vendredi 26 mars 2021

Le premier enregistrement sonore

Le grand public a retenu que la première personne à reproduire un son enregistré fut Edison avec son phonographe en 1877. Ce que l’on sait moins, c’est qu’Edison ne fut pas réellement le premier à réaliser cette prouesse technique ; en effet, le premier enregistrement sonore date de 1854 soit plus de vingt ans auparavant !

Le phonotaugraphe de Scott de Martinville

Pour cela, Scoot de Martinville invente le phonautographe, appareil composé d’un pavillon relié à un diaphragme qui transmet les vibrations du son à un stylet, qui « imprime » alors une bande de papier noircie à la fumée tournant autour d’un cylindre. Il en dépose le brevet le 25 mars 1857. La technique utilisée est la même que celle toujours actuellement utilisée pour les sismographes. Le phonautographe produit des images de vibrations sonores en traçant les ondes sonores sur une bande de papier noirci.

Image des vibrations sonores imprimées sur du papier noirci à la fumée

S’il sait « enregistrer » le son, Scott de Martinville ne sait malheureusement pas le lire et le restituer. Par conséquent le premier son enregistré n’est pas le premier à être lu ! Le phonautographe ne sera vendu qu’à des laboratoires scientifiques ou à des établissements d’enseignement pour des recherches sur l’acoustique.

Scott de Martinville ne fera malheureusement pas fortune avec son invention lorsqu'il en vendra le brevet. Il déclarera, lors de la sortie du phonographe d’Edison, souhaiter que l’on n’oublie pas son nom dans l’histoire ; c’est ce que, modestement, nous faisons aujourd’hui.

En 2008, des chercheurs américains parviendront à restituer le son d’une bande enregistrée en 1860 sur un phonautographe. La voix aiguë, d’abord attribuée à une femme chantant « Au clair de la lune » pendant une dizaine de secondes, s’avèrera au final être une voix grave chantant la même chanson pendant une vingtaine de secondes, vraisemblablement celle de Scott de Martinville. Cette courte chanson est donc le plus vieil enregistrement sonore de l’histoire humaine.





jeudi 18 mars 2021

Le coffret microscope

Lorsqu’il part en expédition, Gustave Boileau ne se sépare jamais de son matériel d’observation. C’est pourquoi l’atelier du Gramophone Beuglant lui a confectionné ce coffret à l’épreuve des aléas des voyages, qu’ils s’effectuent en steamer ou à dos de chameau !

Notre rédacteur en chef y retrouve son microscope préféré – un Lemardeley de la plus belle facture – une seringue Bourguignon et quelques accessoires fort utiles dans des contrées lointaines !


jeudi 4 mars 2021

La petite histoire du chapeau claque

Le chapeau claque est un chapeau haut-de-forme qui offre la possibilité de s’aplatir à l’aide de ressorts mécaniques. Lorsqu’il est replié, un coup de pouce suffit pour qu’il reprenne sa forme initiale.

Au XIX° siècle, le chapeau haut-de-forme est l’attribut de la bourgeoisie. Il incarne la respectabilité de cette classe sociale et est l’accessoire indispensable de l’habit de soirée. Il se porte traditionnellement avec une redingote ou avec une queue de pie. Il est réservé aux soirées, aux bals, aux mariages ou aux courses hippiques. Mais à l’opéra, où son porteur à l’obligation de déposer cet élégant accessoire, il pose un indéniable problème de rangement.
Les premiers essais  de chapeau haut-de-forme pliable ont lieu en 1824 en Angleterre, mais c’est un français, Antoine Gibus (dont le nom de famille deviendra un nom commun désignant un type de chapeau) qui dépose le premier brevet de « chapeau à forme pliante dans le sens perpendiculaire » le 23 juillet 1834. Il s’inspire pour cela des chapeaux-bras du XVIII° siècle que l’on peut porter sous le bras comme par exemple le bicorne. La famille Gibus déposera ensuite pas moins d’une trentaine de brevet de chapeaux mécaniques entre 1834 et 1870.
Le mécanisme à ressort du chapeau claque normalement dissimulé sous le tissu
Il est composé de satin de velours noir et se range dans une boîte en carton fermée par deux rubans de soie et ornée d’une poignée en laiton. Il doit son nom au bruit provoqué par le mécanisme à ressort en se dépliant. Il est porté principalement lorsque son propriétaire se rend dans des lieux peu spacieux comme le théâtre ou l’opéra. Une fois replié il peut alors être mis sous les genoux ou tenu sous le bras. Les anglais l’appelleront  d’ailleurs « Opera hat » ou chapeau opéra.

