Le grand public a retenu que la première personne à reproduire un son enregistré fut Edison avec son phonographe en 1877. Ce que l’on sait moins, c’est qu’Edison ne fut pas réellement le premier à réaliser cette prouesse technique ; en effet, le premier enregistrement sonore date de 1854 soit plus de vingt ans auparavant !
![]() |
| Le phonotaugraphe de Scott de Martinville |
Pour cela, Scoot de Martinville invente le phonautographe, appareil composé d’un pavillon relié à un diaphragme qui transmet les vibrations du son à un stylet, qui « imprime » alors une bande de papier noircie à la fumée tournant autour d’un cylindre. Il en dépose le brevet le 25 mars 1857. La technique utilisée est la même que celle toujours actuellement utilisée pour les sismographes. Le phonautographe produit des images de vibrations sonores en traçant les ondes sonores sur une bande de papier noirci.
![]() |
| Image des vibrations sonores imprimées sur du papier noirci à la fumée |
S’il sait « enregistrer » le son, Scott de Martinville ne sait malheureusement pas le lire et le restituer. Par conséquent le premier son enregistré n’est pas le premier à être lu ! Le phonautographe ne sera vendu qu’à des laboratoires scientifiques ou à des établissements d’enseignement pour des recherches sur l’acoustique.
Scott de Martinville ne fera malheureusement pas fortune avec son invention lorsqu'il en vendra le brevet. Il déclarera, lors de la sortie du phonographe d’Edison, souhaiter que l’on n’oublie pas son nom dans l’histoire ; c’est ce que, modestement, nous faisons aujourd’hui.
En 2008, des chercheurs américains parviendront à restituer le son d’une bande enregistrée en 1860 sur un phonautographe. La voix aiguë, d’abord attribuée à une femme chantant « Au clair de la lune » pendant une dizaine de secondes, s’avèrera au final être une voix grave chantant la même chanson pendant une vingtaine de secondes, vraisemblablement celle de Scott de Martinville. Cette courte chanson est donc le plus vieil enregistrement sonore de l’histoire humaine.
Lorsqu’il part en expédition, Gustave Boileau ne se sépare jamais de son matériel d’observation. C’est pourquoi l’atelier du Gramophone Beuglant lui a confectionné ce coffret à l’épreuve des aléas des voyages, qu’ils s’effectuent en steamer ou à dos de chameau !
Notre rédacteur en chef y retrouve son microscope préféré – un Lemardeley de la plus belle facture – une seringue Bourguignon et quelques accessoires fort utiles dans des contrées lointaines !
| Le mécanisme à ressort du chapeau claque normalement dissimulé sous le tissu |
Lorsque l’on demandait à Gildas Blueford le contenu du livre qu’il ne manquait pas de prendre avec lui les nuits sans lune, il répondait alors que ce contexte se prêtait bien à la lecture des histoires de vampires… Mais disait-il réellement la vérité ?
Pas si sûr ! Gildas Blueford n’était pas homme à se promener une nuit de pleine lune sans un minimum d’équipements adéquats. Ce livre n’était-il pas plutôt un nécessaire de lutte et de protection contre les créatures vampiriques ?
Qui s’aventurait à le feuilleter y trouvait, non pas l’histoire du héros de Braham Stocker mais des pieux en chêne massif et un maillet du même bois au manche recouvert de cuir pour une prise ne main optimale. Une croix en argent fixée dessus en assure une efficacité accrue.Il y trouvait aussi tout ce dont il pourrait avoir besoin en présence de créatures maléfiques : quelques fioles contenant de l’eau bénite, du sel et des dents de vampires sans oublier la tenaille pour les extraire afin de rentrer à son domicile en ayant la preuve d’avoir vaincu quelques-uns de ces monstres assoiffés de sang.Bien entendu, un chapelet, une bible et une statue de la vierge complète l’ensemble, sans oublier le chapelet à cœur momifié des établissements D-Rivets ainsi que quelques gousses d'ail, accessoires indispensables d’une bonne chasse aux vampires.Le Prestige n’est pas à proprement parler un film Steampunk. Vous n’y verrez pas de complexes et improbables machines à rouages (quoique !), mais pour la rédaction du Gramophone Beuglant, il colle parfaitement à l’esprit du genre.
Un texte manuscrit du 10 août 1856 vient d’être découvert lors de travaux réalisés dans un mur de la chapelle Sainte-Croix-de-Jérusalem à Dijon.
