt « Mon agacement est de votre fait » ou bien encore « Vous m’indisposez ».
Ne dites pas « File-moi ton blé » mais plutôt « Oserais-je, derechef, solliciter votre générosité ? ».
Ne dites pas « Excuse ! » mais plutôt « Soyez aimable d’accepter mes plus humbles excuses ».
Ne dites pas « J’ai merdé sur ce coup-là » mais plutôt « Je crains de m’être fourvoyé dans cette affaire ».
Ne dites pas « Tout ce blabla c’est des conneries » mais plutôt « Cet engagement me semble tenir de l’absurde ».
Ne dites pas « C’est un casse-couille » mais plutôt « Que voici un magnifique spécimen d’orchidoclaste ».
Ne dites pas « C’est une vraie tête de nœud » mais plutôt « Nous sommes en présence d’un nodocéphale de la plus belle espèce ».

Avec ce petit bagage linguistique vous êtes désormais prêt à intégrer la haute bourgeoisie victorienne ! 

jeudi 17 mars 2022

La photographie post-mortem

La photographie post-mortem ou photographie funéraire se développe dans la seconde moitié du XIX° siècle assez rapidement après l’invention de la photographie en 1839.
Jusqu’alors, le seul moyen de garder l’image d’une personne décédée était de commander une peinture. C’était long et coûteux, donc réservé à une élite de la société. L’invention du daguerréotype offre à l’entourage du défunt la possibilité de conserver rapidement un souvenir du disparu et ce, à moindre coût. C’est d’ailleurs souvent la seule photographie de la personne décédée.
Mise en scène
Des photographes vont alors se spécialiser dans cette pratique. Le défunt est le plus souvent photographié assis voire debout pour donner l’illusion d’un cliché pris de son vivant ou bien il est représenté dans son sommeil. La photographie du défunt dans son cercueil apparaîtra plus tard. Les photographes ont alors recours à divers accessoires afin de donner une posture crédible au disparu : trépieds, repose-tête ou repose mains qu’ils vont dissimuler au mieux sous un drapé ou derrière un meuble. Il n’est pas rare qu’une partie de ces accessoires soit visible sur une photo, dénotant une photo post-mortem.
Accessoire permettant la position debout
Un long travail est fait sur le regard comme la couture des paupières afin que celles-ci restent bien ouvertes. Très vite, les photographes spécialisés vont mettre le défunt en scène au milieu de sa famille, bien vivante quant à elle !
Les parents posent avec leur fille décédée. Notez que le défunt est le seul à être net sur la photo
Durant l’ère victorienne, la mortalité infantile est importante et de nombreux parents se font photographier avec, dans leur bras, leur enfant décédé.

Pour reconnaître sur un cliché familial post-mortem quel est le défunt, il suffit de regarder la personne la plus nette ! En effet, à l’époque, la durée de la prise de vue est de plusieurs minutes et les vivants vont avoir tendance à légèrement bouger et donc à être légèrement flous.

Cette pratique de la photo post-mortem va progressivement disparaître avec la démocratisation de la photographie pour le grand public. Il est désormais possible de photographier ses proches de leur vivant et donc la photographie funéraire n’a plus d'utilité.

jeudi 10 mars 2022

Elle a connu la Reine Victoria… et est toujours en vie !

Jonathan est la plus vieille tortue des Seychelles et s’apprête à fêter ses… 190 ans ! Elle serait née en 1832 et vit depuis 1880 sur l’ile de Sainte-Hélène dans l’Atlantique sud.

Son âge a été estimé depuis la découverte d’une photo datant de 1882 sur laquelle elle possède une taille adulte estimée à environ 50 ans.
Elle est donc contemporaine du premier cliché photographique, de la première communication téléphonique, de l’arrivée de l’électricité, etc.

C’est une icône locale, un symbole de persistance et d’endurance puisque pendant que les guerres, les famines, les épidémies, les souverains se sont succédés, que des nations sont nées et ont disparu, Jonathan a vécu sa vie, tranquillement, totalement inconscient du passage du temps.