Le nécessaire anti-vampires

Lorsque l’on demandait à Gildas Blueford le contenu du livre qu’il ne manquait pas de prendre avec lui les nuits sans lune, il répondait alors que ce contexte se prêtait bien à la lecture des histoires de vampires… Mais disait-il réellement la vérité ?

Pas si sûr ! Gildas Blueford n’était pas homme à se promener une nuit de pleine lune sans un minimum d’équipements adéquats. Ce livre n’était-il pas plutôt un nécessaire de lutte et de protection contre les créatures vampiriques ?

Qui s’aventurait à le feuilleter y trouvait, non pas l’histoire du héros de Braham Stocker mais des pieux en chêne massif et un maillet du même bois au manche recouvert de cuir pour une prise ne main optimale. Une croix en argent fixée dessus en assure une efficacité accrue.
Il y trouvait aussi tout ce dont il pourrait avoir besoin en présence de créatures maléfiques : quelques fioles contenant de l’eau bénite, du sel et des dents de vampires sans oublier la tenaille pour les extraire afin de rentrer à son domicile en ayant la preuve d’avoir vaincu quelques-uns de ces monstres assoiffés de sang.
Bien entendu, un chapelet, une bible et une statue de la vierge complète l’ensemble, sans oublier le chapelet à cœur momifié des établissements D-Rivets ainsi que quelques gousses d'ail, accessoires indispensables d’une bonne chasse aux vampires.

vendredi 26 février 2021

Le Prestige

Le Prestige n’est pas à proprement parler un film Steampunk. Vous n’y verrez pas de complexes et improbables machines à rouages (quoique !), mais pour la rédaction du Gramophone Beuglant, il colle parfaitement à l’esprit du genre.

Tout d’abord, Christopher Nolan, le réalisateur, nous immerge dans une magnifique reconstitution de Londres à la fin du XIX° siècle au travers d’une esthétique sombre mariant le passé et le futur, technologie d’époque et futuriste. Il arrive à recréer une atmosphère gothique très steampunk, que ce soit dans les rues de Londres ou lors de l’exposition scientifique au Royal Albert Hall.
L’intrigue décrit la lutte acharnée de deux magiciens incarnés par Hugh Jackman et Christian Bale dans une course obsessionnelle pour réaliser le tour de l’homme transporté. Mais ce n’est pas l’univers de la magie qui intéresse le réalisateur, c’est l’affrontement entre un homme de spectacle et un technicien. Par-delà cette rivalité, c’est l’opposition entre spectacle et science, entre magie et réel. En filigrane, on peut presque deviner l’opposition entre Méliès et les frères Lumière !
La pépite du film, la cerise sur le gâteau, c’est l’apparition de Nikola Tesla, dans son laboratoire de Colorado Spring. Plus qu’un clin d’œil, ce personnage participe pleinement à l’intrigue et par son invention, à l’un des rebondissements de l’histoire. Il est joué par David Bowie, excellent dans ce rôle.
Avec son duel d’acteurs, sa mise en scène esthétique et son script brillant, Nolan signe là un grand film qui devrait ravir les amateurs de Steampunk.
Le Prestige de Christopher Nolan (2006)

vendredi 19 février 2021

Le moteur Stirling

Le 27 septembre 1816, le pasteur et mécanicien Robert Stirling vient déposer un brevet pour une invention qui pourrait révolutionner l’industrie, les transports et bien d’autres domaines. En effet, dans cette époque dominée par les machines à vapeur, celles-ci ont une certaine tendance à exploser, en raison de l’immense pression qui y règne. Pour cela, il faut se passer d’une chaudière et donc alimenter le moteur en énergie (sous forme de chaleur) depuis l’extérieur de l’appareil. Il met donc au point un moteur qui portera son nom : le moteur Stirling.
Le moteur Stirling est un moteur à air chaud : il n’y a pas d’eau ni de vapeur, simplement de l’air qui est chauffé puis refroidit en circulant à travers différents pistons.