Un papier plié en six a été découvert fin janvier 2021 par des maçons qui travaillaient à la restauration de la chapelle Sainte-Croix-de-Jérusalem à Dijon. Sentant une pierre bouger, ils l’ont extraite du mur et ont trouvé derrière un papier plié en six et déposé volontairement à cet endroit par un précédent maçon… du 10 août 1856 !
Il y raconte qu’avant d’être maçon, à l’âge de 18 ans, il a participé à la guerre de Crimée qui a opposé de 1853 à 1856 l’empire Russe à une coalition formée de l’empire Ottoman, de la France, du Royaume Uni et du royaume de Sardaigne. Il a été marin sur « L’Orénoque », une frégate à vapeur.
Il explique aussi qu’à cette époque règne une grande misère dans la ville de Dijon. En cause, peut-être, les pluies torrentielles qui s’abattent sur une partie de la France et provoquent des crues dans la vallée du Rhône.
Ce type de document laissé par des artisans n’est pas rare, mais la grande majorité d’entre eux ne sont jamais découverts ou se détruisent au cours du temps à cause de l’humidité. Ce témoignage rare nous replonge en quelques lignes directement dans la France de Napoléon III.
Il est intéressant de noter que cette lettre rédigée par un artisan l’est dans un excellent français et que son auteur cite même un vers de Racine. Cela donne une idée de l’instruction de son auteur.
Cette lettre sera déposée aux archives municipales de la ville de Dijon.
Au recto "En cette chapelle étant en réparation a travaillé le sieur Godard marin [congédié ?] de la frégate à vapeur l'Orénoque après avoir fait la campagne de Crimée à l'âge de 18 ans, natif de Moloy canton d'Is sur Tille Côte d'or Celui qui met des freins à la fureur des flots sait aussi des méchants arrêter les complots Noms des ouvriers plâtriers : Guillemain Chaser Nicolas Villemain Godard Nicolas année 1856" Au verso "10 août Boutique de Monsieur Lambert plâtrier cour du cheval blanc rue Saint Nicolas Au moment où ces lettres sont écrites la plus grande misère existe à Dijon" Nicolas Antoine Godard, fils d'Antoine Godard cordonnier et de Marie Boyer, est né le 14 février 1838 à Moloy en Côte d'Or. Son témoignage évoque son passage sur le trois mâts « L'Orénoque ». Ce navire à propulsion mixte (voiles et vapeur) fut mis à la mer en 1843 et devint l'un des navires de la flotte française au cours de la guerre de Crimée, mobilisé notamment au cours du siège de Sébastopol. Il fut sorti de la flotte de l'armée française en 1878 pour être transformé en baleinier. Comme une devise, Nicolas Godard complète sa biographie sommaire par une citation tirée de l'Athalie de Racine : "Celui qui met des freins à la fureur des flots sait aussi des méchants arrêter les complots". Cette mention se rapporte-t-elle à l'Orénoque ou à un épisode de la vie de Nicolas Godard ? Les interprétations à l'heure actuelle restent ouvertes. Dans son texte, l'ouvrier fait référence à la boutique de monsieur Lambert, plâtrier, cour du cheval blanc. Située 36 rue Saint-Nicolas (actuelle rue Jean-Jacques Rousseau), cet îlot d'habitation abrite alors des ouvriers et des artisans - relieurs, doreurs, serruriers, couvreurs, tailleurs de pierre, menuisiers...- parmi lesquels la famille Lambert. Enfin le document nous interpelle par la mention finale écrite par l'ouvrier-plâtrier. Pour témoigner du quotidien de ses semblables, il conclut son texte en indiquant « Au moment où ces lettres sont écrites la plus grande misère existe à Dijon ». Mention troublante qui fait resurgir la vie, souvent difficile, des plus humbles, plus de 165 ans après avoir été écrite. |
![]() |
| A l'écoute du Gramophone Beuglant en 1900 |
![]() |
| Livraison du Gramophone Beuglant en 1900 |
![]() |
| La première photographie de l'histoire |
![]() |
| Daguerréotype de 1839 avec sa plaque d'authentification |
| Chaise avec système permettant de tenir le buste immobile utilisé pour les prises de vues avec daguerréotypes. |
A tous nos fidèles lecteurs, nous souhaitons une année 2021 plus sereine que la précédente, qu'elle nous permette de continuer à vous faire partager notre passion de l'univers Steampunk et qu'elle nous offre la possibilité de vous retrouver sur les salons et les conventions !