Une chambre est d’abord chauffée (à l’aide d’une flamme), l’air se trouvant à l’intérieur se dilate et vient pousser un piston. Lorsque celui-ci est complètement déplacé, l’air peut alors s’engouffrer dans une seconde chambre plus froide et vient faire pression sur un second piston. Mais les deux pistons sont liés et cette action vient repousser le piston de la chambre chaude, évacuant tout l’air restant dans la chambre froide. À ce moment, l’air se refroidit, se contracte et déplace le piston froid en sens inverse ce qui a comme effet de déplacer l’air vers la chambre chaude et le cycle recommence.
Les mouvements de va-et-vient des pistons entraînent une roue qui peut alors servir à activer une machine.

Bien que ce moteur soit plus sûr, moins bruyant et possède un meilleur rendement, il n’est pas aussi puissant que les machines à vapeur qui lui sont contemporaines, ce qui scellera son destin et il ne sera alors presque pas utilisé dans l’industrie. Bien que ce moteur sera par la suite amélioré, il ne connaîtra jamais le succès envisagé par Robert Stirling et son frère, qui travailla aussi sur ce projet.

À la fin du 19e siècle, Gustav Schmidt étudiera le fonctionnement de ce type de moteurs et arrivera à le mettre en équation. Cela s’appellera dès lors le cycle thermodynamique de Stirling

Le Gramophone Beuglant a pu se procurer un prototype de ce moteur révolutionnaire et vous en propose une démonstration.
Des essais pour faire tourner les presses à imprimer du Gramophone à l’aide d’un moteur Stirling sont toujours en cours.

Affaire à suivre...
 
Gildas Blueford

jeudi 11 février 2021

Paris au XIX° siècle et en relief

En près de 112 photographies stéréoscopiques et 48 détails, Giovanni Fanelli et Barbara Mazza nous font découvrir Paris à la fin du XIX° siècle au travers de ses rues, de ses boulevards mais aussi de ses places, de ses gares, de ses marchés, etc. tels que les photographes de l'époque l'ont immortalisée.
Plus qu’une simple collection de photographies, une explication technique ou sociale vient soutenir chacun de ces clichés, témoignages du XIX° siècle, pour nous aider à mieux comprendre la vie de Paris et des parisiens de cette époque. Dommage que les explications soient regroupées à la fin de chaque chapitre et n'aient pas été insérées directement sous chacun des clichés.
Un chapitre est aussi consacré à l’apparition des vues stéréoscopiques à partir de l’exposition universelle de 1851 au Crystal Palace de Londres et à l’engouement qu’elles susciteront lors de la première exposition universelle de Paris en 1859.
Afin de vous permettre de profiter de ce précieux héritage en relief, une paire de lunettes est fournie avec le livre. Cependant celle-ci ne permet que difficilement de voir les images en relief. Un stéréoscope en carton aurait été préférable.
Un ouvrage à posséder pour tout amoureux de Paris à l’époque victorienne pour le témoignage qu'il nous apporte sur cette époque et qui pourra aussi éventuellement être une source d’inspiration pour la création de costumes.
Paris animé, Paris instantané: Photographies stéréoscopiques 1850-1900
Livre de Giovanni Fanelli et Barbara Mazza

jeudi 4 février 2021

Un manuscrit du 10 août 1856 découvert en 2021 !

Un texte manuscrit du 10 août 1856 vient d’être découvert lors de travaux réalisés dans un mur de la chapelle Sainte-Croix-de-Jérusalem à Dijon.

Un papier plié en six a été découvert fin janvier 2021 par des maçons qui travaillaient à la restauration de la chapelle Sainte-Croix-de-Jérusalem à Dijon. Sentant une pierre bouger, ils l’ont extraite du mur et ont trouvé derrière un papier plié en six et déposé volontairement à cet endroit par un précédent maçon… du 10 août 1856 !

Cette lettre a été rédigée par Nicolas Godard, maçon ayant travaillé dans la chapelle en 1856 lors de travaux de maçonnerie, de charpente, de plâtrerie, de serrurerie et de ferblanterie qui y furent menés dans les années 1855-1858.

Il y raconte qu’avant d’être maçon, à l’âge de 18 ans, il a participé à la guerre de Crimée qui a opposé de 1853 à 1856 l’empire Russe à une coalition formée de l’empire Ottoman, de la France, du Royaume Uni et du royaume de Sardaigne. Il a été marin sur « L’Orénoque », une frégate à vapeur.

Il explique aussi qu’à cette époque règne une grande misère dans la ville de Dijon. En cause, peut-être, les pluies torrentielles qui s’abattent sur une partie de la France et provoquent des crues dans la vallée du Rhône.

Ce type de document laissé par des artisans n’est pas rare, mais la grande majorité d’entre eux ne sont jamais découverts ou se détruisent au cours du temps à cause de l’humidité. Ce témoignage rare nous replonge en quelques lignes directement dans la France de Napoléon III.

Il est intéressant de noter que cette lettre rédigée par un artisan l’est dans un excellent français et que son auteur cite même un vers de Racine. Cela donne une idée de l’instruction de son auteur.


Cette lettre sera déposée aux archives municipales de la ville de Dijon.

Au recto
"En cette chapelle étant en réparation a travaillé le sieur Godard marin [congédié ?] de la frégate à vapeur l'Orénoque après avoir fait la campagne de Crimée à l'âge de 18 ans, natif de Moloy canton d'Is sur Tille Côte d'or
Celui qui met des freins à la fureur des flots sait aussi des méchants arrêter les complots
Noms des ouvriers plâtriers : Guillemain Chaser Nicolas Villemain Godard Nicolas
année 1856"
 
Au verso
"10 août
Boutique de Monsieur Lambert plâtrier cour du cheval blanc rue Saint Nicolas
Au moment où ces lettres sont écrites la plus grande misère existe à Dijon"
 
Nicolas Antoine Godard, fils d'Antoine Godard cordonnier et de Marie Boyer, est né le 14 février 1838 à Moloy en Côte d'Or. Son témoignage évoque son passage sur le trois mâts « L'Orénoque ». Ce navire à propulsion mixte (voiles et vapeur) fut mis à la mer en 1843 et devint l'un des navires de la flotte française au cours de la guerre de Crimée, mobilisé notamment au cours du siège de Sébastopol. Il fut sorti de la flotte de l'armée française en 1878 pour être transformé en baleinier.
Comme une devise, Nicolas Godard complète sa biographie sommaire par une citation tirée de l'Athalie de Racine : "Celui qui met des freins à la fureur des flots sait aussi des méchants arrêter les complots". Cette mention se rapporte-t-elle à l'Orénoque ou à un épisode de la vie de Nicolas Godard ? Les interprétations à l'heure actuelle restent ouvertes.
 
Dans son texte, l'ouvrier fait référence à la boutique de monsieur Lambert, plâtrier, cour du cheval blanc. Située 36 rue Saint-Nicolas (actuelle rue Jean-Jacques Rousseau), cet îlot d'habitation abrite alors des ouvriers et des artisans - relieurs, doreurs, serruriers, couvreurs, tailleurs de pierre, menuisiers...- parmi lesquels la famille Lambert.
 
Enfin le document nous interpelle par la mention finale écrite par l'ouvrier-plâtrier. Pour témoigner du quotidien de ses semblables, il conclut son texte en indiquant « Au moment où ces lettres sont écrites la plus grande misère existe à Dijon ». Mention troublante qui fait resurgir la vie, souvent difficile, des plus humbles, plus de 165 ans après avoir été écrite.

jeudi 28 janvier 2021

Gustave Boileau

Gustave Boileau est né en Bourgogne dans la seconde moitié du XIX° siècle. Malgré un patronyme peu en rapport avec son activité, il est le fils unique d’une famille de viticulteurs dont l’origine remonterait au Moyen-Âge. Il entreprend des études de géographe, ce qui lui donne le goût des voyages et lui permet de parcourir le monde durant sa jeunesse. Il voyage notamment en Afrique où il croise le professeur Brétavia. Puis, de retour en France, il décide de reprendre l’exploitation familiale.

La crise du phylloxéra qui atteint la Bourgogne dans les années 1880 et qui touche la moitié du vignoble aura raison de son exploitation. Il délaisse la viticulture mais ne quitte pas le milieu vinicole qu’il connait bien pour se concentrer sur le seul négoce du vin. Le marché anglais naissant et florissant lui permet d’amasser une petite fortune.

Mais il n’est pas pleinement satisfait de sa carrière. Il lui manque ce petit quelque chose qui comblerait sa vie. Depuis sa plus tendre enfance, il rêve de communiquer ; il va donc décider de s’acheter un journal !

Le petit pactole amassé avec la vente de vin aux anglais lui permet de s’offrir un petit journal de province qui vivote : « Le Gramophone Beuglant ».

Il s’entoure d’une équipe réduite en la personne de Gildas Blueford, un jeune alchimiste qui parcourt le monde (lui rappelant peut-être sa jeunesse passée à voyager) et de Miss Adélaïde Froufrou, une assistante polyvalente qui tient le journal en l’absence du patron et sans qui le journal ne serait pas ce qu’il est.

Le coup de génie de Gustave Boileau va consister à exploiter la récente création de l’ingénieur allemand Emile Berliner pour faire passer le « Gramophone Beuglant » du statut de petit journal de province distribué par des crieurs à un journal d’envergure national.

A l'écoute du Gramophone Beuglant en 1900
En gravant les articles sur un disque de cire lisible par un Gramophone et en les livrant chez ses abonnés par la Poste ou par porteur spécial dans les grandes villes, il offre à qui le souhaite la possibilité d’avoir la vie du monde dans son salon. C’est la création des actualités radiophoniques avant l’heure !

Livraison du Gramophone Beuglant en 1900
Aujourd’hui encore, le Gramophone Beuglant reste un journal à la pointe de l’actualité de cette période de transition entre le XIX° et le XX° siècle naissant.

dimanche 24 janvier 2021

L'invention de la photographie

La première photographie de l’histoire a été prise en 1826 par le français Nicephore Niépce. Elle représente une aile de sa propriété, dans le village de Saint-Loup-de-Varennes (Saône-et-Loire) où l’inventeur réalisait ses expériences. Elle aurait nécessité 8h de pose ! Elle est le fruit d’un long travail  débuté en 1816 mais sans qu’il arrive à fixer ses photos sur un support. Le procédé des daguerréotypes sera découvert par Louis Daguerre en 1835. Le brevet de la photographie sera ensuite acheté par la France en 1839 qui « en dotera libéralement le monde ».
La première photographie de l'histoire
Pour prendre ses première photos, Nicéphore Niépce utilise une chambre noire, c’est-à-dire une boîte noire percée d’un trou muni d’une lentille. La chambre noire est un principe connu depuis l’antiquité et il existait aussi des procédés de production d’images mais celles-ci possédaient le gros désavantage de s’effacer assez rapidement à la lumière. L’image est projetée sur le fond de la boîte où se trouve, dans un premier temps, une feuille de papier enduite de sels d’argent qui ont la particularité de noircir à la lumière. Cela donne un négatif mais celui-ci n’est pas fixé c’est-à-dire que le papier continue de noircir à la lumière. Personne n’avait jusqu’à présent réussi à « fixer » définitivement l’image sur un support. C’est ce à quoi arrivera Niécphore Niépce en utilisant du bitume de Judée, une résine minérale, sorte de goudron qui durcit à la lumière.
La chambre noire utilisée par Nicéphore Niepce
A l’époque, on ne parlait pas encore de photographies mais de daguerréotypes du nom de Louis Daguerre qui a poursuivi les travaux de Niépce après sa mort. Les daguerréotypes étaient enregistrés sur des plaques de cuivre argenté poli et exposées à la lumière.
Daguerréotype de 1839 avec sa plaque d'authentification
Celles-ci étaient peu réactives et il fallait poser sans bouger ni cligner des yeux pendant de longues minutes avant que la plaque ne soit impressionnée. Cela limitait donc les daguerréotypes au portrait et interdisait toute prise de vue de sujet en mouvement. Considérant qu’il était difficile voire impossible de rester plusieurs minutes sans cligner des yeux on demandait au modèle de fermer les yeux. Les yeux étaient alors ensuite dessinés directement sur la photo. Ce procédé sans négatif ne permettait pas la reproduction de l’image.

Chaise avec système permettant de tenir le buste immobile utilisé pour les prises de vues avec daguerréotypes.
Le traitement et le développement des daguerréotypes nécessitait de manipuler des substances très dangereuses c’est pourquoi il était à l’époque réservé aux professionnels.
En 1841, un anglais du nom de William Talbot mettra au point un système capable de fixer les images sur du papier. Les premiers appareils grand public inventés par un américain, George Eastman, ne verront, quant à eux, le jour qu’en 1888. Ce sera alors le début de la démocratisation de la photographie, la rendant accessible au plus grand nombre.


jeudi 14 janvier 2021

La cité des enfants perdus

Pénétrer dans la cité des enfants perdus c’est pénétrer dans un univers glauque, cauchemardesque à l’esthétique steampunk assumée réalisé par Jean Rabasse (césar du meilleur décor en 1996 pour ce film).
On y entre par une fête foraine, dans la tradition des arts forains 1900, avec son fort des halles, son montreur de puces savantes ou bien encore ses sœurs siamoises. Les personnages que l’on rencontre tout au long du film – un casting de « gueules » de cinéma parmi lesquelles Dominique Pinon, Jean-Claude Dreyfus, Hadji-Lazaro, Ron Perlman,  Daniel Emilfork, etc. - sont autant de références au monde du freak show.
Puis l’on déambule dans une ville portuaire hors du temps, faite de tubes de cuivre, de briques sales, de mines aquatiques, de machineries rétrofuturistes et de vieux rafiots noyés dans une épaisse brume.
On y croise aussi une bande d’inquiétants cyclopes dotés d’un équipement visuel et auditif de la plus belle facture steampunk ainsi qu’un pied lourd !
Puis c’est la découverte de la plateforme perdue en mer et dans le brouillard, habitée par un étrange personnage entouré de clones et d'un un cerveau flottant dans un aquarium, quintessence de l’esthétique steampunk ! C’est ici qu’un scientifique fou dénommé Krank (mauvais en allemand, tout un programme !), fait enlever des enfants pour leur voler leurs rêves, seule solution pour ne pas vieillir.
Que ce soit son laboratoire ou la salle des machines (que n’aurait pas reniés le professeur Gaspard Brignantin !), tout concourt à une ambiance visuelle unique, baroque. Car au–delà du conte pour adulte, c’est l’atmosphère et l’univers visuel de ce film qui nous ont séduits et qui est, pour nous, une source d’inspiration steampunk.
Film de Marc Caro et Jean-Pierre Jeunet de 1995

jeudi 7 janvier 2021

Le Perfescope

Un stéréoscope est un instrument d’optique doté de deux oculaires permettant de voir un couple de photographies prises côte à côte donnant ainsi l’effet de relief. Cet effet est basé sur la perception du cerveau qui reconstitue une seule image en relief à partir de la vision de deux images différentes provenant de chaque œil.
Dès le XIX° siècle apparaissent les premiers stéréoscopes pour observer de telles images. Il est à noter que le stéréoscope apparaît un peu avant la photographie, l’effet de relief étant constitué par la vision de deux dessins légèrement différents reproduisant la vision que chaque œil pouvait avoir d’une scène.
Parmi ces objets, le stéréoscope dit de Holmes est constitué de deux lentilles insérées dans une « visière » en bois ou en métal, d’un support coulissant (pour s'adapter à la vue et à l'image) lui aussi en bois ou en métal supportant le couple d’image et d’un manche (ici repliable) permettant de tenir l’appareil.
Ce type de stéréoscope sera produit de 1850 à la moitié du XX° siècle. Ce modèle, produit par la société HC White du nom de son créateur, photographe, éditeur et inventeur. Il commencera sa carrière en 1870 en meulant des verres de lunettes. C’est cette expérience qui lui permettra de fabriquer des stéréoscopes d’excellente qualité et d’en devenir le premier fabricant mondial au début du XX° siècle. Le brevet sera déposé le 15 octobre 1895 au États-Unis et le 1er février 1896 en Europe.
Mais ce n’est qu’en 1899 qu’il se lance aussi dans la production d’images stéréoscopiques. Dans un premier temps, HC White réalise lui-même les cliches stéréoscopiques mais très vite il confie cette tâche aux employés de sa société. La production durera jusqu’à la seconde guerre mondiale, début du déclin de la popularité des stéréoscopes.
Le titre de gloire de HC White sera de remporter un prix à l’exposition universelle de Paris en 1900. Cette mention (comme celle des brevets d’ailleurs) figure en relief sur le haut de la visière.

vendredi 1 janvier 2021

Meilleurs voeux 2021

 

A tous nos fidèles lecteurs, nous souhaitons une année 2021 plus sereine que la précédente, qu'elle nous permette de continuer à vous faire partager notre passion de l'univers Steampunk et qu'elle nous offre la possibilité de vous retrouver sur les salons et les conventions !